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Haro sur le baudet

D’après Jean de La Fon­taine mal­me­né par Perceval

Les ani­maux malades de la COVID.

Un mal qui répand la ter­reur,
Mal que le Ciel en sa fureur
Inven­ta pour punir les crimes de la terre,
La COVID (puis­qu’il faut l’ap­pe­ler par son nom)
Capable d’en­ri­chir  Pfi­ser  qui com­mande Macron,
Fai­sait aux ani­maux la guerre.
Ils ne mou­raient pas tous, mais tous étaient frap­pés :
On n’en voyait point d’oc­cu­pés
A cher­cher le sou­tien d’une mou­rante vie ;
Nul mets n’ex­ci­tait leur envie ;
Ni Loups ni Renards n’é­piaient
La douce et l’in­no­cente proie.
Les Tour­te­relles se fuyaient :
Plus d’a­mour, par­tant plus de joie.
Jupi­ter tint conseil, et dit : Mes chers amis,
Je crois que le Ciel a per­mis
Pour nos péchés cette infor­tune ;
Que le plus cou­pable de nous
Se sacri­fie aux traits du céleste cour­roux,
Peut-être il obtien­dra la gué­ri­son com­mune.
L’his­toire nous apprend qu’en de tels acci­dents
On fait de pareils dévoue­ments :
Ne nous flat­tons donc point ; voyons sans indul­gence
L’é­tat de notre conscience.
Pour moi, satis­fai­sant mes appé­tits  dou­teux
J’ai com­mis des pêchés hon­teux.
Pour­quoi ai-je ridi­cu­li­sé la pré­si­dence,
Même il m’est arri­vé  de souiller l’Elysée
et  je  me dévoue­rai donc, s’il le faut ; mais je pense
Cha­cun ain­si que moi, de ses fautes soit accu­sé
Car on doit sou­hai­ter selon toute jus­tice
Que le plus cou­pable périsse.
- Sire, dit le Renard, vous êtes  bon Pré­sident ;
Vos scru­pules font voir trop de déli­ca­tesse ;
Eh bien, souiller l’Elysée, sym­bo­li­sant la France,
Est-ce un péché ? Non, non. Vous lui fîtes Sei­gneur
En riant de la patrie,  beau­coup d’hon­neur.
Et quant aux Fran­çais , sans outrance,
Ils étaient dignes de tous maux,
Qu’ils cessent de se plaindre comme un bêlant  trou­peau
Confi­né,  ou  passe-vac­ci­né ou encore pire
Ain­si dit le Renard, et flat­teurs d’ap­plau­dir.
On n’o­sa trop appro­fon­dir
Du Tigre, ni de l’Ours, ni des autres puis­sances,
Les moins par­don­nables offenses.
Tous les gens que­rel­leurs, jus­qu’aux simples mâtins,
Au dire de cha­cun, étaient de petits saints.
l’âne non vac­ci­né à son tour  dit : J’ai sou­ve­nance
Qu’en un pré de Moines pas­sant,
La faim, l’oc­ca­sion, l’herbe tendre, et je pense
Quelque diable aus­si me pous­sant,
Je reti­rais mon masque  pour tirer la langue.
Je n’en avais nul droit, puis­qu’il faut par­ler net.
A ces mots on cria haro sur le baudet.

Un Loup quelque peu clerc prou­va par sa harangue
Qu’il fal­lait dévo­rer ce mau­dit ani­mal,
Ce pelé, ce galeux, d’où venait tout leur mal.
Sa pec­ca­dille fut jugée un cas pen­dable.
En plus non vac­ci­né ! quel crime abo­mi­nable !
Rien que la mort n’é­tait capable
D’ex­pier son for­fait : on le lui fit bien voir.

Il faut l’enfermer, le bou­cler dans le noir,

J’ai envie de « l’emmerder » décla­ra Jupiter,

Et tout le camp du bien de le mettre à terre.
Si vous n’adhérez à la doc­trine de Davos

Vous méri­tez aus­si de finir dans la fosse.

 D’après Jean de La Fon­taine (1621 – 1695)