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PEGASUS : Une manœuvre anti-maro­caine et anti-française ?

Par André BENOIST (Actus news)

Le Maroc est accu­sé d’avoir infil­tré les télé­phones de per­son­na­li­tés publiques maro­caines et étran­gères, via un logi­ciel infor­ma­tique Tout d’abord l’affaire dite Pega­sus et les accu­sa­tions pro­fé­rées dès le 18 juillet 2021, notam­ment par le site Inter­net d’extrême-gauche For­bid­den sto­ries (qui comme son nom ne l’indique pas est un site fran­çais signi­fiant « His­toires inter­dites ») et de vieux enne­mis du Maroc comme Amnes­ty Inter­na­tio­nal ou Media­part, appellent une pre­mière réflexion. À savoir que l’espionnage est aus­si vieux que le monde et que plus récem­ment on n’a pas fait un tel bat­tage média­tique lorsque les États-Unis, les Israé­liens, les Chi­nois, les Alle­mands ou les Russes se sont livrés à des acti­vi­tés d’espionnage contre des diri­geants fran­çais ou autres. Par exemple, les ser­vices des États-Unis (en par­ti­cu­lier, la Natio­nal Secu­ri­ty Agen­cy) se sont récem­ment appuyés sur les câbles de télé­com­mu­ni­ca­tions danois pour espion­ner des diri­geants euro­péens (France Info, 31 mai 2021). L’affaire Jona­than Pol­lard a révé­lé qu’Israël avait uti­li­sé un espion pour espion­ner des diri­geants des États-Unis…

On serait donc ten­té de dire « beau­coup de bruit pour rien ». D’autant qu’en l’espèce, il ne s’agit bien de rien puisque, à en croire de nom­breux experts, nous serions en pré­sence d’une manœuvre anti-maro­caine, visant à désta­bi­li­ser ce pays et à nuire à l’excellence des rela­tions fran­co-maro­caines. Car on peut se deman­der si la France n’est pas aus­si vic­time de cette cam­pagne qui ne pro­fite qu’aux adver­saires, concur­rents et enne­mis de nos deux pays. En tout cas, le Maroc a réagi en condam­nant vigou­reu­se­ment la per­sis­tance d’une cam­pagne média­tique men­son­gère, mas­sive et mal­veillante à son encontre et en por­tant plainte.

Une manœuvre anti-marocaine ?

En effet, des res­pon­sables poli­tiques comme le pré­sident de la Com­mis­sion des affaires étran­gères, de la Défense et des Forces armées du Sénat, Chris­tian Cam­bon, a dénon­cé le 21 juillet 2021, une « cam­pagnes de presse de déni­gre­ment visant à désta­bi­li­ser le Royaume du Maroc ».

Le pré­sident Cam­bon ajoute : « quand on porte des accu­sa­tions, il faut en assu­mer les preuves… jusqu’à preuve du contraire, ce ne sont que des his­toires qui traînent régu­liè­re­ment et « on est dans l’absurde. En effet, on voit bien que ces accu­sa­tions sont des mon­tages, et donc nous n’avons aucune preuve, et jusqu’à pré­sent nous n’avions jamais eu aucune ».

Pour sa part la séna­trice de Paris, Cathe­rine Dumas, a mis en cause, le même jour, une cer­taine dés­in­for­ma­tion qui cir­cule : « On sait très bien que tout ceci n’arrive pas par hasard ».

Madame Cathe­rine Morin-Desailly, vice-pré­si­dente du groupe d’amitié France-Maroc, et ancienne pré­si­dente de la com­mis­sion de la Culture et de la com­mu­ni­ca­tion du Sénat, sou­ligne qu’Internet est deve­nu un « nou­veau ter­rain d’affrontement mon­dial où des forces obs­cures, des pays qui ne veulent pas que du bien aux rela­tions d’excellence entre le Maroc et la France peuvent s’immiscer pour véhi­cu­ler des accu­sa­tions. Selon la séna­trice, il « faut être extrê­me­ment méfiant face aux mani­pu­la­tions de forces externes ».

