Mathieu Sla­ma : Gre­ta Thun­berg, l’égérie verte de Davos ?
Swedish climate activist Greta Thunberg looks on during a meeting in the garden of the Hotel de Lassay ahead of a visit of the French National Assembly, in Paris, on July 23, 2019. (Photo by Lionel BONAVENTURE / AFP)

Mathieu Sla­ma : Gre­ta Thun­berg, l’égérie verte de Davos ?

Nous le savons depuis que nous le lisons : Mathieu Sla­ma n’est pas lui non plus un « moderne ». Il le confirme en conclu­sion de cet article [Figa­ro­vox, 23.07] où il défi­nit Gre­ta Thun­berg comme un pur pro­duit des mondes capi­ta­liste et média­tique, évi­dem­ment étroi­te­ment imbri­qués, dont le sym­bole est Davos. Si la cause éco­lo­gique a sa légi­ti­mi­té de fond, elle la perd lorsqu’elle est idéo­lo­gi­que­ment, média­ti­que­ment, finan­ciè­re­ment et poli­ti­que­ment construite pour détour­ner l’opinion, les jeunes en par­ti­cu­lier, de tout autre sou­ci, tout autre enga­ge­ment, toute autre colère, poli­ti­que­ment incor­rects. Le sou­ci cli­ma­tique trans­mué en obses­sion enfan­tine, un vague idéal de pla­nète bleue propre, d’universalisme consu­mé­riste et per­mis­sif : de cette mou­vance-là,  encou­ra­gée voire sus­ci­tée par l’oligarchie finan­cière mon­dia­li­sée, Gre­ta Thun­brtg est sans-doute le pro­duit. Un pro­duit étrange et inquié­tant, aux cou­leurs de fausse enfance. Le cal­cul du monde capi­ta­liste est évident. Cela ne signi­fie pas, selon nous, que l’idéologie en soit absente.   JSF     

 Par Mathieu Sla­ma

Il y a des signes qui ne trompent pas. En jan­vier der­nier, la jeune et sym­pa­thique Gre­ta Thun­berg tient un dis­cours alar­miste, plein de bon sens quoique vague et peu enga­geant, devant un par­terre de diri­geants de mul­ti­na­tio­nales… au Forum éco­no­mique de Davos, la grande messe du capi­ta­lisme et de la mon­dia­li­sa­tion. L’endroit où tous les grands diri­geants de mul­ti­na­tio­nales se réunissent et dis­cutent des grands sujets qui concernent le monde tout en pro­fi­tant de l’occasion pour soi­gner leur communication.On ima­gine mal les grands contes­ta­taires de l’ordre capi­ta­liste mon­dial s’exprimer sur la scène de cet évé­ne­ment dont le but est de pré­ser­ver un sys­tème où la pré­ser­va­tion de l’environnement se trans­forme en « déve­lop­pe­ment durable » et en autres actions de « green­wa­shing ». Donc for­cé­ment, l’association Gre­ta Thun­berg / Davos nous inter­pelle. Elle nous inter­pelle d’autant plus que le compte Twit­ter offi­ciel de Davos ain­si que son site inter­net relaie son appel pour le cli­mat. Il y a là une bien­veillance pour le moins sus­pecte.

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