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Le popu­lisme

Il y eut à la fin du XIXème siècle et au début du XXème, un popu­lisme russe, ten­dance du socia­lisme vou­lant gagner le peuple des cam­pagnes à la Révo­lu­tion par l’é­du­ca­tion, et un popu­lisme amé­ri­cain, fédé­rant de petits pro­prié­taires ter­riens endet­tés contre l’o­li­gar­chie poli­tique et finan­cière. Il y eut éga­le­ment dans la France des années 20, 30 et 40, un roman et un ciné­ma popu­listes qui pro­dui­sirent un cer­tain nombre de chefs-d’œuvre réa­listes et poé­tiques. Mais aucun de ces popu­lismes ne cor­res­pond à ce que l’on entend aujourd’­hui par ce mot ni n’en eut jamais l’ampleur.

Le popu­lisme contem­po­rain est un phé­no­mène uni­ver­sel qui désigne la résis­tance des peuples à une réa­li­té elle-même uni­ver­selle : la mon­dia­li­sa­tion. Il y a autant de popu­lismes que de peuples ou de nations, et même plus puisque, dans de nom­breux pays, il faut en dis­tin­guer plu­sieurs sortes, les uns se situant à gauche, les autres à droite de l’é­chi­quier poli­tique. Un « popu­lisme inté­gral » devrait d’ailleurs dépas­ser ces cli­vages en s’op­po­sant à tous les aspects sans excep­tion de la mon­dia­li­sa­tion-fait (délo­ca­li­sa­tions des emplois, déra­ci­ne­ment cultu­rel, stan­dar­di­sa­tion des modes de vie, immi­gra­tion mas­sive, écla­te­ment des struc­tures sociales, natio­nales, fami­liales) comme de la mon­dia­li­sa­tion-idée ou mon­dia­lisme, l’i­déo­lo­gie de l’hy­per-classe mon­diale, qui pro­meut et jus­ti­fie la mondialisation-fait.

Article paru sur a‑rebours.fr et dans L’AF2000

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