Trente réponses sur la monarchie

Trente réponses sur la monarchie

« L’insurrection des jeunes nous fait une nécessité de rechercher objectivement les valeurs réelles qui doivent commander à l’orientation à donner au pays sur des bases nouvelles n’est plus un rêve idéologique, c’est une nécessité historique. »
Henri, Comte de Paris

Table des matières

Organisation de l’État

1/ L’autorité du roi s’exerce-t-elle de droit divin ?

Le droit divin est une théorie élaborée aux XVIe et XVIIe siècles par des juristes du Tiers-État, contre un clergé et une noblesse réticents, qui veut que le roi tienne directement sa couronne de Dieu, par opposition aux théoriciens du Moyen-âge qui enseignaient qu’il la tenait de Dieu, par le peuple. C’est une question théologique sur laquelle nous proclamons notre incompétence. Pour défendre la monarchie, nous nous contentons de nous référer aux services rendus et à rendre, et la monarchie que nous voulons est légitimée par des droits historiques. Ce sont des considérations politiques dont seules nous discutons.

2/ La monarchie sera-t-elle absolue ?

Étymologiquement, “absolue” veut dire « libre de tout lien », indépendante, et non despotique ou arbitraire. La monarchie sera absolue dans le sens où elle ne pourra faire sentir ses bienfaits que si l’État est véritablement indépendant (des forces de l’argent, des États dans l’État, des puissances étrangères, des caprices de l’opinion). Mais elle n’en sera pas moins limitée (par des contre-pouvoirs, des corps intermédiaires qui protègent les personnes, des franchises et des privilèges accordés aux communautés).

3/ La monarchie sera-t-elle constitutionnelle ?

Historiquement, la monarchie a toujours été constitutionnelle. Un acte royal de 1723 parle de Lois Fondamentales comme de la « constitution de la monarchie ». Ces lois fondamentales (règles de dévolution de la couronne, principes d’indisponibilité et d’inaliénabilité du royaume…) font du roi le détenteur d’une charge de droit public hors de portée de toute volonté humaine. Ajoutées aux coutumes, chartes et franchises, structures internes du pays sur lesquelles le pouvoir n’a aucune prise, elles forment une constitution autrement plus réelle que l’élucubration confuse qu’apprennent aujourd’hui les étudiants en droit et qu’on réécrit périodiquement. La monarchie française tendra à la restauration des lois qui, trouvant leur origine dans la coutume et l’Histoire, échappent à la capricieuse volonté des hommes.

« Malgré mes convictions républicaines, je suis forcé de reconnaître que la France ne doit son héritage admirable, sa structure religieuse, artistique, morale et civile, tout ce qu’elle possède de bon et d’heureux, ni à la République, ni à Napoléon mais bien à ses Rois.
Ils peuvent avoir commis des erreurs
mais ils ont fait la grandeur de la France. »
Edouard Herriot, de l’Académie française

4/ La monarchie sera-t-elle parlementaire ?

« À d’autres cette demi-royauté bourgeoise ! » s’écriait Maurras. La monarchie n’a que faire de ces assemblées « unes et indivisibles », fondées sur le jeu formel des partis, et qui ne représentent aucun des intérêts du pays réel actif. Communautaire, la monarchie française cherchera davantage une circulation véritable de l’information entre l’État libéré des idéologies et les diverses cellules de la nation, en s’appuyant sur une multitude d’assemblées parlementaires intermédiaires, économiques, sociales, culturelles et politiques où interviendront tous les citoyens, dans leurs compétences. Elle sera plus et mieux que parlementaire, elle sera représentative.

5/ Le droit de vote sera-t-il supprimé sous la monarchie ?

La démocratie fait croire qu’elle a inventé le droit de vote, c’est faux. On votait beaucoup sous l’Ancien Régime et sans doute plus qu’aujourd’hui. On votait dans les villages, dans les métiers, dans les assemblées de corps et les Parlements. On votait sur toutes les questions concrètes alors qu’aujourd’hui on accepte sans discuter le diktat de l’administration centralisatrice et tentaculaire. Ce qui était différent, ce n’était pas le vote, c’était son objet. Et la monarchie restera fidèle à ce principe. Elle ne prétendra pas proposer des votes sur des grandes questions ou des programmes en 110 points que personne n’a lus.

