Ne pas céder au nihi­lisme. (Réflexions après l’é­va­cua­tion mati­nale de l’u­ni­ver­si­té de Rennes 2)
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Ne pas céder au nihi­lisme. (Réflexions après l’é­va­cua­tion mati­nale de l’u­ni­ver­si­té de Rennes 2)

Ce lun­di matin, un peu avant 5 heures, l’u­ni­ver­si­té de Rennes 2, si chère à mon cœur pour de mul­tiples rai­sons, a été éva­cuée par les forces de l’ordre, à la demande (bien tar­dive) du pré­sident Oli­vier David. Enfin, ai-je sou­pi­ré à la décou­verte de cette infor­ma­tion ! Mais, au regard des images dif­fu­sées par les jour­naux et les télé­vi­sions, j’ai pu consta­ter, au moins visuel­le­ment, l’é­tat des dégâts, et ce n’est guère réjouis­sant. Au demeu­rant, cela ne donne pas vrai­ment bonne impres­sion de cette contes­ta­tion qui est moins étu­diante que nihi­liste. D’ailleurs, les slo­gans bar­bouillés sur les murs inté­rieurs se bous­culent au risque de ne plus rien y com­prendre, et l’é­norme ins­crip­tion « Vive la Com­mune » qui sur­plombe le corps cen­tral de l’u­ni­ver­si­té et du grand hall ne trouve pas exac­te­ment de confir­ma­tion ou d’ex­pli­ca­tion dans tous les hur­le­ments gra­phiques qui, sans beau­coup d’i­ma­gi­na­tion, reprennent des reven­di­ca­tions ou des textes que l’on entend depuis trois décen­nies dans les « quar­tiers per­dus de la Répu­blique » : tris­tesse d’une paro­die de « révolte » qui semble, à quelques excep­tions près, n’être que le sou­lè­ve­ment des médio­cri­tés et des égoïsmes conju­gué à l’ap­pli­ca­tion d’une « décons­truc­tion » qui, en défi­ni­tive, ne sert que cette socié­té capi­ta­liste de consom­ma­tion que les mutins du jour disent com­battre, en écri­ture inclu­sive et avec force théo­ries racia­listes et com­mu­nau­ta­ristes… Nous voi­ci bien loin du sou­lè­ve­ment de la vie que Mau­rice Cla­vel espé­rait en Mai 68 !

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