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Quelle méta­mor­phose ins­ti­tu­tion­nelle pour la France ? Par­tie 2 : La Monarchie

La méta­mor­phose de la repré­sen­ta­tion civique et de la vie poli­tique, et par­le­men­taire sans doute après le 18 juin pro­chain (second tour des élec­tions légis­la­tives), requiert une inter­ven­tion poli­tique aus­si bien pour l’or­don­ner que pour la sti­mu­ler, mais aus­si pour en bri­der les débor­de­ments chao­tiques : or, il n’est pas cer­tain que la forme répu­bli­caine de l’État soit la plus adap­tée à ce grand chan­tier ins­ti­tu­tion­nel, à cette méta­mor­phose sou­hai­tée par beau­coup et sou­hai­table pour tous, et M. Macron lui-même mon­trait, dans un entre­tien publié dans la revue Le1 en juillet 2015, com­bien la démo­cra­tie actuelle « com­porte tou­jours une forme d’in­com­plé­tude » en Répu­blique par l’ab­sence de « ver­ti­ca­li­té », de cette « figure du Roi » qui répond à la demande d’é­mo­tion et d’u­nion dans une nation, dans un ensemble col­lec­tif issu de l’his­toire et acteur de celle-ci. A moins de rendre à la fonc­tion d’ar­bitre suprême l’in­dé­pen­dance de fait et de nais­sance que pro­cure le mode de suc­ces­sion héré­di­taire déjà appli­qué dans sept États de l’U­nion euro­péenne, la méta­mor­phose ins­ti­tu­tion­nelle ne peut se réa­li­ser pleinement !

Ain­si, la France aurait, à son tour, tout à gagner de l’é­ta­blis­se­ment d’un véri­table régime mixte : un État monar­chique royal en son som­met, arbitre et pro­tec­teur de répu­bliques pro­vin­ciales, com­mu­nales et pro­fes­sion­nelles, dotées les unes et les autres de vrais pou­voirs, légis­la­tifs ou de négo­cia­tion, par­ti­cu­liers. Ce qu’a réus­si, au moins pour les régions de son royaume, le roi Juan Car­los en Espagne dans les années inau­gu­rales de son règne, en bou­le­ver­sant l’or­ga­ni­sa­tion interne de son royaume et en réac­ti­vant les auto­no­mies et les citoyen­ne­tés pro­vin­ciales. C’est cette « révo­lu­tion poli­tique des ter­ri­toires et de leurs pou­voirs », par le moyen de ces nou­velles ins­ti­tu­tions monar­chiques et enra­ci­nées dans l’his­toire de la nation qu’il s’a­git de pro­mou­voir, ne serait-ce que pour « éloi­gner » le Pou­voir d’État des citoyens eux-mêmes, non pas pour les dépos­sé­der de leur citoyen­ne­té effec­tive et sen­sible, mais au contraire pour leur per­mettre un véri­table épa­nouis­se­ment civique et per­son­nel dans le cadre d’un meilleur équi­libre des rap­ports entre la Direc­tion géné­rale de la nation et les liber­tés publiques locales.

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