En revanche, ne craignant pas les libertés locales comme une menace pour son autorité, elle permettra une vie civique active par des votes dans nos communes, dans nos régions, sur toutes les questions qui nous touchent directement.

6/ La monarchie sera-t-elle démocratique ?

On sait l’importance qu’a ce label “démocratique” dans le monde moderne, on sait que dans l’idéologie officielle il est synonyme de liberté. Mais on sait aussi que c’est derrière lui que se sont cachés Staline, l’Amérique d’Hiroshima et de Nagasaki, les « Républiques démocratiques » qui, en extrême Orient, en Afrique ou en Europe de l’Est ont ruiné de nombreux pays. On sait aussi que partout où il y a démocratie, il y a réduction du champ de libertés concrètes. La monarchie n’étant pas un régime où l’on considère le peuple, en tant que tel, désorganisé, comme le détenteur des bonnes réponses à toutes les questions sur lesquelles on s’interroge, ne se targuera pas de ce label “démocratique”. Cela n’empêchera pas que les citoyens se feront entendre et discuteront dans les groupes dans lesquels ils vivent et travaillent ; et la monarchie ne gouvernera pas sans le consentement populaire. Mais il s’agira d’un consentement populaire organisé et non d’un consentement populaire atomisé.

« La monarchie c’est l’institution qui échappe à la compétition du pouvoir et donc à la volonté de puissance. »
Maurice Clavel, philosophe

7/ Comment peut-on penser que la transmission héréditaire du pouvoir est meilleure que le choix du chef de l’État ?

Ce qui fait la force de la monarchie, ce n’est pas une quelconque « loi du sang » qui assurerait les qualités génétiques du Prince dans le cadre de la transmission du pouvoir de père en fils. Aucun Roi de France ni aucun théoricien de la monarchie n’a jamais prétendu cela. Si la transmission héréditaire du pouvoir est bien plus sûre que le choix du chef de l’État, c’est que le Prince, quelles que soient ses qualités, occupe une position qui sera toujours meilleure que celle d’un candidat qui aura dû se faire élire pour arriver au pouvoir. Préparé au pouvoir depuis sa naissance, le Prince est attentif aux besoins de la communauté nationale et porte le destin de la nation comme sa vie même. Membre d’une famille dont le nom et l’histoire se confondent avec ceux de la France, il assure une médiation active du peuple avec ses propres racines historiques. Arrivé à la tête de la nation par la naissance, il est totalement indépendant et échappe à la volonté de puissance. Libre de la compétition pour le pouvoir, il peut être arbitre, fédérateur et refuser la démagogie.

« Un homme qui travaille à assurer sa dynastie, qui bâtit pour l’éternité est moins à craindre que des parvenus pressés de s’enrichir et de signaler leur passage par quelque action d’éclat. »
Pierre-Joseph Proudhon

8/ Que signifie l’expression « monarchie communautaire » ?

Nous définissons la monarchie comme étant communautaire pour montrer l’opposition qui existe dans sa nature avec la démocratie où les individus sont désorganisés, « libres et égaux », seuls face à l’État. En effet, la monarchie gouverne en prenant en compte face à elle des groupes, que ce soit au niveau géographique (communes, régions), professionnel (corps, conseils, chambres régionales), culturel, social ou religieux. La plus belle définition est sans doute la riche expression de Maurras : « un syndicat de familles qui vivent et non une somme d’individus qui votent ».

9/ Y aura-t-il séparation des pouvoirs ?

Les démocrates ont cru que la séparation des pouvoirs était le meilleur moyen d’éviter la tyrannie. Seulement les trois formes de pouvoir (exécutif, législatif et judiciaire) qui cohabitent dans le corps politique sont illimitées ; qu’elles se trouvent réunies dans la même main (c’est très souvent le cas dans la Ve République) et le despotisme redevient possible. Ce système est totalement inefficace. Ce qui est essentiel, c’est de limiter les pouvoirs. C’est le principe même de fonctionnement de la monarchie française. Si les pouvoirs du roi s’exercent avant tout dans le domaine de l’arbitrage puisqu’il est « source de toute justice », « apaiseur » selon le beau mot de Saint Louis, « chargé d’accorder ses sujets les uns aux autres et tous ensemble avec lui », ces pouvoirs s’étendent aux domaines législatif et exécutif pour tout ce qui concerne la justice, la politique extérieure, les finances du pays, l’armée… etc. Mais il y est strictement cantonné. Les autres champs d’activité (éducation, culture, vie économique, administration locale, religion…) sont rendus aux communautés et aux cellules vivantes du Pays réel qui elles aussi les gèrent sur le triple plan législatif, exécutif et judiciaire. Ainsi les pouvoirs sont limités et chacun n’est souverain qu’en son ordre, sous l’arbitrage royal.

