« Parent 1 » et « parent 2 » à l’é­cole : « Une mesure injuste pour la plu­part des familles ! »
Members of the Parliament applauds as President of the French National Assembly Richard Ferrand and presidents of the different parliamentary groups arrive and sit at the start of the session of questions to the government at the National Assembly in Paris on February 12, 2019. (Photo by JACQUES DEMARTHON / AFP)

« Parent 1 » et « parent 2 » à l’é­cole : « Une mesure injuste pour la plu­part des familles ! »

JACQUES DEMARTHON/AFP

Un amen­de­ment voté mar­di pré­voit de rem­pla­cer les men­tions du « père » et de la « mère » sur les for­mu­laires sco­laires par « parent 1 » et « parent 2 ». Une mesure qu’Aude Mir­ko­vic juge idéo­lo­gique, mais aus­si injuste car elle oblige tous les couples à « entrer dans un concept de paren­té hors sol ».

FIGAROVOX.- Un amen­de­ment voté mar­di à l’As­sem­blée pré­voit de rem­pla­cer la men­tion « père et mère » sur les for­mu­laires sco­laires par celle de « parent 1 et parent 2 ». Est-ce réel­le­ment une « mesure d’é­ga­li­té sociale », comme l’af­firment les dépu­tés qui ont sou­te­nu l’amendement ?

Aude MIRKOVIC.- Il y a bien une inéga­li­té entre les enfants, et ce n’est pas un for­mu­laire qui en est la cause ni qui en sera le remède. La cause de cette inéga­li­té est la loi de 2013 sur le mariage des per­sonnes de même sexe qui a intro­duit en droit fran­çais l’a­dop­tion par deux parents de même sexe. Je m’ex­plique. Les pro­mo­teurs de la paren­té de même sexe pré­tendent que « cela ne change rien », ce qui est faux. La « paren­té » de même sexe change tout, et on com­mence à la per­ce­voir concrè­te­ment avec des mesures comme cet amen­de­ment qui rem­place les men­tions père et mère par celles de parent 1 et parent 2. Pour autant, pour être d’ac­cord ou non avec ce chan­ge­ment, encore faut-il le réa­li­ser. Alors qu’est-ce qui change ? La filia­tion découle de l’acte de nais­sance et indique à cha­cun de qui il est né, c’est-à-dire ses père et mère. La filia­tion ne se réduit certes pas à la réa­li­té bio­lo­gique et cette nais­sance à laquelle elle ren­voie l’en­fant, si elle est le plus sou­vent bio­lo­gique, peut être aus­si « seule­ment » sym­bo­lique : c’est le cas des enfants adop­tés et encore de ceux qui ont été recon­nus par un homme qui ne les a pas engen­drés. Le droit n’exige donc pas la véri­té bio­lo­gique mais la vrai­sem­blance. Avant leur rôle d’é­du­ca­tion qu’ils peuvent d’ailleurs par­ta­ger et délé­guer, les parents ont un rôle sta­tu­taire, celui d’in­di­quer à l’en­fant son ori­gine, au moins symbolique.

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