Du déga­gisme macro­nien à la Monar­chie royale ?
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Du déga­gisme macro­nien à la Monar­chie royale ?

A la fin des années 1980, lors d’une cam­pagne can­to­nale à laquelle la Fédé­ra­tion Roya­liste de Bre­tagne par­ti­ci­pait par la pré­sen­ta­tion de trois can­di­dats (dont moi-même en Ille-et-Vilaine), nous pla­car­dions une affiche sur laquelle était dit, en lettres capi­tales : « Pour­quoi éli­sez-vous tou­jours les mêmes ? ». Trente ans après, il semble que les élec­teurs nous aient sou­dain pris au mot en exé­cu­tant, élec­to­ra­le­ment par­lant, nombre de notables des anciens grands par­tis : les Répu­bli­cains, don­nés faciles vain­queurs durant les années pré­cé­dant 2017 et jus­qu’aux pre­miers jours du prin­temps, sont dérou­tés tan­dis que les Socia­listes, qui avaient une très large majo­ri­té dans la Chambre issue de 2012, semblent condam­nés à dis­pa­raître, au moins pour un temps, à la res­sem­blance du PASOK grec dans les années 2010…

Ain­si, le mou­ve­ment de « déga­gisme », annon­cé en ses dis­cours par M. Mélen­chon, bat son plein mais pas for­cé­ment au pro­fit de ceux qui l’es­pé­raient ou l’a­vaient théo­ri­sé : le Front Natio­nal et la France Insou­mise eux aus­si souffrent de ce grand cou­rant d’air qui res­semble désor­mais à une véri­table tem­pête et Éole a pris le visage de M. Macron, nou­veau « maître des hor­loges », au moins pour un temps… Bien sûr, l’abs­ten­tion est forte et dépasse le nombre d’é­lec­teurs dépla­cés, mais que pèse-t-elle ? Cela fait des années qu’elle pros­père, en par­ti­cu­lier aux élec­tions euro­péennes, et cela n’a jamais rien chan­gé, ni même influé sur les déci­sions prises au Par­le­ment euro­péen : dans un sys­tème de démo­cra­tie repré­sen­ta­tive, elle « n’existe pas », poli­ti­que­ment par­lant, puis­qu’elle est la « non-par­ti­ci­pa­tion », ou le « retrait » (volon­taire ou dis­trait) de la scène poli­tique. Il n’est pas dit que, dans une Monar­chie active, elle ne soit pas, d’une manière ou d’une autre, prise en compte, par exemple par un cer­tain nombre de sièges vides dans l’as­sem­blée concer­née par le vote du moment ou par une tri­bune offerte, dans le cadre des débats par­le­men­taires, à des acteurs mino­ri­taires ou mar­gi­naux de la vie poli­tique : il n’est pas inter­dit de faire preuve d’i­ma­gi­na­tion en poli­tique, et la Monar­chie pour­rait ouvrir de nou­velles voies de réflexion et d’ac­tion en ce domaine comme en bien d’autres. Aujourd’­hui, en Répu­blique, l’abs­ten­tion nour­rit le dis­cours de l’op­po­si­tion sans pour autant la rejoindre ou la légi­ti­mer…En somme, c’est un aver­tis­se­ment sans exigence !

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