« Le roi n’est pas l’élu du peuple à un moment de son histoire mais l’élu des siècles. Son pouvoir repose sur quelque chose de plus solide qu’une lubie du suffrage universel, il s’appuie ce qu’il y a de plus solide au monde : une coutume. La royauté a un côté paternel qui est exactement approprié à sa fonction et qui ne se retrouve nulle part ailleurs, même dans une monarchie déguisée en République, comme celle que nous avons. Le roi est un père, sinon éternel, du moins permanent. »
Jean Dutourd, de l’Académie française.

10/ Quelles seront les structures politiques fondamentales de la monarchie ?

structure_monarchie

11/ Y aura-t-il embrigadement de la jeunesse comme dans les régimes autoritaires ? L’opposition sera-t-elle tolérée ? La liberté d’expression sera-t-elle supprimée ?

Ce sont des questions qu’on nous pose souvent, et avec la plus grande sincérité du monde. Pourtant, soyons sérieux, qu’est-ce que cela peut signifier de rapprocher ces méfaits dignes des rapports d’Amnesty International de la monarchie française qui respecta mille ans durant une tradition de liberté et de respect des hommes qui servit de modèle à l’Europe ? Rien d’autre que la victoire du bourrage de crâne systématique des médias et des profs.

12/ Qu’est-ce qui empêche la monarchie de dériver vers le totalitarisme ?

Si l’on entend par totalitarisme la possibilité pour l’État de s’introduire dans toutes les sphères de la vie humaine et sociale, on aura compris, en lisant les onze réponses qui précèdent, que les obstacles qui empêchent la monarchie de dériver vers le totalitarisme sont nombreux. Ce n’est plus un régime où l’État est tout puissant face à des individus isolés et sans défense. (« Je ne peux rien faire, je suis tout seul » entend-on tous les jours au sujet des injustices et des méfaits de la démocratie). L’État royal, s’il est restauré dans son autorité, dans sa continuité et son indépendance pour tout ce qui concerne son domaine propre, est partout limité par des groupes sociaux, économiques et culturels qui protègent les personnes contre d’éventuelles prétentions césaristes. De plus, la permanence du souci politique incarnée par le Prince rend l’État responsable, humain ; par lui la justice et l’exercice des libertés redeviennent possibles. Cette incarnation du Politique, cette personnalisation du pouvoir forment sans doute la garantie la plus efficace, garantie qu’ignore l’État démocratique sourd et anonyme.

« On finira bien par restaurer la monarchie un jour,
contre la dictature et l’anarchie. »
Eugène Ionesco, de l’Académie française

Économie – société

13/ Quelle sera l’organisation économique de la monarchie ?

Le réalisme politique nous garde de donner trop d’importance à l’économie ; mais il doit tout autant nous garder de lui ôter son autonomie. L’économie est un domaine propre de l’activité humaine, soumis à des lois qui ne se commandent pas, certes, mais ce n’est qu’une des formes de la vie sociale et non le fondement ou le principe de celle-ci. Les faits économiques doivent se soumettre aux lois naturelles de la vie sociale, c’est-à-dire aux exigences, aux limitations, aux règlements, en un mot au gouvernement que suppose la vie des hommes en société. C’est sur ce respect des lois de la vie humaine que peut s’appuyer un ordre économique véritable. Ainsi ce sont un certain nombre de principes politiques qui présideront à l’établissement de l’ordre économique sous la monarchie.

14/ Donc l’économie sous la monarchie restera libérale ?

