GAVROCHE HEBDO Cam­bodge – ÉDITORIAL : Douch est mort, il reste Khieu Sam­phan

GAVROCHE HEBDO Cam­bodge – ÉDITORIAL : Douch est mort, il reste Khieu Sam­phan



La dis­pa­ri­tion de Douch, le bour­reau Khmer rouge qui diri­gea le centre d’ex­ter­mi­na­tion de Tuol Sleng (S21) sous le régime de Pol Pot, fait de Khieu Sam­phan le der­nier diri­geant du Kam­pu­chea Demo­cra­tique à être encore en vie et en pri­son. Les deux hommes n’a­vaient abso­lu­ment pas le même rang durant les années ter­ribles 1975 – 1979. Douch, pro­fes­seur de mathé­ma­tiques avait diri­gé des com­man­dos de maqui­sards avant de deve­nir l’exé­cu­teur en chef des purges du régime. Khieu Sam­phan, lui, contri­bua à for­ger l’i­déo­lo­gie Khmère Rouge. Il fut Chef de l’État sous le Kam­pu­chea Demo­cra­tique. Il négo­cia ensuite les accords de paix de Paris de 1991 au nom des Khmers Rouges…

Qui s’in­té­resse à l’his­toire contem­po­raine de l’A­sie du Sud-Est doit s’at­tar­der un ins­tant sur l’i­ti­né­raire de Khieu Sam­phan, aujourd’­hui âgé de 89 ans et condam­né à la pri­son à vie pour crimes contre l’hu­ma­ni­té. Intel­lec­tuel for­mé en France, doc­teur en Sor­bonne pour sa thèse sur l’é­co­no­mie cam­bod­gienne sous le règne de Noro­dom Siha­nouk, Khieu Sam­phan incarne à la fois toutes les dérives du com­mu­nisme maoïste et tout ce que la période Khmère rouge recèle de mys­tères encore non com­plé­te­ment éclair­cis.

Il fut, pen­dant des années, héber­gé et sou­te­nu par la Thaï­lande, dans son fief du Phnom Malai à quelques kilo­mètres de la fron­tière. Il négo­cia avec la com­mu­nau­té inter­na­tio­nale la réin­té­gra­tion des Khmers rouges sur la scène poli­tique cam­bod­gienne. Il assis­ta, dans sa demeure de Pai­lin, à la réin­ser­tion des anciens bour­reaux, avant d’être arrê­té en novembre 2007 et d’être mis en exa­men pour crimes contre l’hu­ma­ni­té.

Douch ado­rait citer Lamar­tine dans le texte, en Fran­çais. Khieu Sam­phan pou­vait, voi­ci peu, encore citer des pas­sages entiers de « Phi­lo­so­phie de la misère » du socia­liste Fran­çais Joseph Prou­dhon. Leur des­tin poli­tique est indis­so­ciable de la déco­lo­ni­sa­tion et des bles­sures lais­sées der­rière lui par le pro­tec­to­rat fran­çais au Cam­bodge, de 1863 à 1953. La véri­té san­glante des Khmers Rouges était celle de Douch. Les men­songes intel­lec­tuels et poli­tiques de ce régime géno­ci­daire furent, lar­ge­ment, ceux de Khieu Sam­phan.

L’é­quipe édi­to­riale

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