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La gauche et la « race » : ambi­va­lences et connivences

« Ces mili­tants se défi­nissent comme des acti­vistes « raci­sés », c’est-à-dire des per­sonnes ori­gi­naires de pays ancien­ne­ment colo­ni­sés qui dénoncent le pri­vi­lège blanc » explique Manuel Bou­cher. Wiki­me­dia com­mons – CC

Alors que le concept de « race » fait un retour régu­lier sur la scène publique, une par­tie de la gauche est dans le déni face aux muta­tions du racisme et de l’an­ti­sé­mi­tisme. En effet, au sein de ces muta­tions, des mino­ri­tés actives iden­ti­ta­ristes affir­mant des mémoires indi­gènes et déco­lo­niales, par réac­tion, convic­tion et stra­té­gie, jouent un rôle majeur et par­ti­cipent, paral­lè­le­ment aux iden­ti­taires natio­na­listes, aux fer­me­tures des fron­tières eth­niques et à la raci­sa­tion des rap­ports sociaux et politiques.

Or, devant ces mobi­li­sa­tions indi­gé­nistes, la gauche est ambi­va­lente : com­ment est-il pos­sible que des mou­ve­ments et des orga­ni­sa­tions pro­gres­sistes de gauche défilent der­rière des orga­ni­sa­tions dites « post­co­lo­niales » alors que celles-ci crient des slo­gans aux relents racistes, anti­sé­mites et sépa­ra­tistes ? Com­ment est-il pos­sible que des syn­di­cats, mou­ve­ments et par­tis de gauche tra­di­tion­nel­le­ment enga­gés dans des com­bats éman­ci­pa­teurs, huma­nistes et anti­clé­ri­caux puissent défi­ler aux côtés de groupes affir­mant des alliances avec des mou­ve­ments isla­mistes défen­dant, au nom de la lutte contre l’is­la­mo­pho­bie, le port du voile isla­mique ou du voile inté­gral alors que ces vête­ments sont impo­sés aux femmes dans plu­sieurs pays musul­mans où règnent des dic­ta­tures théo­lo­giques ? Com­ment est-il pos­sible qu’une par­tie de la gauche accepte, voire reprenne à son compte un voca­bu­laire racia­liste, raciste et cultu­ra­liste, celui de la dis­tinc­tion entre « Blancs », « Noirs » et « Musul­mans » contraire aux idées huma­nistes et uni­ver­sa­listes au cœur des com­bats de la gauche pour la défense des Droits de l’Homme ?