Dire qu’il n’y a pas de prêt-à-porter économique sous la monarchie ne signifie pas le maintien de l’anarchie libérale, au contraire. Le libéralisme, qui constitue une séparation par consentement mutuel de l’esprit et du monde, accepte dans l’économie le libre jeu de la nature, de ses instincts et de ses excès, au mépris des valeurs d’arbitrage, de justice et de droit. Et l’on voit quotidiennement les ravages d’une liberté forcenée laissée aux marchands et l’influence de l’économie dans les autres domaines de la vie sociale. Cette critique nous éloigne tout autant du marxisme, qui s’il combat les formules libérales, accepte l’idée d’une économie autonome, comme fait fondamental, n’obéissant qu’à des lois internes à son développement.
« O Roi ! … Laissez donc ces banquiers avides ; ces avocats disputeurs, ces bourgeois ignobles, ces écrivains infâmes, ces nobles flétris, tous ces gens-là, sire, vous haïssent, et ne vous soutiennent encore que parce qu’ils ont peur de nous. Achevez l’œuvre de nos rois, écrasez l’aristocratie et le privilège, conspirez avec ces prolétaires fidèles, avec le peuple qui, seul, sait honorer un souverain, et crier avec franchise : Vive le Roi ! »
Pierre-Joseph Proudhon « Lettre à Blanqui »

15/ Finalement, quel sera le poids de l’État monarchique dans l’économie ?

L’État monarchique devra tenir compte, dans son action sur l’économie, d’un certain nombre de principes politiques et de la situation particulière de la France. On peut penser que son intervention dans l’économie se fera dans le cadre de deux fonctions.
1°) Sa fonction première d’arbitre, et de réorganisateur, l’amènera tout d’abord à entreprendre certaines réformes structurelles nécessaires et à abandonner certaines fonctions usurpées.
2°) En fonctionnaire de la société, il interviendra comme acteur économique de deux manières : contrôleur d’abord, entrepreneur ensuite par la permanence d’un secteur public adapté.
« Il n’y a pas de privilèges, il n’y a que des services. Tel était le principe fondamental de la monarchie populaire française. »
Georges Bernanos

16/ Quel sera le rôle des syndicats dans la vie économique ?

Bien souvent, certains esprits croient pouvoir opposer notre volonté d’instaurer une monarchie sociale et notre refus des syndicats actuels. En réalité, c’est l’élément démocratique seul que nous voulons voir disparaître des syndicats, conformément à l’esprit de la monarchie française qui refuse de considérer les individus selon des critères purement idéologiques. C’est au contraire la convergence d’intérêts qui présidera à la constitution de syndicats sous la monarchie. Ces syndicats débarrassés des conflits politiciens et des manipulations seront à même de faire valoir les droits des diverses catégories de travailleurs des différents secteurs économiques sur les décisions relatives à l’avenir de leur activité. Les syndicats deviendront ainsi des institutions stables capables de définir au plus juste les modalités de travail des uns et des autres et d’apaiser les tensions sociales.

17/ Rétablira-t-on une société d’ordres ?

Deux choses font la monarchie ; un esprit et des principes d’une part, l’incarnation dans une certaine réalité politique, historique, culturelle et sociale d’autre part. L’organisation du royaume en Clergé-Noblesse-Tiers-État correspond à une incarnation. Or, instaurer la monarchie ce n’est pas refaire ce qui s’est fait dans d’autres conditions mais incarner un esprit et des principes dans notre réalité. La restauration de la monarchie sera donc la redécouverte d’une condition institutionnelle, fonctionnelle, et non la copie d’une organisation sociale passée.

18/ Le peuple pourra-t-il agir sur la politique et sur l’acte de gouvernement dans la monarchie ?

Non seulement il pourra agir, mais il agira plus et bien plus efficacement que dans la démocratie libérale. Il interviendra à différents niveaux (municipal, régional, professionnel, culturel…). Comme nous l’avons dit, il n’interviendra pas atomisé mais organisé. Il s’organisera en communautés formées librement, sans contraintes. Il y élira ses responsables, ses représentants dans les assemblées locales et dans les corps convoqués par le roi. Il pourra librement gérer ses activités, administrer ses affaires sous la protection d’un pouvoir royal équilibré et indépendant. Son intervention ne sera plus réduite à un bulletin de vote accordé de temps à autre à un parti politique mais redeviendra active et responsable dans tous les domaines d’activité de la nation. Et cela grâce à la stabilité et à la continuité du pouvoir royal qui ne craindra pas cette décentralisation des responsabilités.

« Les Capétiens sont la colonne vertébrale de notre histoire. »
François Mitterrand, président de la République, s’adressant à Jacques Attali au moment du millénaire Capétien.

