Trente réponses sur la monar­chie

Trente réponses sur la monar­chie

« L’insurrection des jeunes nous fait une néces­si­té de recher­cher objec­ti­ve­ment les valeurs réelles qui doivent com­man­der à l’orientation à don­ner au pays sur des bases nou­velles n’est plus un rêve idéo­lo­gique, c’est une néces­si­té his­to­rique. »
Hen­ri, Comte de Paris

Table des matières

Orga­ni­sa­tion de l’État

1/ L’autorité du roi s’exerce-t-elle de droit divin ?

Le droit divin est une théo­rie éla­bo­rée aux XVIe et XVIIe siècles par des juristes du Tiers-État, contre un cler­gé et une noblesse réti­cents, qui veut que le roi tienne direc­te­ment sa cou­ronne de Dieu, par oppo­si­tion aux théo­ri­ciens du Moyen-âge qui ensei­gnaient qu’il la tenait de Dieu, par le peuple. C’est une ques­tion théo­lo­gique sur laquelle nous pro­cla­mons notre incom­pé­tence. Pour défendre la monar­chie, nous nous conten­tons de nous réfé­rer aux ser­vices ren­dus et à rendre, et la monar­chie que nous vou­lons est légi­ti­mée par des droits his­to­riques. Ce sont des consi­dé­ra­tions poli­tiques dont seules nous dis­cu­tons.

2/ La monar­chie sera-t-elle abso­lue ?

Éty­mo­lo­gi­que­ment, “abso­lue” veut dire « libre de tout lien », indé­pen­dante, et non des­po­tique ou arbi­traire. La monar­chie sera abso­lue dans le sens où elle ne pour­ra faire sen­tir ses bien­faits que si l’État est véri­ta­ble­ment indé­pen­dant (des forces de l’argent, des États dans l’État, des puis­sances étran­gères, des caprices de l’opinion). Mais elle n’en sera pas moins limi­tée (par des contre-pou­voirs, des corps inter­mé­diaires qui pro­tègent les per­sonnes, des fran­chises et des pri­vi­lèges accor­dés aux com­mu­nau­tés).

3/ La monar­chie sera-t-elle consti­tu­tion­nelle ?

His­to­ri­que­ment, la monar­chie a tou­jours été consti­tu­tion­nelle. Un acte royal de 1723 parle de Lois Fon­da­men­tales comme de la « consti­tu­tion de la monar­chie ». Ces lois fon­da­men­tales (règles de dévo­lu­tion de la cou­ronne, prin­cipes d’indisponibilité et d’inaliénabilité du royaume…) font du roi le déten­teur d’une charge de droit public hors de por­tée de toute volon­té humaine. Ajou­tées aux cou­tumes, chartes et fran­chises, struc­tures internes du pays sur les­quelles le pou­voir n’a aucune prise, elles forment une consti­tu­tion autre­ment plus réelle que l’élucubration confuse qu’apprennent aujourd’hui les étu­diants en droit et qu’on réécrit pério­di­que­ment. La monar­chie fran­çaise ten­dra à la res­tau­ra­tion des lois qui, trou­vant leur ori­gine dans la cou­tume et l’Histoire, échappent à la capri­cieuse volon­té des hommes.

« Mal­gré mes convic­tions répu­bli­caines, je suis for­cé de recon­naître que la France ne doit son héri­tage admi­rable, sa struc­ture reli­gieuse, artis­tique, morale et civile, tout ce qu’elle pos­sède de bon et d’heureux, ni à la Répu­blique, ni à Napo­léon mais bien à ses Rois.
Ils peuvent avoir com­mis des erreurs
mais ils ont fait la gran­deur de la France. »
Edouard Her­riot, de l’Académie fran­çaise

4/ La monar­chie sera-t-elle par­le­men­taire ?

