L’A­frique Réelle n°114 – juin 2019
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L’A­frique Réelle n°114 – juin 2019

  • Som­maire

    Actua­li­té :
    La ques­tion des eaux du Nil

    Dos­sier : Libye 
    – Les deux Libye
    – L’offensive du géné­ral Haf­tar (2017 – 2019)
    – Sud libyen-nord Tchad : nou­veau point chaud

    Débat :
    Quelle démo­cra­tie pour l’Afrique ?

Edi­to­rial de Ber­nard Lugan : L’ethnie, rem­part face au jihadisme ?

Dans la BSS (Bande Saha­ro-Sahé­lienne) où le jiha­disme pros­père sur les frac­tures eth­no-raciales, seul le temps long per­met de com­prendre la com­plexi­té de la situa­tion et d’en sai­sir les véri­tables enjeux.

Avant la colo­ni­sa­tion, les pas­teurs saha­ro-sahé­liens (Maures, Toua­reg, Peul, Tou­bou, Zagha­wa etc.), raz­ziaient les séden­taires sudistes. Après avoir impo­sé une paren­thèse de paix, les colo­ni­sa­teurs se reti­rèrent et le temps long afri­cain reprit son cours. Avec une nou­veau­té cepen­dant puisque les anciens pré­da­teurs et les anciennes vic­times étaient désor­mais ras­sem­blés à l’intérieur de fron­tières artificielles.
Dans ces cadres éta­tiques pla­qués sur les réa­li­tés locales, les  anciennes frac­tures furent aggra­vées par l’ethno-mathématique élec­to­rale qui don­na le pou­voir aux sudistes puisqu’ils étaient plus nom­breux que les nor­distes. Dès les années 1960, refu­sant cette situa­tion nou­velle, ces der­niers se sou­le­vèrent et écla­tèrent alors les révoltes des Toua­reg à l’ouest et celles des Tou­bou-Zagha­wa à l’est[1].