19/ La Justice sera-t-elle indépendante ?

Nous l’avons dit (question 9), le Roi de France est avant tout un justicier. C’est une longue tradition. Alors que les Princes étrangers, allemands ou anglais, étaient représentés à cheval, bataillant et entraînant leurs troupes derrière eux, les sceaux et les écus français nous montrent souvent un roi assis, reposé, tenant la main de la Justice, symbole de son arbitrage. Ainsi dans la monarchie française, la Justice est-elle incarnée par un Prince détenteur d’un pouvoir chrétien, humain et équilibré. Et son indépendance est à l’image de celle de cet homme qui, arrivé au pouvoir par la voix dynastique, échappe aux forces d’argent, aux luttes d’intérêts et à la démagogie. Ce sont là les principes fondamentaux. Pour le reste, l’organisation et la répartition des pouvoirs, le champ d’action judiciaire laissé aux diverses communautés, la monarchie saura les ordonner avec souplesse et en vue du bien commun.

« La monarchie, à nos yeux, ce n’est pas le passé, c’est l’avenir,
elle nous apparaît plus comme une instauration
que comme une restauration. »
Georges Valois

20/ L’État sera-t-il laïc ?

La laïcité n’a rien à voir avec la liberté religieuse. C’est une tentative de cantonner le fait religieux au domaine privé. La monarchie française, qui reconnaît une transcendance et protège les personnes à tous les niveaux, humain, social et spirituel, ne saurait suivre une telle direction. Elle reconnaîtra les religions et leur indépendance. Française, elle donnera à la religion catholique la place qui lui revient dans notre pays. Fidèle à sa tradition, (Henri IV, Louis XVI), elle reconnaîtra les religions protestantes et israélites. Attentive à son siècle, elle s’attachera à définir la place de l’Islam dans la nation pour répondre avec plus d’efficacité que la République laïque aux problèmes de ce début du XXIème siècle. Enfin, la monarchie respectera la distinction du spirituel et du temporel en accordant la plus parfaite liberté de conscience aux croyants comme aux libres penseurs dans le cadre du bien commun, ce que ne fait pas la République qui tente d’imposer ses vues et conceptions avec son enseignement, sa culture et son information centralisés.

21/ Que pourra entreprendre la monarchie face au problème de l’immigration ?

La première chose à faire sera de mettre fin à la grande confusion qu’a semée la démocratie. La France reste un pays vieux de quinze siècles d’histoire, de traditions, de coutumes et de lois, et n’en déplaise à Harlem Désir, cet héritage reste prioritaire. Cela diffère des us et coutumes des étrangers hôtes sur le sol français. La monarchie saura distinguer pour unir.
Ensuite, et cela ne s’oppose en rien avec ce que l’on vient de dire, il est nécessaire de mettre fin à la mythologie républicanoïde et laïcarde qui veut que chaque beur passe dans un moule assimilateur tricolore pour qu’il n’y ait plus en France que des individus libres et égaux qui répètent en cœur « nos ancêtres les Gaulois ». La formule a assez montré son inefficacité et le plus souvent, la masse informe et déracinée qui en résulte est plus attachée à MacDonald et au Coca-Cola qu’à Vercingétorix.

La monarchie communautaire n’étant pas décidée à ne prendre en compte que des individus, saura voir dans les immigrés des communautés avec leurs habitudes, leur religion, leurs problèmes et leur situation particulière. Elle abandonnera la stérile assimilation individuelle et cherchera une intégration communautaire qui sera en fonction des facteurs que nous avons décrits plus haut. Les étrangers ne seront plus abandonnés à eux-mêmes et à la culture cosmopolite mais trouveront une place définie dans la nation avec leurs droits et leurs devoirs.

« Je suis fils d’une lignée paysanne, on m’a appris la terre et l’importance de l’eau nourricière. Je sais la limite des champs et la longueur exacte d’une journée de travail d’homme. Rien n’est plus réaliste que le Roi comme rien n’est plus simple que le maître du mas. Ce n’est pas la notion de puissance sur les choses et les gens, de la ferme et du royaume, c’est la forte et permanente responsabilité de l’un à l’égard de l’autre. »
Marcel Jullian, journaliste, ancien PDG d’Antenne 2

22/ La restauration de la monarchie remet-elle en cause la place de la France dans l’Union européenne ?