« À d’autres cette demi-royau­té bour­geoise ! » s’écriait Maur­ras. La monar­chie n’a que faire de ces assem­blées « unes et indi­vi­sibles », fon­dées sur le jeu for­mel des par­tis, et qui ne repré­sentent aucun des inté­rêts du pays réel actif. Com­mu­nau­taire, la monar­chie fran­çaise cher­che­ra davan­tage une cir­cu­la­tion véri­table de l’information entre l’État libé­ré des idéo­lo­gies et les diverses cel­lules de la nation, en s’appuyant sur une mul­ti­tude d’assemblées par­le­men­taires inter­mé­diaires, éco­no­miques, sociales, cultu­relles et poli­tiques où inter­vien­dront tous les citoyens, dans leurs com­pé­tences. Elle sera plus et mieux que par­le­men­taire, elle sera repré­sen­ta­tive.

5/ Le droit de vote sera-t-il sup­pri­mé sous la monar­chie ?

La démo­cra­tie fait croire qu’elle a inven­té le droit de vote, c’est faux. On votait beau­coup sous l’Ancien Régime et sans doute plus qu’aujourd’hui. On votait dans les vil­lages, dans les métiers, dans les assem­blées de corps et les Par­le­ments. On votait sur toutes les ques­tions concrètes alors qu’aujourd’hui on accepte sans dis­cu­ter le dik­tat de l’administration cen­tra­li­sa­trice et ten­ta­cu­laire. Ce qui était dif­fé­rent, ce n’était pas le vote, c’était son objet. Et la monar­chie res­te­ra fidèle à ce prin­cipe. Elle ne pré­ten­dra pas pro­po­ser des votes sur des grandes ques­tions ou des pro­grammes en 110 points que per­sonne n’a lus.

En revanche, ne crai­gnant pas les liber­tés locales comme une menace pour son auto­ri­té, elle per­met­tra une vie civique active par des votes dans nos com­munes, dans nos régions, sur toutes les ques­tions qui nous touchent direc­te­ment.

6/ La monar­chie sera-t-elle démo­cra­tique ?

On sait l’importance qu’a ce label “démo­cra­tique” dans le monde moderne, on sait que dans l’idéologie offi­cielle il est syno­nyme de liber­té. Mais on sait aus­si que c’est der­rière lui que se sont cachés Sta­line, l’Amérique d’Hiroshima et de Naga­sa­ki, les « Répu­bliques démo­cra­tiques » qui, en extrême Orient, en Afrique ou en Europe de l’Est ont rui­né de nom­breux pays. On sait aus­si que par­tout où il y a démo­cra­tie, il y a réduc­tion du champ de liber­tés concrètes. La monar­chie n’étant pas un régime où l’on consi­dère le peuple, en tant que tel, désor­ga­ni­sé, comme le déten­teur des bonnes réponses à toutes les ques­tions sur les­quelles on s’interroge, ne se tar­gue­ra pas de ce label “démo­cra­tique”. Cela n’empêchera pas que les citoyens se feront entendre et dis­cu­te­ront dans les groupes dans les­quels ils vivent et tra­vaillent ; et la monar­chie ne gou­ver­ne­ra pas sans le consen­te­ment popu­laire. Mais il s’agira d’un consen­te­ment popu­laire orga­ni­sé et non d’un consen­te­ment popu­laire ato­mi­sé.

« La monar­chie c’est l’institution qui échappe à la com­pé­ti­tion du pou­voir et donc à la volon­té de puis­sance. »
Mau­rice Cla­vel, phi­lo­sophe

7/ Com­ment peut-on pen­ser que la trans­mis­sion héré­di­taire du pou­voir est meilleure que le choix du chef de l’État ?

Ce qui fait la force de la monar­chie, ce n’est pas une quel­conque « loi du sang » qui assu­re­rait les qua­li­tés géné­tiques du Prince dans le cadre de la trans­mis­sion du pou­voir de père en fils. Aucun Roi de France ni aucun théo­ri­cien de la monar­chie n’a jamais pré­ten­du cela. Si la trans­mis­sion héré­di­taire du pou­voir est bien plus sûre que le choix du chef de l’État, c’est que le Prince, quelles que soient ses qua­li­tés, occupe une posi­tion qui sera tou­jours meilleure que celle d’un can­di­dat qui aura dû se faire élire pour arri­ver au pou­voir. Pré­pa­ré au pou­voir depuis sa nais­sance, le Prince est atten­tif aux besoins de la com­mu­nau­té natio­nale et porte le des­tin de la nation comme sa vie même. Membre d’une famille dont le nom et l’histoire se confondent avec ceux de la France, il assure une média­tion active du peuple avec ses propres racines his­to­riques. Arri­vé à la tête de la nation par la nais­sance, il est tota­le­ment indé­pen­dant et échappe à la volon­té de puis­sance. Libre de la com­pé­ti­tion pour le pou­voir, il peut être arbitre, fédé­ra­teur et refu­ser la déma­go­gie.

