Charles Maur­ras : la cen­sure répu­bli­caine

Charles Maur­ras : la cen­sure répu­bli­caine

Edi­to­rial d’Hi­laire de Cré­miers dans le der­nier numé­ro de Poli­tique Maga­zine :

« Maur­ras est cen­su­ré ! Comme du temps des Boches ! Le livre des com­mé­mo­ra­tions natio­nales de l’année 2018 a été expé­dié au pilon pour avoir com­por­té l’annonce du 150ème anni­ver­saire de la nais­sance de l’écrivain et poète mar­té­gal : 20 avril 1868. Mme Nys­sen, ministre de la Culture, a obtem­pé­ré sur le champ à l’ordre venu de poli­ti­ciens en mal de célé­bri­té et d’officines sti­pen­diées qui sont, comme on ne le sait que trop, les hauts lieux magis­té­riels de la Répu­blique. Ques­tion de foi et de morale : un citoyen n’a pas le droit de pen­ser en dehors du dogme défi­ni et encore moins d’oser regar­der au-delà de la règle que lui assigne ledit Magis­tère. L’index est là qui main­tient en Enfer ceux qui ne doivent pas en sor­tir. Non, même pas le pur­ga­toire dont ils ris­que­raient de se libé­rer ! Là, c’est défi­ni­tif. Maur­ras, c’est le Mal abso­lu. Com­ment et pour­quoi a‑t-il été pos­sible de seule­ment envi­sa­ger une telle célé­bra­tion ? Voi­là donc que le Comi­té des célé­bra­tions avec ses som­mi­tés a été convo­qué à com­pa­raître devant la haute auto­ri­té minis­té­rielle pour répondre d’une telle négli­gence ou, pire, de l’audace d’un tel crime. Nous sommes en 2018 ! Il faut le faire.

Rap­pe­lons, pour les sots qui jouent à l’autorité reli­gieuse et qui pré­tendent nous régen­ter, que Fran­çois Mit­ter­rand pla­çait Charles Maur­ras par­mi ses auteurs pré­fé­rés. Il l’écrit à Anne Pin­geot, lettre inté­res­sante que per­sonne n’a jamais citée et où il exprime ses pré­fé­rences lit­té­raires : de Bar­rès à Mon­ther­lant, en pas­sant par Char­donne et en n’oubliant pas Maur­ras dont il avait fré­quen­té l’œuvre, et plus que fré­quen­té ! Evi­dem­ment ! Mit­ter­rand était tout, sauf un cuistre.

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