La monarchie française est riche d’une longue tradition d’indépendance nationale. Contre l’empire, contre l’Angleterre ou la Papauté, le roi de France s’est toujours proclamé « empereur en son royaume ». Une monarchie moderne ne trahirait pas cet esprit et son principe empêchera l’abandon de souveraineté dont rêvent les technocrates européistes. À cela il faut ajouter le fait que l’instauration de la monarchie correspond au rétablissement d’une autorité humaine et responsable, les rêves d’une France intégrée de force à une Europe technocratique, économique et planifiée seraient vite dissipés. Cependant le principe monarchique n’exclue absolument pas de fructueux échanges scientifiques, culturels, économiques ou industriels avec nos pays voisins et même plus lointains. Mais ces relations ne se feront plus sur une base idéologique, elles seront humaines, fondées sur les affinités que créent l’appartenance à une civilisation commune dont l’État royal comprendrait la nécessaire défense.

23/ Une France royale serait-elle en marge du système international dans les domaines politiques, économique et stratégique ?

Il est inutile de répondre sur une caricature d’une France royale qui se serait mise au banc des autres nations et des divers organismes internationaux, quelle que soient leurs valeurs, et qui vivrait en autarcie, drapée dans un nationalisme aveugle. Ce ne peut être raisonnablement la réaction de la monarchie française dont les huit siècles d’existence contiennent de nombreux traités d’alliances politiques et militaires, traités qui conditionnaient la prospérité et le rayonnement français. Il est clair que dans la tradition française, la nation n’est pas la valeur la plus haute, qu’elle n’est pas un bien souverain. Cependant, et même si l’on peut regretter aujourd’hui l’ordre international incarné au Moyen-Âge dans la Chrétienté, ou dans une moindre mesure dans l’Europe du XVIIIe avant la Révolution, il s’agit de reconnaître que dans l’état actuel du monde, la nation reste le cercle communautaire le plus étendu qui soit organisé et qui représente une réalité politique, une entité à la fois véritable et puissante.

Le propre de la monarchie, c’est d’appliquer un principe simple, l’intérêt national, de prévoir ce qu’un événement peut apporter de bon ou de mauvais là ou réside l’intérêt de la France. Cela peut paraître aride. Il reste que l’instinct de conservation, le souci de continuité et la sagesse, incarnés au mieux par la monarchie héréditaire, exigeront d’elle le maintien du droit de la France, la négociation des ententes et des accords relatifs à la vie commune (échanges internationaux par exemple) qui s’inscriront de la meilleure façon dans un ordre international qui sera autre chose qu’un rêve pacifiste ou un impérialisme déguisé.

« Qu’on le veuille ou non, la France est née royaume, elle ne tient que par ses ruines encore debout, et la république y loge non sans malaise : l’héritage lui fait mal, lui fait honte, elle voudrait pouvoir s’en passer, le balancer dans les ténèbres de la préhistoire. Elle en a contracté une espèce de délire contagieux qui nous précipite vers la vérité des autres, n’importe quelle vérité pourvu qu’elle ne porte pas l’odieux poinçon de la croix et du lys. »
Jacques Perret

24/ Que pourra entreprendre la monarchie en matière d’éducation ?

Nous n’allons pas partir dans de grandes démonstrations sur le système éducatif français. Il nous faudrait plusieurs tomes. Nous nous contenterons de poser les principes simples qui correspondent à l’esprit de la monarchie et qu’elle saura appliquer à l’enseignement :

  1. Débarrasser le débat éducatif des idéologies pernicieuses, ce qui sera possible avec un État indépendant des partis.
  2. Rendre à la société la gestion des affaires scolaires abusivement confisquée par l’État.
  3. Refuser de recourir aux solutions systématiques, ce que fera la monarchie fédérative dans tous les domaines.

Cela vous paraît peut-être succinct. Mais la monarchie n’a pas la prétention d’apporter des remèdes miracles. Elle est seulement la condition sine qua non qui permettra d’avancer là où s’arrête l’État démocratique bloquée par sa dimension idéologique.

