Rwan­da : rai­son d’Etat ou nou­velle humi­lia­tion natio­nale ?

Rwan­da : rai­son d’Etat ou nou­velle humi­lia­tion natio­nale ?

L’affaire serait cocasse si elle n’était le révé­la­teur du niveau d’abaissement de la France. Lors du som­met de l’OIF (Orga­ni­sa­tion inter­na­tio­nale de la Fran­co­pho­nie) qui vient de se tenir en Armé­nie, le pré­sident Macron a, de son propre chef, fait élire une nou­velle pré­si­dente en la per­sonne de Louise Mushi­ki­wa­bo, ministre rwan­daise des Affaires étran­gères, une habi­tuée des viru­lentes et conti­nuelles attaques contre la France.

Voi­là donc cet orga­nisme désor­mais pré­si­dé par la repré­sen­tante d’un pays dont le gou­ver­ne­ment a rasé au bull­do­zer le centre cultu­rel fran­çais à Kiga­li, un pays qui a déclas­sé le fran­çais au pro­fit de l’anglais, un pays qui, si l’on en croit la presse, ne coti­sait plus à l’OIF, un pays qui n’a ces­sé de trai­ter de géno­ci­daires ou de com­plices de géno­cide, le pré­sident Mit­ter­rand et ses ministres, ain­si que MM. Bal­la­dur et Jup­pé ; un pays enfin qui a mena­cé de traî­ner en jus­tice plu­sieurs dizaines d’officiers et de hauts fonc­tion­naires fran­çais…

La rai­son d’Etat a certes ses impé­ra­tifs, mais cer­tai­ne­ment pas au prix d’une nou­velle humi­lia­tion natio­nale.

D’autant plus qu’au même moment, un vice-pro­cu­reur du Par­quet anti-ter­ro­riste fran­çais signait une inso­lite réqui­si­tion aux fins de non-lieu dans l’affaire de l’assassinat, le 6 avril 1994, de deux chefs d’Etat en exer­cice, celui du Rwan­da et celui du Burun­di, assas­si­nat qui fut le déclen­cheur du géno­cide du Rwan­da.

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