Sommes nous racistes ?

Sommes nous racistes ?

par Oli­vier Per­ce­val

En marge des décla­ra­tions de Lilian Thu­ram lequel a décla­ré à la presse :

« Quand on parle du racisme, il faut avoir conscience que ce n’est pas le monde du foot­ball qui est raciste, mais qu’il y a du racisme dans la culture ita­lienne, fran­çaise, euro­péenne et plus géné­ra­le­ment dans la culture blanche », affir­ma d’a­bord l’ex-foot­bal­leur, avant d’a­jou­ter : « Les blancs ont déci­dé qu’ils étaient supé­rieurs aux noirs et qu’a­vec eux ils peuvent tout faire, tout se per­mettre. C’est une chose qui existe depuis des siècles …

Pour­tant en 1955, lors de sa pre­mière tour­née hors des États-Unis, le Gol­den Gate quar­tet, célèbre groupe de « negro-spi­ri­tuals », se pro­dui­sit dans la salle de l’O­lym­pia à Paris, ville ou le groupe finit par s’installer . Car ils décou­vrirent alors, qu’en France on pou­vait chan­ter par­tout, on pou­vait prendre n’importe quel bus ou taxis, rien n’était réser­vé aux blancs ou aux noirs. C’était une nou­velle vie pour eux.

Alors la France s’inscrit ‘elle dans une tra­di­tion cultu­relle de racisme ?

Si on se réfère aux « indi­gènes de la Répu­blique » et autres orga­ni­sa­tions qui font pro­fes­sion de lut­ter contre le racisme, comme la LICRA ou SOS racisme, dans notre pays, il n’y a aucun doute.

Outre le fait que la notion de race ait dis­pa­rue depuis quelques décen­nies du lexique scien­ti­fique, suite pro­ba­ble­ment à des recherches pous­sées et tota­le­ment dépour­vues de moti­va­tions idéo­lo­giques, le petit blanc fran­chouillard est mon­tré du doigt par nos élites pour la seule rai­son qu’il est blanc et fran­chouillard, voire catho­lique, ce qui consti­tue bien sûr une cir­cons­tance aggra­vante.

Une ana­lyse socio­lo­gique mon­tre­rait vrai­sem­bla­ble­ment que le phé­no­mène est une consé­quence du déman­tè­le­ment du vaste empire colo­nial consti­tué essen­tiel­le­ment durant le 19ème et au début du 20ème.

« Vae vic­tis » avait dit Bren­nus qui ran­çon­nait Rome, les vain­cus ont en effet tou­jours tord.

La socié­té, selon une bonne par­tie de nos élites, celle qui est le plus en vue, se divi­se­rait donc entre racistes et anti­ra­cistes.

Pour­tant Pierre-André Taguieff, homme de gauche qui a voué sa vie à l’étude de ce phé­no­mène, notam­ment dans son ouvrage « la  force des pré­ju­gés » a bien mon­tré que « l’antiracisme » fonc­tion­nait sur le même mode et par­fois avec les mêmes argu­ments que le racisme et par là même, pou­vait faire naître du racisme là ou il n’existait pas.

Si j’affirme que je suis Fran­çais, blanc et catho­lique et que de sur­croît je n’en éprouve aucune honte, est ce que je me déclare en haine de ceux qui ne le sont pas ?

C’est bien là que se trouve le pro­blème et c’est là que le dis­cours anti­ra­ciste devient sou­vent ambi­gu et exclu­sif d’une forme d’être, d’un mode de vie, d’un atta­che­ment à des racines et des valeurs.

Le prin­cipe d’une socié­té pous­sée par ses élites vers un vaste pro­gramme de cos­mo­po­li­tisme géné­ra­li­sé se heur­te­ra imman­qua­ble­ment à des résis­tances ici ou là. Et l’on dési­gne­ra comme racistes ceux qui refusent de se voir impo­ser l’abandon de leurs tra­di­tions, du mode de vie de leurs pères, l’attachement à leur terre, dans cette for­mi­dable «  Mac­do­nal­di­sa­tion », un peu comme les amé­rin­diens furent trai­tés de sau­vages par les anglo-saxons qui les exter­mi­nèrent.

