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Les popu­lismes. Flux ou Reflux ? EDITORIAL DU N° 14

Il y eut le Brexit et l’élection de Trump. Puis les élec­tions autri­chiennes où le repré­sen­tant du FPÖ échoua de peu. Et les pré­si­den­tielles fran­çaises où les can­di­dats clas­sés comme popu­listes attei­gnirent plus de 40% des voix au pre­mier tour. Les coups de bou­toir des popu­listes sont-ils en train de saper les murailles de ce qu’ils appellent le « système » ?

Curieux terme que celui de « sys­tème ». Il paraît encore plus vague que celui de « popu­lisme », il per­met aux cri­tiques d’assimiler ce der­nier à un mou­ve­ment incon­sis­tant qui part à l’assaut d’une chi­mère à coups d’arguments approxi­ma­tifs et gros­siers – une sorte de Don Qui­chotte mon­té sur San­cho Panza.

Pour­tant il existe bien une conver­gence des inté­rêts et des élites. Voyez tous les scru­tins que nous avons évo­qués : les syn­di­cats de patrons et de sala­riés, les pré­si­dents d’université et les mou­ve­ments étu­diants, la grande presse et le show­biz, les obé­diences maçon­niques et les repré­sen­tants des reli­gions, les par­tis socia­listes et libé­raux… les voi­là tous una­nimes, tous mobi­li­sés (1). Ces orga­ni­sa­tions que tout oppose parlent alors d’une même voix. N’est-ce pas avouer que le terme de « sys­tème » n’est pas dépour­vu de signification ?

Ten­tons dès lors de le défi­nir : une socié­té com­po­sée d’organisations et de com­mu­nau­tés qui, avec le temps, ont éta­bli entre elles des com­pro­mis (les popu­listes par­le­raient de com­pro­mis­sions), cha­cune régen­tant un ter­ri­toire comme un fief que les autres lui recon­naissent. On peut voir dans cet équi­libre la preuve d’une socié­té inté­grée, apai­sée et démo­cra­tique. Sauf que la grande masse de la popu­la­tion est cen­sée faire confiance aux diri­geants de ces orga­ni­sa­tions – les « élites » – et res­ter silencieuse.

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