Du bon usage de la cri­tique des religions

Du bon usage de la cri­tique des religions

Par Gérard Leclerc

« En France, on a le droit de cri­ti­quer les reli­gions, il n’y a pas de délit de blas­phème. » On peut dire que ce genre d’affirmation court en boucle en ce moment dans tous les médias et les réseaux sociaux. C’est suite à l’affaire Mila, du nom d’une jeune fille de 16 ans qui s’est per­mis d’exprimer des pro­pos peu aimables – c’est le moins que l’on puisse dire – à l’égard de l’islam. Cela lui a valu des menaces de mort et même l’impossibilité d’accéder à son lycée, sa sécu­ri­té étant en cause. Ce genre d’incident est déjà carac­té­ris­tique d’un cer­tain cli­mat moral, mais il s’est trou­vé ampli­fié à la suite d’une décla­ra­tion de la garde des Sceaux, Nicole Bel­lou­bet, qui, tout en condam­nant les menaces de mort, a néan­moins pris posi­tion contre la jeune fille cou­pable, à son avis, d’insulte à la reli­gion. La ministre est reve­nue par la suite sur ses pro­pos qui avaient pro­vo­qué un véri­table cha­ri­va­ri. Com­ment pou­vait-on s’opposer à la liber­té de cri­tique des reli­gions ? N’était-ce pas reve­nir à l’ancienne légis­la­tion contre le blasphème ?

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