« Un homme qui tra­vaille à assu­rer sa dynas­tie, qui bâtit pour l’éternité est moins à craindre que des par­ve­nus pres­sés de s’enrichir et de signa­ler leur pas­sage par quelque action d’éclat. »
Pierre-Joseph Prou­dhon

8/ Que signi­fie l’expression « monar­chie com­mu­nau­taire » ?

Nous défi­nis­sons la monar­chie comme étant com­mu­nau­taire pour mon­trer l’opposition qui existe dans sa nature avec la démo­cra­tie où les indi­vi­dus sont désor­ga­ni­sés, « libres et égaux », seuls face à l’État. En effet, la monar­chie gou­verne en pre­nant en compte face à elle des groupes, que ce soit au niveau géo­gra­phique (com­munes, régions), pro­fes­sion­nel (corps, conseils, chambres régio­nales), cultu­rel, social ou reli­gieux. La plus belle défi­ni­tion est sans doute la riche expres­sion de Maur­ras : « un syn­di­cat de familles qui vivent et non une somme d’individus qui votent ».

9/ Y aura-t-il sépa­ra­tion des pou­voirs ?

Les démo­crates ont cru que la sépa­ra­tion des pou­voirs était le meilleur moyen d’éviter la tyran­nie. Seule­ment les trois formes de pou­voir (exé­cu­tif, légis­la­tif et judi­ciaire) qui coha­bitent dans le corps poli­tique sont illi­mi­tées ; qu’elles se trouvent réunies dans la même main (c’est très sou­vent le cas dans la Ve Répu­blique) et le des­po­tisme rede­vient pos­sible. Ce sys­tème est tota­le­ment inef­fi­cace. Ce qui est essen­tiel, c’est de limi­ter les pou­voirs. C’est le prin­cipe même de fonc­tion­ne­ment de la monar­chie fran­çaise. Si les pou­voirs du roi s’exercent avant tout dans le domaine de l’arbitrage puisqu’il est « source de toute jus­tice », « apai­seur » selon le beau mot de Saint Louis, « char­gé d’accorder ses sujets les uns aux autres et tous ensemble avec lui », ces pou­voirs s’étendent aux domaines légis­la­tif et exé­cu­tif pour tout ce qui concerne la jus­tice, la poli­tique exté­rieure, les finances du pays, l’armée… etc. Mais il y est stric­te­ment can­ton­né. Les autres champs d’activité (édu­ca­tion, culture, vie éco­no­mique, admi­nis­tra­tion locale, reli­gion…) sont ren­dus aux com­mu­nau­tés et aux cel­lules vivantes du Pays réel qui elles aus­si les gèrent sur le triple plan légis­la­tif, exé­cu­tif et judi­ciaire. Ain­si les pou­voirs sont limi­tés et cha­cun n’est sou­ve­rain qu’en son ordre, sous l’arbitrage royal.

« Le roi n’est pas l’élu du peuple à un moment de son his­toire mais l’élu des siècles. Son pou­voir repose sur quelque chose de plus solide qu’une lubie du suf­frage uni­ver­sel, il s’appuie ce qu’il y a de plus solide au monde : une cou­tume. La royau­té a un côté pater­nel qui est exac­te­ment appro­prié à sa fonc­tion et qui ne se retrouve nulle part ailleurs, même dans une monar­chie dégui­sée en Répu­blique, comme celle que nous avons. Le roi est un père, sinon éter­nel, du moins per­ma­nent. »
Jean Dutourd, de l’Académie fran­çaise.