Ber­nard Squar­ci­ni, ancien chef du ren­sei­gne­ment inté­rieur fran­çais (DCRI, aujourd’hui DGSI) a affir­mé sur la radio Europe 1 ne pas « trop croire » aux allé­ga­tions contre le Maroc. Selon Squar­ci­ni, « c’est (une accu­sa­tion) trop facile. Le Maroc est un par­te­naire de la France ».

Les auto­ri­tés maro­caines n’ont eu de cesse de récla­mer des preuves concer­nant les accu­sa­tions por­tées à l’encontre du Royaume ; c’est éga­le­ment la posi­tion de plu­sieurs experts inter­na­tio­naux qui exigent que For­bid­den Sto­ries et les accu­sa­teurs du Maroc four­nissent des preuves à l’appui de leurs accusations.

Ain­si, la jour­na­liste d’investigation amé­ri­caine, Kim Zet­ter, s’étonne sur son compte Twit­ter (@kimZetter) du manque de sources de For­bid­den Sto­ries. Elle dénonce éga­le­ment le trai­te­ment à charge de cer­tains médias. Le cher­cheur en cryp­to­gra­phie Nadim Kobeis­si constate que les preuves d’Amnes­ty inter­na­tio­nalet de For­did­den Sto­ries sont « qua­si-inexis­tantes » (@Kaepora). L’experte nor­vé­gienne en sécu­ri­té infor­ma­tique, Runa Sand­vik, res­pon­sable de la sécu­ri­té infor­ma­tique du New York Times, relève « l’incohérence » des accu­sa­tions rap­por­tées par les médias et For­bi­den Sto­ries. Elle note sur son compte twit­ter (@runasand) que « Per­sonne ne sait donc, jusqu’à pré­sent, d’où vient la liste par laquelle le scan­dale Pega­sus Pro­ject a été fabri­qué de toutes pièces pour s’attaquer au Maroc, en particulier ».

Comme le pro­clame l’avocat fran­çais du Maroc qui a por­té plainte en France contre les deux asso­cia­tions à l’origine de l’affaire, « d’accusateurs, les meneurs de ce pro­jet et les médias de For­bid­den Sto­ries deviennent eux-mêmes des accu­sés. S’il per­sis­tait, leur silence sur les preuves de ce qu’ils avancent confir­me­rait leur culpa­bi­li­té ». Me Oli­vier Bara­tel­li a donc déli­vré deux cita­tions directes en dif­fa­ma­tion contre Amnes­ty Inter­na­tio­nal et For­bid­den Sto­ries.L’avocat a pré­ci­sé que l’Etat maro­cain« sou­haite que toute la lumière soit faite sur les allé­ga­tions men­son­gères de ces deux orga­ni­sa­tions qui avancent des élé­ments sans la moindre preuve concrète et démontrée ».

Il suf­fit de voir qui est mon­té en ligne contre le Maroc pour com­prendre qu’il y a un com­plot. Les groupes d’extrême-gauche (trots­kystes, com­mu­nistes) qui sont bien orga­ni­sés et qui contrôlent en par­tie des asso­cia­tions de pro­pa­gande comme Amnes­ty Inter­na­tio­nal ou For­bid­den Sto­ries détestent tout par­ti­cu­liè­re­ment le Maroc qui, pen­dant la guerre froide, prit clai­re­ment le par­ti du Monde libre, est une monar­chie et mène, sous la direc­tion du roi Moha­med VI, une dyna­mique poli­tique africaine.

Il est éga­le­ment clair que la déci­sion des États-Unis de recon­naitre la sou­ve­rai­ne­té du Maroc sur son Saha­ra a créé des ten­sions avec les enne­mis du Royaume, en pre­mier lieu le régime algérien.

Une manœuvre anti-française ?

