La Ser­bie réha­bi­lite les Tchet­niks, son armée de résis­tants roya­listes durant la Seconde guerre mondiale

La Ser­bie réha­bi­lite les Tchet­niks, son armée de résis­tants roya­listes durant la Seconde guerre mondiale

Il y’a quelques jours après 5 ans de pro­cé­dure enta­mée par son arrière-petite-fille, la cour de jus­tice de Val­je­vo a réha­bi­li­té offi­ciel­le­ment le com­man­dant d’une uni­té tchet­nik de mon­tagne, le roya­liste  Niko­la Kala­bic, pro­ba­ble­ment exé­cu­té en jan­vier 1946 par les com­mu­nistes de Tito. Après un long débat de 2 ans au par­le­ment sur le pro­jet de loi de réha­bi­li­ta­tion des anciens résis­tants roya­listes, com­men­cé en 2004 sous l’impulsion du lea­der monar­chiste Vuk Draš­ko­vić et dont les der­niers articles ont été adop­tés offi­ciel­le­ment en 2011, plus de 700 tchet­niks ont fait l’ob­jet d’une réha­bi­li­ta­tion offi­cielle par des cours de jus­tices de Serbie.

Ces « membres d’une com­pa­gnie mili­taire » ou « com­bat­tants armés » avaient été réunis sous le dra­peau de la royau­té par le colo­nel Dra­gol­jub (dit Draža) Mihai­lo­vić au len­de­main de l’in­va­sion nazie, en avril 1941. Les alle­mands n’avaient que peu appré­cié ce coup d’é­tat qui avait fait rompre le pacte de col­la­bo­ra­tion ger­ma­no-you­go­slave et confor­té les droits du jeune roi Pierre II Karađorđe­vić., à peine âgé de 11 ans. Mihai­lo­vić et plu­sieurs ex-offi­ciers de l’ar­mée royale avaient alors effi­ca­ce­ment consti­tué de petits groupes de roya­listes armés, l’Ar­mée you­go­slave de la patrie com­po­sée de 46000 hommes, har­ce­lant quo­ti­dien­ne­ment les troupes du chan­ce­lier Hit­ler. Ce der­nier avait d’ailleurs rapi­de­ment mis sa tête à prix pour 100 000 reichs­marks cha­cun. Avec la petite rébel­lion com­mu­niste du Conseil anti­fas­ciste de Libé­ra­tion natio­nale de You­go­sla­vie diri­gé par Joseph Tito,  Mihai­lo­vić passe un accord en octobre 1941. Mais des dis­sen­sions éclatent rapi­de­ment entre les deux hommes quant aux actions à mener contre la Wehr­macht. Tito ignore les ordres qui lui sont don­nés. En repré­sailles, les nazis mas­sa­cre­ront et exé­cu­te­ront som­mai­re­ment 7 000 habi­tants de Val­je­vo et des envi­rons. Furieux, Mihai­lo­vić rompt avec Tito ; les deux groupes seront désor­mais des enne­mis irréconciliables.

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