10/ Quelles seront les struc­tures poli­tiques fon­da­men­tales de la monar­chie ?

11/ Y aura-t-il embri­ga­de­ment de la jeu­nesse comme dans les régimes auto­ri­taires ? L’opposition sera-t-elle tolé­rée ? La liber­té d’expression sera-t-elle sup­pri­mée ?

Ce sont des ques­tions qu’on nous pose sou­vent, et avec la plus grande sin­cé­ri­té du monde. Pour­tant, soyons sérieux, qu’est-ce que cela peut signi­fier de rap­pro­cher ces méfaits dignes des rap­ports d’Amnesty Inter­na­tio­nal de la monar­chie fran­çaise qui res­pec­ta mille ans durant une tra­di­tion de liber­té et de res­pect des hommes qui ser­vit de modèle à l’Europe ? Rien d’autre que la vic­toire du bour­rage de crâne sys­té­ma­tique des médias et des profs.

12/ Qu’est-ce qui empêche la monar­chie de déri­ver vers le tota­li­ta­risme ?

Si l’on entend par tota­li­ta­risme la pos­si­bi­li­té pour l’État de s’introduire dans toutes les sphères de la vie humaine et sociale, on aura com­pris, en lisant les onze réponses qui pré­cèdent, que les obs­tacles qui empêchent la monar­chie de déri­ver vers le tota­li­ta­risme sont nom­breux. Ce n’est plus un régime où l’État est tout puis­sant face à des indi­vi­dus iso­lés et sans défense. (« Je ne peux rien faire, je suis tout seul » entend-on tous les jours au sujet des injus­tices et des méfaits de la démo­cra­tie). L’État royal, s’il est res­tau­ré dans son auto­ri­té, dans sa conti­nui­té et son indé­pen­dance pour tout ce qui concerne son domaine propre, est par­tout limi­té par des groupes sociaux, éco­no­miques et cultu­rels qui pro­tègent les per­sonnes contre d’éventuelles pré­ten­tions césa­ristes. De plus, la per­ma­nence du sou­ci poli­tique incar­née par le Prince rend l’État res­pon­sable, humain ; par lui la jus­tice et l’exercice des liber­tés rede­viennent pos­sibles. Cette incar­na­tion du Poli­tique, cette per­son­na­li­sa­tion du pou­voir forment sans doute la garan­tie la plus effi­cace, garan­tie qu’ignore l’État démo­cra­tique sourd et ano­nyme.

« On fini­ra bien par res­tau­rer la monar­chie un jour,
contre la dic­ta­ture et l’anarchie. »
Eugène Iones­co, de l’Académie fran­çaise

Éco­no­mie – socié­té

13/ Quelle sera l’organisation éco­no­mique de la monar­chie ?

Le réa­lisme poli­tique nous garde de don­ner trop d’importance à l’économie ; mais il doit tout autant nous gar­der de lui ôter son auto­no­mie. L’économie est un domaine propre de l’activité humaine, sou­mis à des lois qui ne se com­mandent pas, certes, mais ce n’est qu’une des formes de la vie sociale et non le fon­de­ment ou le prin­cipe de celle-ci. Les faits éco­no­miques doivent se sou­mettre aux lois natu­relles de la vie sociale, c’est-à-dire aux exi­gences, aux limi­ta­tions, aux règle­ments, en un mot au gou­ver­ne­ment que sup­pose la vie des hommes en socié­té. C’est sur ce res­pect des lois de la vie humaine que peut s’appuyer un ordre éco­no­mique véri­table. Ain­si ce sont un cer­tain nombre de prin­cipes poli­tiques qui pré­si­de­ront à l’établissement de l’ordre éco­no­mique sous la monar­chie.

14/ Donc l’économie sous la monar­chie res­te­ra libé­rale ?

