La poli­tique de M. Blan­quer. Par­tie 1 : Une inquié­tude chez les lycéens ?
|

La poli­tique de M. Blan­quer. Par­tie 1 : Une inquié­tude chez les lycéens ?

Sous la neige, les pavés ? Les condi­tions cli­ma­tiques de la semaine en cours d’a­chè­ve­ment ont, il est vrai, occul­té nombre d’autres infor­ma­tions et quelques débats que, pour­tant, il ne serait pas inutile d’ou­vrir et de mener. Ain­si, celui sur le bac­ca­lau­réat et sur les réformes en pré­pa­ra­tion, autant sur le lycée que sur l’en­trée en uni­ver­si­té, en atten­dant ceux sur l’U­ni­ver­si­té elle-même et sur le sys­tème et l’or­ga­ni­sa­tion de l’École au sens large du terme. Car si quelques entrées seule­ment de lycées ou d’am­phi­théâtres ont été blo­quées ces jours der­niers, il n’en est pas moins vrai qu’une par­tie des lycéens, peut-être pas si minime que cela, s’in­quiète des consé­quences d’un chan­ge­ment des « règles » du bac­ca­lau­réat et d’une pos­sible sélec­tion à l’en­trée de l’u­ni­ver­si­té : après tout, l’on peut entendre ces craintes sans céder à la faci­li­té de haus­ser les épaules ou, au contraire, de hur­ler avec les loups d’une cer­taine extré­mi­té poli­tique, plus prompts à dénon­cer qu’à pro­po­ser ou à fon­der.

J’ai été long­temps étu­diant et, en ces temps qui s’é­loignent de plus en plus, j’ai pu obser­ver de l’in­té­rieur le fonc­tion­ne­ment de l’U­ni­ver­si­té, non seule­ment en tant que simple audi­teur mais aus­si au sein de quelques Conseils (de ges­tion en Droit, d’ad­mi­nis­tra­tion à Rennes‑2, d’U­FR en dépar­te­ment d’his­toire), et il m’est arri­vé de par­ti­ci­per à nombre de débats, y com­pris dans des amphis sur­chauf­fés lors de mou­ve­ments estu­dian­tins de contes­ta­tion : j’en ai reti­ré l’im­pres­sion que l’U­ni­ver­si­té, petit monde pas­sion­nant et plein de contra­dic­tions, ne jouait pas for­cé­ment le rôle qui devrait être le sien, celui de « la recherche et la dis­cus­sion », se conten­tant par­fois du confor­misme et de « l’é­meute » déri­soire de quelques uns, bran­dis­sant le dra­peau d’une révo­lu­tion dont, pour la plu­part, ils ne sou­hai­taient pas vrai­ment autre chose que l’ap­pa­rence, bien plu­tôt que la réa­li­sa­tion… Bien sûr, il y avait des idéa­listes, de vrais révo­lu­tion­naires, et nombre de jeunes, au moins pour quelques années, s’en­ga­geaient de bon cœur et de bonne foi (et ce der­nier terme n’est pas de trop) dans des causes qui, par­fois, peuvent faire sou­rire aujourd’­hui. Il y eut des espé­rances cer­taines et le film-témoi­gnage « Mou­rir à trente ans » nous le rap­pelle uti­le­ment, à tra­vers l’his­toire de Michel Reca­na­ti, ce mili­tant d’une extrême-gauche qui vou­lait « faire la révo­lu­tion » et, au-delà, la « vivre », pas­sion­né­ment. Je ne m’en moque pas, et je les prends même au sérieux, les ayant beau­coup com­bat­tues mais me recon­nais­sant une cer­taine nos­tal­gie de ces confron­ta­tions de jeu­nesse…

La suite