Les Kurdes de Syrie s’allient à Damas contre l’avancée turque

Les Kurdes de Syrie s’allient à Damas contre l’avancée turque

Une patrouille du Conseil mili­taire de Man­bij, le 3 mars. DELIL SOULEIMAN / AFP

Sou­cieuses de blo­quer l’avancée de l’armée turque et de ses alliés rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL) dans le nord de la Syrie, les milices kurdes syriennes (YPG) ont choi­si de s’allier au régime de Damas afin d’empêcher les Turcs de gagner du terrain.

Cette alliance de revers ren­force la frag­men­ta­tion du conflit syrien où de mul­tiples acteurs s’affrontent sur le ter­rain, au risque de voir s’opposer mili­tai­re­ment les deux forces syriennes sou­te­nues par les Etats-Unis – l’ASL et les Forces démo­cra­tiques syriennes (FDS), une coa­li­tion kur­do-arabe appuyée et for­mée par les Américains.

Le nou­vel accord a été annon­cé, jeu­di 2 mars, par le Conseil mili­taire de Man­bij, la ville qui consti­tue un ver­rou stra­té­gique sur la route entre la Tur­quie et Rak­ka, la capi­tale auto­pro­cla­mée de l’organisation Etat isla­mique (EI), en ces termes : « Nous, le Conseil mili­taire de Man­bij, annon­çons que nous sommes par­ve­nus à un accord avec la Rus­sie pour céder aux gardes-fron­tières de l’Etat de Syrie des vil­lages situés sur la ligne de front avec “bou­clier de l’Euphrate” », soit le terme qui désigne l’opération mili­taire menée par la Tur­quie dans le nord de la Syrie.

Tenue depuis le 12 août 2016 par les FDS, Man­bij se retrouve dans le viseur de l’armée d’Ankara. Le pré­sident turc, Recep Tayyip Erdo­gan, a affir­mé à plu­sieurs reprises que le pro­chain objec­tif de son armée après la prise d’Al-Bab, un fief de l’EI, le 23 février, serait Man­bij, une qua­ran­taine de kilo­mètres plus à l’est.

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