Dire qu’il n’y a pas de prêt-à-por­ter éco­no­mique sous la monar­chie ne signi­fie pas le main­tien de l’anarchie libé­rale, au contraire. Le libé­ra­lisme, qui consti­tue une sépa­ra­tion par consen­te­ment mutuel de l’esprit et du monde, accepte dans l’économie le libre jeu de la nature, de ses ins­tincts et de ses excès, au mépris des valeurs d’arbitrage, de jus­tice et de droit. Et l’on voit quo­ti­dien­ne­ment les ravages d’une liber­té for­ce­née lais­sée aux mar­chands et l’influence de l’économie dans les autres domaines de la vie sociale. Cette cri­tique nous éloigne tout autant du mar­xisme, qui s’il com­bat les for­mules libé­rales, accepte l’idée d’une éco­no­mie auto­nome, comme fait fon­da­men­tal, n’obéissant qu’à des lois internes à son déve­lop­pe­ment.
« O Roi ! … Lais­sez donc ces ban­quiers avides ; ces avo­cats dis­pu­teurs, ces bour­geois ignobles, ces écri­vains infâmes, ces nobles flé­tris, tous ces gens-là, sire, vous haïssent, et ne vous sou­tiennent encore que parce qu’ils ont peur de nous. Ache­vez l’œuvre de nos rois, écra­sez l’aristocratie et le pri­vi­lège, conspi­rez avec ces pro­lé­taires fidèles, avec le peuple qui, seul, sait hono­rer un sou­ve­rain, et crier avec fran­chise : Vive le Roi ! »
Pierre-Joseph Prou­dhon « Lettre à Blan­qui »

15/ Fina­le­ment, quel sera le poids de l’État monar­chique dans l’économie ?

L’État monar­chique devra tenir compte, dans son action sur l’économie, d’un cer­tain nombre de prin­cipes poli­tiques et de la situa­tion par­ti­cu­lière de la France. On peut pen­ser que son inter­ven­tion dans l’économie se fera dans le cadre de deux fonc­tions.
1°) Sa fonc­tion pre­mière d’arbitre, et de réor­ga­ni­sa­teur, l’amènera tout d’abord à entre­prendre cer­taines réformes struc­tu­relles néces­saires et à aban­don­ner cer­taines fonc­tions usur­pées.
2°) En fonc­tion­naire de la socié­té, il inter­vien­dra comme acteur éco­no­mique de deux manières : contrô­leur d’abord, entre­pre­neur ensuite par la per­ma­nence d’un sec­teur public adap­té.
« Il n’y a pas de pri­vi­lèges, il n’y a que des ser­vices. Tel était le prin­cipe fon­da­men­tal de la monar­chie popu­laire fran­çaise. »
Georges Ber­na­nos

16/ Quel sera le rôle des syn­di­cats dans la vie éco­no­mique ?

Bien sou­vent, cer­tains esprits croient pou­voir oppo­ser notre volon­té d’instaurer une monar­chie sociale et notre refus des syn­di­cats actuels. En réa­li­té, c’est l’élément démo­cra­tique seul que nous vou­lons voir dis­pa­raître des syn­di­cats, confor­mé­ment à l’esprit de la monar­chie fran­çaise qui refuse de consi­dé­rer les indi­vi­dus selon des cri­tères pure­ment idéo­lo­giques. C’est au contraire la conver­gence d’intérêts qui pré­si­de­ra à la consti­tu­tion de syn­di­cats sous la monar­chie. Ces syn­di­cats débar­ras­sés des conflits poli­ti­ciens et des mani­pu­la­tions seront à même de faire valoir les droits des diverses caté­go­ries de tra­vailleurs des dif­fé­rents sec­teurs éco­no­miques sur les déci­sions rela­tives à l’avenir de leur acti­vi­té. Les syn­di­cats devien­dront ain­si des ins­ti­tu­tions stables capables de défi­nir au plus juste les moda­li­tés de tra­vail des uns et des autres et d’apaiser les ten­sions sociales.

17/ Réta­bli­ra-t-on une socié­té d’ordres ?