Tout cela explique l’acharnement ciblé de cer­tains médias et grou­pus­cules poli­tiques fran­çais à l’égard du Maroc. De fait, ces agi­ta­teurs bien connus agissent contre la France et selon un agen­da étran­ger même si une cer­taine presse enga­gée peut relayer des com­mé­rages et des allé­ga­tions qui ne sont pas prou­vées alors que le Maroc et la France font face à de nom­breux défis, notam­ment sur le plan sécu­ri­taire et la lutte anti-ter­ro­riste qui sont plus impor­tants que des bruits de cou­loir nauséabonds.

Comme le dit encore le pré­sident de la Com­mis­sion des affaires étran­gères, de la défense et des forces armées du Sénat : « Le Maroc est un par­te­naire stra­té­gique, et nous sommes recon­nais­sants à ce que l’action, sous la conduite de Sa Majes­té le Roi, nous apporte au Sahel, où la France est très enga­gée et essaie de lut­ter contre le ter­ro­risme et le dji­ha­disme qui ont fait tant de dégâts. Nous appré­cions vive­ment l’appui très effi­cace que nous apporte le Maroc ».

Ce qui disent beau­coup d’experts et obser­va­teurs impar­tiaux est que la France est visée par rico­chet. On connaît les liens entre les ser­vices alle­mands et cer­tains milieux gau­chi­sants, recon­ver­tis en éco­lo­gistes, qui mènent un com­bat achar­né contre le nucléaire fran­çais et ne perdent jamais une occa­sion de nous poi­gnar­der dans le dos. Mais ils ne sont pas les seuls. Cette affaire inter­vient alors que le Maroc est en train de négo­cier d’importants achats d’armements et bien enten­du cela ne ser­vi­ra pas les inté­rêts français.

Nous savons bien que le Maroc est un par­te­naire indis­pen­sable de la France qui sait que c’est un État sérieux et com­pé­tent dans la lutte anti-terroriste.

Is fecit cui prodest

On connait le vieil adage juri­dique selon lequel le cri­mi­nel est celui à qui le crime pro­fite (Is fecit cui pro­dest). Il convient donc de recher­cher à qui le crime pro­fite pour trou­ver le cou­pable En la matière plu­sieurs grou­pus­cules mili­tants et des États ont inté­rêt à ten­ter d’envenimer les rela­tions fran­co-maro­caines, et s’en prendre soit au Maroc, soit à la France, soit aux deux.

Par­mi les grou­pus­cules, il y a évi­dem­ment ceux d’extrême-gauche qui nour­rissent une véri­table haine à l’égard du Royaume du Maroc. Il ne fait donc pas s’étonner que l’affaire soit lan­cée par des mou­vances proches de ces milieux et abon­dam­ment reprise par cer­tains médias qui sont tou­jours prêts à jouer un mau­vais coup contre Rabat.

Les indus­triels ven­deurs d’armes des États-Unis, d’Israël ou de pays moins impor­tants comme l’Italie ont éga­le­ment inté­rêt à jeter de l’huile sur le feu pour ten­ter de mettre à mal la coopé­ra­tion fran­co-maro­caine. Les Etats-Unis de Biden ont démon­tré le peu de cas qu’ils font de la France lors de la récente tour­née de Biden en Europe, en juin 2021, au cours de laquelle il a ren­con­tré tous ceux qui comptent (Vla­di­mir Pou­tine, Boris John­son, la Reine d’Angleterre, Ange­la Mer­kel) mais pas le pré­sident fran­çais Emma­nuel Macron. On sait aus­si que les États-Unis sont un impor­tant ven­deur d’armes au Maroc et qu’ils ne voient pas d’un bon œil la pré­sence fran­çaise dans ce pays et, plus géné­ra­le­ment, en Afrique.

L’Italie quant à elle ambi­tionne de vendre des fré­gates FREMM de lutte anti-sous-marine au Maroc et Fin­can­tie­ri (sou­te­nu par le gou­ver­ne­ment ita­lien) ne serait pas fâché de voir son concur­rent fran­çais de Naval Group écar­té du mar­ché comme ce fut le cas récem­ment en Indo­né­sie et en Egypte.