Par­lons en des anglo-saxons, car le phé­no­mène dépasse la seule France, eux qui furent aus­si des colo­ni­sa­teurs, se sont géné­ra­le­ment tenus à l’écart des popu­la­tions qu’ils domi­naient, à la dif­fé­rence des Fran­çais qui avaient ten­dance à faire souche aux colo­nies.

Il est en effet constant que les dis­cours racistes les plus extrêmes nous viennent d’Angleterre avec de belles gloires comme le célèbre inven­teur « d’Alain Qua­ter­main », Hen­ry Rider Hag­gard, et des USA qui ont gar­dé jusqu’à aujourd’hui de belles séquelles y com­pris dans la plus haute socié­té.

Il est inté­res­sant de noter que ces mêmes anglo-saxons nous déversent aujourd’hui leur anti­ra­cisme mora­li­sa­teur jusqu’à satié­té.

Peut-être que les grands trusts éco­no­miques inter­na­tio­naux, que leur socié­té libé­rale a sus­ci­tés, avaient inté­rêt à culti­ver au siècle pré­cé­dent les défen­seurs de la supé­rio­ri­té de la race blanche, pour exploi­ter de la main d’œuvre gra­tuite, en bons émules de Dar­win, et qu’aujourd’hui, dans la pers­pec­tive du vil­lage mon­dial, ils montrent un réel engoue­ment pour le métis­sage uni­ver­sel des consom­ma­teurs déra­ci­nés de la pla­nète, avec un ali­gne­ment sur les salaires les plus bas … ?

Bien sûr, il se cache d’autres motifs encore plus graves qui visent le contrôle et la régu­la­tion de la pla­nète par un petit nombre d’ « élus » mais cela nous emmè­ne­rait trop loin.

En atten­dant, en ce qui me concerne, de culture chré­tienne, je me sens évi­dem­ment frère de tous les humains, et je rejette fer­me­ment les pro­pos racistes quand ils s’expriment ici ou là, mais j’admets la dif­fé­rence, ce qu’on appelle aujourd’hui la diver­si­té et je crois que de for­cer au métis­sage comme on le fait aujourd’hui, ne peut que mettre en dan­ger cette diver­si­té.

Je crois en outre que chaque homme, chaque femme dans ce monde, d’où qu’il (ou elle) vienne, est un héri­tier et qu’on n’a pas le droit de le dépouiller de son héri­tage.

Pour autant, il serait absurde de reje­ter le métis­sage, quand il sur­vient natu­rel­le­ment, sans sti­mu­lants média­tiques et pseu­do-cultu­rels. Cela a pu et pour­ra pro­duire de beaux fruits évi­dem­ment.

C’est le carac­tère mas­sif, déme­su­ré, l’Hubris, comme disaient les grecs anciens, qui en la matière est des­truc­teur.

La déré­gu­la­tion des mar­chés, la sup­pres­sion des fron­tières, le dépla­ce­ment mas­sif des popu­la­tions par l’organisation pla­né­taire des flux migra­toires, ne peuvent que pro­vo­quer des réac­tions de sur­vie de plus en plus fortes.

La France n’est certes pas raciste, ne serait-ce que par son his­toire, creu­set des peuples comme l’avait démon­tré Jacques Bain­ville, mais elle est riche de sa longue construc­tion et beau­coup de Fran­çais encore y sont atta­chés, non par nos­tal­gie, mais par néces­si­té, car ils ont la cer­ti­tude que cet atta­che­ment les sau­ve­ra de l’anomie ins­ti­tu­tion­na­li­sée. Il fau­dra bien qu’un jour, du haut de leurs chairs, nos juges et pro­cu­reurs appoin­tés du sys­tème, com­prennent la dif­fé­rence entre patrio­tisme qui est l’amour de la patrie et racisme qui est la haine des autres «  races » même si celles-ci ne sont plus cen­sées exis­ter par ordre de l’académie.