Michel Tri­ba­lat : « Non, les chiffres de l’im­mi­gra­tion ne sont pas stables »

Michel Tri­ba­lat : « Non, les chiffres de l’im­mi­gra­tion ne sont pas stables »

Cré­dits pho­to : PHILIPPE HUGUEN/AFP

Le chiffre de 200 000 entrées d’é­tran­gers en pro­ve­nance des pays tiers est deve­nu une réfé­rence dans les dis­cours poli­tiques et par­fois aus­si dans les dis­cours aca­dé­miques. On invoque une sta­bi­li­té de ce chiffre depuis le début des années 2000, l’im­mi­gra­tion aurait ain­si tour­né, dit-on, autour de 200 000 depuis. L’al­ter­nance poli­tique n’y aurait rien chan­gé. Bref, ce chiffre rond a du suc­cès.

Si l’on prend les sta­tis­tiques du minis­tère de l’In­té­rieur qui pro­duit tous les ans des tableaux sur les admis­sions au séjour des étran­gers en pro­ve­nance des pays tiers, on ne constate pas cette sta­bi­li­té invo­quée autour de 200 000 entrées par an. Ces sta­tis­tiques portent sur les pre­miers titres de séjour déli­vrés. Force est de consta­ter que le nombre d’en­trées jus­qu’en 2016 ne peut être qua­li­fié de « stable »

De 2007 à 2016, le nombre d’ad­mis­sions au séjour a aug­men­té de près d’un tiers. Si l’in­di­ca­teur conjonc­tu­rel de fécon­di­té pas­sait de 2 enfants par femme à 2,64 enfants en neuf ans, par­le­rait-on de sta­bi­li­té de la fécon­di­té en France ?

Comme le gra­phique ci-des­sous l’in­dique, le flux a aug­men­té for­te­ment jus­qu’en 2010 et a été net­te­ment frei­né ensuite. Tel est le bilan du quin­quen­nat de Nico­las Sar­ko­zy. Avec le quin­quen­nat de Fran­çois Hol­lande le flux a repris de plus belle. On avait 172 000 entrées en 2007, on en a eu 193 000 en 2012, puis 228 000 en 2016 (chiffre esti­mé).

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