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Pour­quoi la Monar­chie ? (2) : D’un roi à un autre, la continuité

Par Jean-Phi­lippe Chauvin

Le mode de suc­ces­sion au trône en France épargne au pays une vacance de l’État (d’où la for­mule évo­quée jadis : « le roi ne meurt jamais », « le roi » qu’il faut com­prendre comme l’État…) ou une bataille vio­lente et for­cé­ment des­truc­trice des ami­tiés, voire des équi­libres poli­tiques du pays, pour la conquête de celui-ci : c’est aus­si un gage de renou­vel­le­ment, ne serait-ce que par le fait qu’en géné­ral (il peut y avoir des excep­tions, certes) le nou­veau roi est d’une autre géné­ra­tion que celui à qui il suc­cède, et qu’il est d’un « autre temps », sans pour autant déva­luer le pré­cé­dent (tout le contraire de l’attitude d’un Hol­lande, en 2012, à l’égard de son prédécesseur…).

Ain­si, tout en assu­rant la conti­nui­té de l’État, il peut en appré­cier dif­fé­rem­ment la poli­tique ou les enjeux du moment : ce n’est pas une rup­ture, mais plu­tôt une évo­lu­tion, une « autre poli­tique » ren­due pos­sible par l’arrivée d’un nou­vel homme, d’une nou­velle équipe à la tête de l’État. La conti­nui­té ain­si per­mise, reliant l’hier et le demain par le roi du pré­sent et qui ne peut se confondre avec du fixisme, assure la parole de l’État, garan­tit la réa­li­sa­tion des grandes poli­tiques fon­dée sur la durée, tant sur le plan envi­ron­ne­men­tal que social ou diplo­ma­tique : l’arrivée au pou­voir d’un nou­veau roi n’est pas une remise en cause des poli­tiques pré­cé­dentes mais assure leur péren­ni­sa­tion ou, si elles ne semblent plus fonc­tion­ner, leur remise à plat. Bien sûr, la réa­li­té est par­fois moins simple, mais la durée ins­crite par la Monar­chie à la tête de l’État est un gage de sécu­ri­té poli­tique et diplo­ma­tique qui, d’ailleurs, per­met aux gou­ver­ne­ments de tra­vailler plus libre­ment, sachant que la ques­tion de la magis­tra­ture suprême ne se pose plus, ce qui désarme déjà quelques vel­léi­tés politiciennes…