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Mali : allons-nous conti­nuer encore long­temps à faire tuer nos sol­dats parce que les déci­deurs fran­çais ignorent ou refusent de prendre en compte les réa­li­tés eth­no-poli­tiques locales ?

C’est très pro­ba­ble­ment en repré­sailles de la mort de Bag Ag Mous­sa, un des prin­ci­paux adjoints du chef toua­reg Iyad ag Gha­li tué par Bar­khane le 10 novembre 2020, que deux Hus­sards de Cham­bo­rant (2° de Hus­sards), ont per­du la vie le same­di 2 jan­vier, à quelques kilo­mètres de la base de Ména­ka, quand leur VBL (véhi­cule blin­dé léger) a sau­té sur une mine.
A la dif­fé­rence de la mort de nos trois hommes du 1° Régi­ment de Chas­seurs de Thier­ville sur­ve­nue le lun­di 28 décembre, au sud de Gao, l’explosion qui a pro­vo­qué celle des deux Hus­sards s’est pro­duite plus au nord, dans une région qui était deve­nue « calme », les déci­deurs fran­çais sem­blant avoir enfin com­pris qu’ici, nous ne sommes pas face au même jiha­disme que plus au sud. Comme je ne cesse de le dire depuis des années, et comme je le montre dans mon livre Les Guerres du Sahel des ori­gines à nos jours, ici, le conflit n’est en effet pas à racine isla­miste puis­qu’il s’agit d’une frac­ture ins­crite dans la nuit des temps, d’une résur­gence eth­no-his­to­ri­co-éco­no­mi­co-poli­tique toua­reg conjonc­tu­rel­le­ment abri­tée der­rière le paravent islamiste.

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