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L’éditorial de François Marcilhac

Et la France, dans tout ça ?

Peu à peu les choses se mettent en place pour la prochaine présidentielle. Les Républicains viennent de choisir le congrès, de préférence à une primaire, pour désigner leur candidat, ce qui, du moins pour l’heure, semble favoriser Xavier Bertrand, sur Valérie Pécresse, Michel Barnier et Éric Ciotti — rappelons que les deux premiers ne sont plus membres de LR depuis longtemps, ce qui en dit long sur les capacités de ce parti à trouver en lui des personnalités de premier plan !

Arnaud Montebourg, qui a fait une prestation sans concession sur France Inter dimanche midi, consacrée essentiellement à la réindustrialisation de la France et à son émancipation, sans séparation, du carcan européen, notamment par la voie référendaire, ne semble pas disposé — et on le comprend — à s’effacer derrière une Hidalgo candidate quasi-officielle du Parti socialiste, alors même qu’au sein de celui-ci, des voix commencent à se faire entendre contre un choix qui pourrait sonner le glas du PS. Non seulement parce que l’état catastrophique, y compris financier — une dette abyssale — dans lequel Hidalgo a plongé Paris laisse songeur sur sa capacité à diriger un pays, mais également parce que son manque de crédibilité sur les grands dossiers éclate chaque jour un peu plus. Gageons, du reste, que d’avoir tenté, d’entrée de jeu, d’instrumentaliser le malaise enseignant par une promesse mirobolante la fera mépriser d’un corps que cinq ans de macronisme, ou plutôt de blanquérisme, a fini de désabuser. Jamais, les démissions de professeurs n’ont été aussi nombreuses !

Nous connaîtrons le 28 septembre qui, de Yannick Jadot ou de Sandrine Rousseau, représentera le fondamentalisme écologiste, car il ne faut pas croire que Jadot serait sur le fond moins radical que Rousseau : l’emballage est assurément moins provocateur, ou moins caricatural, surtout en matière d’éco féminisme, mais il suffit de les entendre débattre pour comprendre que la victoire de l’une comme de l’autre s’accompagnerait, en matière économique et industrielle d’une catastrophe sans précédent, accompagnée de la disparition du nucléaire civil, pourtant quasiment neutre en émission de gaz à effet de serre, la promotion inconsidérée d’énergies prétendument propres, connues surtout pour défigurer les paysages et bétonner les sols, sans compter la destruction d’un grand nombre de volatils, l’effacement de notre pays comme puissance agricole, un « réensauvagement » artificiel de notre territoire — jusqu’à 10 % — au nom de la biodiversité, accompagnée de la destruction de l’élevage et, plus largement, l’éradication de notre art de vivre au profit d’une société « écopolicière », dans tous les domaines — habitat, alimentation, sport, loisirs, distractions, jusqu’aux rêves des enfants. Ajoutons à cela l’effacement de la France comme puissance internationale avec le renoncement unilatéral au nucléaire militaire. Ne comptons pas non plus sur eux, pour qui le fait national est inexistant, pour défendre notre liberté de décision : les Verts sont au moins aussi européistes que les macroniens, ce qui n’est pas peu dire.

À droite — car nous ne considérons pas LR comme un parti de droite —, Dupont-Aignan a commencé sa campagne en reconnaissant que le temps sera long. Le tout est de savoir si la France pourra attendre. Car la question véritable est là : alors que Jean-Frédéric Poisson a fait un geste envers Éric Zemmour, pour le cas où celui-ci se présenterait – ce qui semble de moins en moins improbable – d’autres semblent ne pas comprendre que seule une dynamique d’union doit guider les candidats qui partagent le diagnostic et les mesures essentielles. Philippot, Le Pen, Dupont-Aignan, Asselineau ? Poisson, peut-être, Zemmour…. Cela fait (ou fera) beaucoup de monde.

En tout cas, de l’extrême gauche au « camp national », les maires vont être beaucoup sollicités…et subir de nombreuses pressions plus ou moins amicales, notamment de la part du pouvoir mais aussi de ces oligarchies que la loi a fait émerger depuis 1981, à travers les différentes étapes d’une fausse décentralisation, qui a surtout créé de nouvelles féodalités… La présidentielle : la rencontre d’un homme et du peuple ?