Deux choses font la monar­chie ; un esprit et des prin­cipes d’une part, l’incarnation dans une cer­taine réa­li­té poli­tique, his­to­rique, cultu­relle et sociale d’autre part. L’organisation du royaume en Cler­gé-Noblesse-Tiers-État cor­res­pond à une incar­na­tion. Or, ins­tau­rer la monar­chie ce n’est pas refaire ce qui s’est fait dans d’autres condi­tions mais incar­ner un esprit et des prin­cipes dans notre réa­li­té. La res­tau­ra­tion de la monar­chie sera donc la redé­cou­verte d’une condi­tion ins­ti­tu­tion­nelle, fonc­tion­nelle, et non la copie d’une orga­ni­sa­tion sociale pas­sée.

18/ Le peuple pour­ra-t-il agir sur la poli­tique et sur l’acte de gou­ver­ne­ment dans la monar­chie ?

Non seule­ment il pour­ra agir, mais il agi­ra plus et bien plus effi­ca­ce­ment que dans la démo­cra­tie libé­rale. Il inter­vien­dra à dif­fé­rents niveaux (muni­ci­pal, régio­nal, pro­fes­sion­nel, cultu­rel…). Comme nous l’avons dit, il n’interviendra pas ato­mi­sé mais orga­ni­sé. Il s’organisera en com­mu­nau­tés for­mées libre­ment, sans contraintes. Il y éli­ra ses res­pon­sables, ses repré­sen­tants dans les assem­blées locales et dans les corps convo­qués par le roi. Il pour­ra libre­ment gérer ses acti­vi­tés, admi­nis­trer ses affaires sous la pro­tec­tion d’un pou­voir royal équi­li­bré et indé­pen­dant. Son inter­ven­tion ne sera plus réduite à un bul­le­tin de vote accor­dé de temps à autre à un par­ti poli­tique mais rede­vien­dra active et res­pon­sable dans tous les domaines d’activité de la nation. Et cela grâce à la sta­bi­li­té et à la conti­nui­té du pou­voir royal qui ne crain­dra pas cette décen­tra­li­sa­tion des res­pon­sa­bi­li­tés.

« Les Capé­tiens sont la colonne ver­té­brale de notre his­toire. »
Fran­çois Mit­ter­rand, pré­sident de la Répu­blique, s’adressant à Jacques Atta­li au moment du mil­lé­naire Capé­tien.

19/ La Jus­tice sera-t-elle indé­pen­dante ?

Nous l’avons dit (ques­tion 9), le Roi de France est avant tout un jus­ti­cier. C’est une longue tra­di­tion. Alors que les Princes étran­gers, alle­mands ou anglais, étaient repré­sen­tés à che­val, bataillant et entraî­nant leurs troupes der­rière eux, les sceaux et les écus fran­çais nous montrent sou­vent un roi assis, repo­sé, tenant la main de la Jus­tice, sym­bole de son arbi­trage. Ain­si dans la monar­chie fran­çaise, la Jus­tice est-elle incar­née par un Prince déten­teur d’un pou­voir chré­tien, humain et équi­li­bré. Et son indé­pen­dance est à l’image de celle de cet homme qui, arri­vé au pou­voir par la voix dynas­tique, échappe aux forces d’argent, aux luttes d’intérêts et à la déma­go­gie. Ce sont là les prin­cipes fon­da­men­taux. Pour le reste, l’organisation et la répar­ti­tion des pou­voirs, le champ d’action judi­ciaire lais­sé aux diverses com­mu­nau­tés, la monar­chie sau­ra les ordon­ner avec sou­plesse et en vue du bien com­mun.

« La monar­chie, à nos yeux, ce n’est pas le pas­sé, c’est l’avenir,
elle nous appa­raît plus comme une ins­tau­ra­tion
que comme une res­tau­ra­tion. »
Georges Valois

20/ L’État sera-t-il laïc ?