« Je ne crois pas au “sens de l’histoire”, je ne crois pas au progrès.
Je crois ce que je vois et qui est un formidable développement
de la confusion en tout partout. La question est de savoir
si nous devons tenter d’adopter la monarchie face à cette confusion
où si nous devons tenter d’en sortir. Et d’en sortir
dans tous les domaines. Le principe royal n’est pas seulement
politique et structurel, il est esthétique et spirituel. »
Henri Montaigu, historien et romancier

25/ Y a-t-il un art propre à la monarchie ?

Tout d’abord, on peut raisonnablement penser à un effet stimulant sur la création et la conservation du patrimoine des larges libertés laissées par l’autorité royale aux forces vives de la nation. Ce n’est pas tout. En effet, l’instauration du principe monarchique comme principe politique va de paire avec l’instauration du « principe esthétique et spirituel » (Montaigu) entretenant et prolongeant ce qu’il y a d’éternel dans notre civilisation. Or, qu’est-ce-qui, mieux que l’art, symbolise la permanence de l’homme en parfaite conformité avec la nature ? On nous dira que tout en matière d’art est parfaitement subjectif et que l’art est un exercice individuel ; mais la notion de goût elle-même, traduction d’une harmonie perçue, héritage d’œuvres antérieures, résultat d’expériences esthétiques d’un peuple, prouve que la création artistique révèle une conscience nationale, même si les chefs-d’œuvre n’apparaissent qu’à travers la supériorité naturelle de quelques-uns. Voilà pour le caractère collectif de l’art. Enfin, il est faux de croire que l’art s’élève en se confondant avec une quelconque morale ou en se subordonnant à un but social, comme l’esprit révolutionnaire nous en a fait prendre l’habitude. On ne fait pas de bonne littérature uniquement avec un bon esprit, disait Bainville, le don ne remplace pas les bonnes intentions. Voilà comment quelques vérités nationales redécouvertes par la restauration monarchique pourraient nourrir l’art français.

« Personne n’a le droit, quand il a entrevu une fois la vérité religieuse ou politique de s’y soustraire sous le fallacieux prétexte
qu’il est difficile de l’obtenir. »
Léon Daudet

26/ Quel régime actuel est le plus proche de la monarchie que vous voulez ?

Comparer la France contemporaine à des pays étrangers est tout à fait inopportun. Notre réflexion porte sur notre pays, ses spécificités et ses problèmes en cette fin de XXe siècle. Certains aimeraient que nous dressions des comparaisons avec l’Angleterre, l’Espagne ou la Belgique par exemple. Ce serait inutile tant leurs réalités sont différentes de la nôtre. Le seul rapprochement qu’il nous semble possible de faire c’est avec le régime qui, en mille ans, fit la France et la plaça à la tête de la civilisation : la monarchie traditionnelle française dont les structures ont disparu mais dont l’esprit demeure.

27/ Comment pourra-t-on restaurer la monarchie ?

« Il peut se trouver qu’une crise grave débouchant sur une paralysie des pouvoirs se retourne à l’avantage de la France et provoque soudain un moment de sagesse et de réflexion. Le Roi pourrait alors représenter une solution. » Henri, Comte de Paris.

Notre travail n’a d’autre but que de préparer le Pays réel par l’action d’une minorité énergique et de lui faire comprendre la nécessité du recours au Prince.

« Les camelots du Roi, en 1910, étaient la première bande révolutionnaire d’Europe. C’étaient des garçons “de tous les milieux”, comme on dit, qui s’étaient habitués à la prison et considéraient la république comme un grand désordre général ; ils voulaient l’accentuer, pour en guérir la France, par mille désordres particuliers. »
Roger Nimier « Le Grand d’Espagne »

28/ L’instauration de la monarchie implique-t-elle un retour intégral à l’avant 89 ?

« S’accommoder de la Révolution-fait, se dépêtrer de la Révolution-idée. » Cette formule de Maurras devrait éclairer ceux qui s’interrogent sur le devenir du drapeau tricolore, du Panthéon, des avenues de la république et autres symboles républicains. Le but de la restauration, c’est de retrouver des principes et non pas de faire revivre un XVIIIe siècle oublié. Il n’y aura donc pas de “retour intégral” mais une redécouverte des principes éternels et un roi héréditaire qui sera à même de faire un tri “désidéologisé” de l’héritage révolutionnaire qu’on ne peut effacer.