Si l’Espagne socia­lo-gau­chiste (le PS local est allié aux radi­caux de PODEMOS) de San­chez n’a évi­dem­ment pas les moyens d’ennuyer pro­fon­dé­ment ses voi­sins maro­cain et fran­çais, ce n’est pas le cas de l’Allemagne qui est en déli­ca­tesse avec le Maroc et qui ne perd aucune occa­sion de nuire à une France qu’elle consi­dère, depuis le Brexit bri­tan­nique, comme son seul concur­rent dans l’Union euro­péenne. En tout cas cette affaire démontre que la France est aus­si vic­time que le Maroc de ces allé­ga­tions sans fon­de­ments. Si, comme le sou­ligne Pierre Razoux dans Les Échos du 23 juillet : « Il y a une inquié­tude des Maro­cains envers une par­tie de l’élite fran­çaise sus­pec­tée de bien­veillance vis à vis des frères musul­mans et de l’Islam poli­tique et de ceux jugés trop proches des milieux algé­riens », il doit être dit que ni le gou­ver­ne­ment fran­çais ni le gou­ver­ne­ment maro­cain ne veulent que les choses se dégradent entre les deux pays.

Bien enten­du, le régime algé­rien n’a pas man­qué d’exploiter les allé­ga­tions de ses amis d’extrême-gauche contre le Maroc. Alger a même eu le culot de « condam­ner cette atteinte sys­té­ma­tique inad­mis­sible contre les liber­tés fon­da­men­tales ». Comme par hasard, cette affaire inter­vient alors que les rela­tions entre les deux pays se sont par­ti­cu­liè­re­ment ten­dues ces der­nières semaines en rai­son de l’aide accrue du régime algé­rien aux sépa­ra­tistes du Poli­sa­rio, des innom­brables pro­vo­ca­tions anti-maro­caines et alors qu’Alger a rap­pe­lé son ambas­sa­deur à Rabat  en rai­son du conten­tieux sur le Saha­ra maro­cain. Bien sûr, Alger — dont la poli­tique est fort ambi­guë — voit d’un mau­vais œil la soli­di­té des liens entre les ser­vices de ren­sei­gne­ments fran­çais et maro­cains, en par­ti­cu­lier dans la lutte contre le dji­ha­disme au Sahel.

En tout cas, le Maroc est une nou­velle une fois au cœur d’un feuille­ton qui relève de « la science-fic­tion ». Il faut en effet rap­pe­ler que ce même consor­tiumde jour­naux avait repris, en juillet 2020, une infor­ma­tion d’Amnes­ty Inter­na­tio­nalselon laquelle le télé­phone por­table d’un jour­na­liste — condam­né le 19 juillet à six ans de pri­son pour atteinte à la sécu­ri­té inté­rieure de l’État — avait été infec­té par Pega­sus. Mais cette fausse infor­ma­tion n’a été cor­ro­bo­ré par aucune preuve…

On ris­que­rait d’attendre long­temps — et en vain — les preuves de For­bid­den Sto­ries et d’Amnesty Inter­na­tio­naldans cette nou­velle affaire si ce n’était la plainte dépo­sée à Paris, au nom du Maroc, puisque les asso­cia­tions mises en cause (Amnes­ty Inter­na­tio­nal et For­bid­den Sto­ries) ont, comme le sou­ligne Me Oli­vier Bara­tel­li, « dix jours, selon la loi 1881 sur la liber­té de presse, pour four­nir les preuves qu’elles ont ou qu’elles n’ont pas ». 

Il doit être clair que les médias auraient inté­rêt à véri­fier les infor­ma­tions dénuées de preuves et d’éléments tan­gibles, avant de publier n’importe quoi sur la simple foi d’associations enga­gées et aux buts louches dont l’objectif est de sabo­ter les rela­tions de bon voi­si­nage que le Maroc entre­tient avec cer­tains pays dont la France.