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La Grèce, tou­jours punie et punie pour toujours ?

La Grèce n’est pas sor­tie d’af­faire, mal­gré les décla­ra­tions triom­phales et par­fois indé­centes de celui qui fut, un temps, l’i­dole de la Gauche radi­cale avant d’en deve­nir le meilleur enne­mi et le sym­bole d’une tra­hi­son poli­tique qu’il semble vou­loir pour­suivre jus­qu’au bout : M. Tsi­pras, qui disait vou­loir chan­ger de logi­ciel poli­tique en 2015 (et il était cré­dible de le croire), n’est plus qu’un social-démo­crate même pas hon­teux qui reçoit les com­pli­ments du com­mis­saire euro­péen Mos­co­vi­ci, socia­liste bon teint et euro­péiste décom­plexé. La construc­tion euro­péenne telle qu’elle suit son cours depuis les années 1970 a, en défi­ni­tive, confir­mé les craintes des « natio­na­listes » de l’é­poque (qu’ils soient gaul­listes, com­mu­nistes ou roya­listes) ou d’un Pierre Men­dès-France qui, dès 1957, s’in­quié­tait de l’i­déo­lo­gie « libé­ra­liste » du Trai­té de Rome et de son manque d’am­bi­tion sociale.

Aujourd’­hui, la Grèce n’est plus vrai­ment sou­ve­raine : elle est pri­son­nière d’une Union euro­péenne qui, telle Har­pa­gon, s’in­quiète plus de sa cas­sette que du sort des popu­la­tions, et elle risque bien de l’être encore de nom­breuses années, sans sur­sis. Aveu­glée par les pro­messes, prin­ci­pa­le­ment éco­no­miques, d’une Union qui l’a­vait accueillie en 1981 et dro­guée, comme la plu­part des pays du monde, à la logique infer­nale de la Socié­té de consom­ma­tion et au cré­dit, autre nom de l’en­det­te­ment, la Grèce paye son « indis­ci­pline finan­cière » d’un prix plus éle­vé que ce qu’elle pour­ra jamais payer d’argent : la dévas­ta­tion éco­no­mique et sociale qui se marque par une déses­pé­rance des Grecs, y com­pris sur le plan démo­gra­phique, comme une sorte de sui­cide programmé.

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