« La journée du 10 août 1792, l’invasion des Tuileries et l’arrestation de Louis XVI marquent une date funeste dans notre Histoire. Sans cette horrible journée, la France aurait poursuivi, comme l’Angleterre, son développement normal sous le palladium des institutions monarchiques, avec toutes les fortes disciplines qu’une tradition plusieurs fois séculaire enseigne à un peuple, et dont nous avons tant besoin. Le 10 août 1792 a rompu la chaîne des temps : ce fut un grand malheur (…) Maintenant que j’ai, hélas, le temps de méditer je me demande si l’erreur initiale de la France ne date pas de l’exécution de Louis XVI. »
Raymond Poincaré, président de la République

29/ Quel est votre prétendant au trône de France ?

Nous n’avons pas “notre” prétendant. Depuis le XVe siècle, la Couronne est une réalité constitutionnelle à l’abri de toute volonté individuelle. Nous devons donc en respecter les règles de dévolution. Celles-ci (hérédité, primogéniture mâle, collatéralité, légitimité, principes de catholicité et nationalité) font de Mgr le Comte de Clermont l’aîné actuel de la maison de France. On peut ne pas être d’accord avec certaines de ses positions ponctuelles qui pourraient, sans doute, être différentes dans l’exercice de la fonction royale, cela ne permet pas de se tourner vers tel ou tel rejeton de l’arbre capétien. On ne choisit pas son Roi.

Nous précisons cependant que, travaillant pour l’avenir, notre espérance repose particulièrement sur le fils du Comte de Clermont, S.A.R. le Prince Jean de France, duc de Vendôme, qui se prépare activement au recours du Pays réel.

30/ Quel sera le premier acte du Roi une fois la monarchie restaurée ?

Une nouvelle fois nous pourrions être tentés de partir dans une longue démonstration. Pourtant seul le Prince lui-même choisira ce qu’il fera. Et une fois sur le trône, il n’aura que faire des prévisions et des programmes qu’auront établis de zélés défenseurs. La monarchie n’est pas un prêt-à-porter. C’est peut-être difficile pour nous de le dire, pourtant il est possible que le premier acte du Roi de France soit de déchirer ces Trente réponses et de nous renvoyer à nos affaires. Alors, il pourra régner, comme Charles VII après la guerre de Cent Ans, comme Henri IV après les guerres de religion, en Roi de France.

« En ce qui me concerne, Monseigneur, le terme est venu.
Vous, Monseigneur, demeurez intact, clairvoyant
et permanent comme l’est, et doit le rester pour la France
ce que Vous représentez de suprême dans son destin. »
Charles de Gaulle, Lettre au Comte de Paris, 27 Décembre 1969

CAHIERS ROYALISTES

Les documents d’Action Française

Collection Combat des idées :

  • Dictateur et roi par Charles Maurras
  • Idées royalistes par Charles Maurras
  • Libéralisme et libertés par Charles Maurras
  • Maurras et la pensée d’Action Française par Maurice Torrelli
  • Méditation sur la politique de Jeanne d’Arc par Charles Maurras
  • La politique naturelle par Charles Maurras
  • Cahier de cercles de niveau I
  • Nos maîtres, C. Maurras et P. Boutang par A. Clapas et F. Marcilhac
  • Les faux Maurras par Roger Joseph et François Marcilhac
  • Si le coup de force est possible par Henri Dutrait-Crozon et Charles Maurras

Collection Actualité :

  • Pourquoi s’engager à l’Action Française ?
  • Immigration : rendons les Français à la France par le Bureau Politique
  • Dix axes de salut national par le Bureau Politique
  • Trente réponses à un lycéen sur la monarchie par Sébastien Lapaque
  • L’Europe contre la nation française par Antoine Clapas
  • Globalisation et américanisation par Charles Saint-Prot
  • La désinformation par François Lamy
  • La décentralisation, le paradis perdu par Louise Bobillard

Collection Société et économie :

  • Henri Lagrange et le Cercle Proudhon par Jérôme Besnard
  • ABC du royalisme social par Firmin Bacconnier
  • La République ouvrière par Charles Maurras
  • Face à l’offensive néo-libérale par Antoine Clapas
  • Guide juridique par Camille Berth

Collection Histoire :

  • Jacques Bainville ou « L’intelligence de l’Histoire » par Charles-Henri Hubert
  • Histoire de l’enseignement en France par Antoine Clapas
  • Histoire des Camelots du Roi par Guy Steinbach
  • Carnet de chants royalistes