La laï­ci­té n’a rien à voir avec la liber­té reli­gieuse. C’est une ten­ta­tive de can­ton­ner le fait reli­gieux au domaine pri­vé. La monar­chie fran­çaise, qui recon­naît une trans­cen­dance et pro­tège les per­sonnes à tous les niveaux, humain, social et spi­ri­tuel, ne sau­rait suivre une telle direc­tion. Elle recon­naî­tra les reli­gions et leur indé­pen­dance. Fran­çaise, elle don­ne­ra à la reli­gion catho­lique la place qui lui revient dans notre pays. Fidèle à sa tra­di­tion, (Hen­ri IV, Louis XVI), elle recon­naî­tra les reli­gions pro­tes­tantes et israé­lites. Atten­tive à son siècle, elle s’attachera à défi­nir la place de l’Islam dans la nation pour répondre avec plus d’efficacité que la Répu­blique laïque aux pro­blèmes de ce début du XXIème siècle. Enfin, la monar­chie res­pec­te­ra la dis­tinc­tion du spi­ri­tuel et du tem­po­rel en accor­dant la plus par­faite liber­té de conscience aux croyants comme aux libres pen­seurs dans le cadre du bien com­mun, ce que ne fait pas la Répu­blique qui tente d’imposer ses vues et concep­tions avec son ensei­gne­ment, sa culture et son infor­ma­tion cen­tra­li­sés.

21/ Que pour­ra entre­prendre la monar­chie face au pro­blème de l’immigration ?

La pre­mière chose à faire sera de mettre fin à la grande confu­sion qu’a semée la démo­cra­tie. La France reste un pays vieux de quinze siècles d’histoire, de tra­di­tions, de cou­tumes et de lois, et n’en déplaise à Har­lem Désir, cet héri­tage reste prio­ri­taire. Cela dif­fère des us et cou­tumes des étran­gers hôtes sur le sol fran­çais. La monar­chie sau­ra dis­tin­guer pour unir.
Ensuite, et cela ne s’oppose en rien avec ce que l’on vient de dire, il est néces­saire de mettre fin à la mytho­lo­gie répu­bli­ca­noïde et laï­carde qui veut que chaque beur passe dans un moule assi­mi­la­teur tri­co­lore pour qu’il n’y ait plus en France que des indi­vi­dus libres et égaux qui répètent en cœur « nos ancêtres les Gau­lois ». La for­mule a assez mon­tré son inef­fi­ca­ci­té et le plus sou­vent, la masse informe et déra­ci­née qui en résulte est plus atta­chée à Mac­Do­nald et au Coca-Cola qu’à Ver­cin­gé­to­rix.

La monar­chie com­mu­nau­taire n’étant pas déci­dée à ne prendre en compte que des indi­vi­dus, sau­ra voir dans les immi­grés des com­mu­nau­tés avec leurs habi­tudes, leur reli­gion, leurs pro­blèmes et leur situa­tion par­ti­cu­lière. Elle aban­don­ne­ra la sté­rile assi­mi­la­tion indi­vi­duelle et cher­che­ra une inté­gra­tion com­mu­nau­taire qui sera en fonc­tion des fac­teurs que nous avons décrits plus haut. Les étran­gers ne seront plus aban­don­nés à eux-mêmes et à la culture cos­mo­po­lite mais trou­ve­ront une place défi­nie dans la nation avec leurs droits et leurs devoirs.

« Je suis fils d’une lignée pay­sanne, on m’a appris la terre et l’importance de l’eau nour­ri­cière. Je sais la limite des champs et la lon­gueur exacte d’une jour­née de tra­vail d’homme. Rien n’est plus réa­liste que le Roi comme rien n’est plus simple que le maître du mas. Ce n’est pas la notion de puis­sance sur les choses et les gens, de la ferme et du royaume, c’est la forte et per­ma­nente res­pon­sa­bi­li­té de l’un à l’égard de l’autre. »
Mar­cel Jul­lian, jour­na­liste, ancien PDG d’Antenne 2

22/ La res­tau­ra­tion de la monar­chie remet-elle en cause la place de la France dans l’Union euro­péenne ?

