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Jean of Orleans (R), count of Paris, looks on near Notre-Dame cathedral in Paris on April 16, 2019 in the aftermath of a fire that devastated the cathedral. - Paris was struck in its very heart as flames on April 15 devoured the roof of Notre-Dame, the medieval cathedral made famous by Victor Hugo, its two massive towers flanked with gargoyles instantly recognisable even by people who have never visited the city. (Photo by ludovic MARIN / AFP)

Jean d’Orléans : « Au-delà de la recons­truc­tion, l’urgence de la transmission »

Jean d’Orléans, Comte de Paris, devant Notre-Dame mar­di 16 avril 2019. LUDOVIC MARIN/AFP

Hier matin, en contem­plant ce qu’il reste de cette pauvre cathé­drale de Paris, cette chère cathé­drale de France, on ne peut qu’être bles­sé dans sa chair, en tant que Fran­çais et en tant que chrétien.

Car Notre-Dame-de-Paris est bien plus qu’un bâti­ment, plus même qu’un sym­bole, c’est le signe visible et bien réel du génie de la France. Du génie et du dévoue­ment de ses admi­rables bâtis­seurs, mais aus­si du génie de ceux qui durant plus de 850 ans, siècle après siècle, ont ché­ri ce tré­sor natio­nal, et nous l’ont trans­mis sans faillir.

Il y a dans cet édi­fice une conti­nui­té his­to­rique entre d’une part les rois Capé­tiens bâtis­seurs et d’autre part les autres régimes qui leur ont suc­cé­dé jusqu’à notre Ve Répu­blique, qui ont su pré­ser­ver et faire rayon­ner ce legs, pour faire de la France un som­met de la culture uni­ver­selle. Notre-Dame, en tra­ver­sant les siècles, est le témoin vivant de l’unité des Fran­çais autour d’un des­tin com­mun. Comme Fils de Saint Louis, roi bâtis­seur, je me rat­tache aus­si plei­ne­ment à cette continuité.

Il faut tou­te­fois s’y résoudre : notre géné­ra­tion, qui se drape sou­vent dans sa supé­rio­ri­té sur tout ce qui nous pré­cède, est celle qui n’a pas trans­mis. Nous sommes des consom­ma­teurs d’héritage, des enfants gâtés jouis­sant de biens qui leur semblent éter­nels, à com­men­cer d’ailleurs par nos res­sources natu­relles, dila­pi­dées par notre mode de vie et nos exi­gences de confort, et nos pay­sages défi­gu­rés par une urba­ni­sa­tion sau­vage et insensée.

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