Vers la guerre des races ?
NYC action in solidarity with Ferguson. Mo, encouraging a boycott of Black Friday Consumerism.

Vers la guerre des races ?

Par Guillaume de Prémare

En quelques jours, le concept de « pri­vi­lège blanc », jusqu’ici prin­ci­pa­le­ment can­ton­né aux cercles indi­gé­nistes, a tra­ver­sé l’Atlantique plus fran­che­ment pour s’inviter avec force dans le débat public en France, dans le contexte de la mort tra­gique de George Floyd.

Le concept de « pri­vi­lège blanc » a été for­mu­lé par la cher­cheuse et fémi­niste amé­ri­caine Peg­gy McIn­tosh en 1988. Elle le défi­nit comme « l’ensemble d’avantages, de pré­ro­ga­tives, de béné­fices et de choix immé­ri­tés et indis­cu­tables confé­rés à des indi­vi­dus du seul fait de leur cou­leur. » Peg­gy McIn­tosh estime que ce pri­vi­lège, qui n’existe pas de jure puisque la ségré­ga­tion raciale a été abo­lie aux USA en 1965, existe de fac­to.

Depuis la fin des années 1980, la notion de « pri­vi­lège blanc » fait flo­rès sur les cam­pus amé­ri­cains, par­fois jusqu’à l’extrême. En 2017, à l’université Ever­green, un pro­fes­seur par­fai­te­ment pro­gres­siste et anti­ra­ciste, nom­mé Bret Wein­stein, a été accu­sé de racisme pour avoir dit son désac­cord avec l’instauration d’une jour­née où les blancs devaient quit­ter le cam­pus. Pour lui, en effet, « sur un cam­pus uni­ver­si­taire, le droit de s’exprimer – ou d’être pré­sent – ne doit jamais être fon­dé sur la cou­leur de la peau ».

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