La monar­chie fran­çaise est riche d’une longue tra­di­tion d’indépendance natio­nale. Contre l’empire, contre l’Angleterre ou la Papau­té, le roi de France s’est tou­jours pro­cla­mé « empe­reur en son royaume ». Une monar­chie moderne ne tra­hi­rait pas cet esprit et son prin­cipe empê­che­ra l’abandon de sou­ve­rai­ne­té dont rêvent les tech­no­crates euro­péistes. À cela il faut ajou­ter le fait que l’instauration de la monar­chie cor­res­pond au réta­blis­se­ment d’une auto­ri­té humaine et res­pon­sable, les rêves d’une France inté­grée de force à une Europe tech­no­cra­tique, éco­no­mique et pla­ni­fiée seraient vite dis­si­pés. Cepen­dant le prin­cipe monar­chique n’exclue abso­lu­ment pas de fruc­tueux échanges scien­ti­fiques, cultu­rels, éco­no­miques ou indus­triels avec nos pays voi­sins et même plus loin­tains. Mais ces rela­tions ne se feront plus sur une base idéo­lo­gique, elles seront humaines, fon­dées sur les affi­ni­tés que créent l’appartenance à une civi­li­sa­tion com­mune dont l’État royal com­pren­drait la néces­saire défense.

23/ Une France royale serait-elle en marge du sys­tème inter­na­tio­nal dans les domaines poli­tiques, éco­no­mique et stra­té­gique ?

Il est inutile de répondre sur une cari­ca­ture d’une France royale qui se serait mise au banc des autres nations et des divers orga­nismes inter­na­tio­naux, quelle que soient leurs valeurs, et qui vivrait en autar­cie, dra­pée dans un natio­na­lisme aveugle. Ce ne peut être rai­son­na­ble­ment la réac­tion de la monar­chie fran­çaise dont les huit siècles d’existence contiennent de nom­breux trai­tés d’alliances poli­tiques et mili­taires, trai­tés qui condi­tion­naient la pros­pé­ri­té et le rayon­ne­ment fran­çais. Il est clair que dans la tra­di­tion fran­çaise, la nation n’est pas la valeur la plus haute, qu’elle n’est pas un bien sou­ve­rain. Cepen­dant, et même si l’on peut regret­ter aujourd’hui l’ordre inter­na­tio­nal incar­né au Moyen-Âge dans la Chré­tien­té, ou dans une moindre mesure dans l’Europe du XVIIIe avant la Révo­lu­tion, il s’agit de recon­naître que dans l’état actuel du monde, la nation reste le cercle com­mu­nau­taire le plus éten­du qui soit orga­ni­sé et qui repré­sente une réa­li­té poli­tique, une enti­té à la fois véri­table et puis­sante.

Le propre de la monar­chie, c’est d’appliquer un prin­cipe simple, l’intérêt natio­nal, de pré­voir ce qu’un évé­ne­ment peut appor­ter de bon ou de mau­vais là ou réside l’intérêt de la France. Cela peut paraître aride. Il reste que l’instinct de conser­va­tion, le sou­ci de conti­nui­té et la sagesse, incar­nés au mieux par la monar­chie héré­di­taire, exi­ge­ront d’elle le main­tien du droit de la France, la négo­cia­tion des ententes et des accords rela­tifs à la vie com­mune (échanges inter­na­tio­naux par exemple) qui s’inscriront de la meilleure façon dans un ordre inter­na­tio­nal qui sera autre chose qu’un rêve paci­fiste ou un impé­ria­lisme dégui­sé.

« Qu’on le veuille ou non, la France est née royaume, elle ne tient que par ses ruines encore debout, et la répu­blique y loge non sans malaise : l’héritage lui fait mal, lui fait honte, elle vou­drait pou­voir s’en pas­ser, le balan­cer dans les ténèbres de la pré­his­toire. Elle en a contrac­té une espèce de délire conta­gieux qui nous pré­ci­pite vers la véri­té des autres, n’importe quelle véri­té pour­vu qu’elle ne porte pas l’odieux poin­çon de la croix et du lys. »
Jacques Per­ret

24/ Que pour­ra entre­prendre la monar­chie en matière d’éducation ?

Nous n’allons pas par­tir dans de grandes démons­tra­tions sur le sys­tème édu­ca­tif fran­çais. Il nous fau­drait plu­sieurs tomes. Nous nous conten­te­rons de poser les prin­cipes simples qui cor­res­pondent à l’esprit de la monar­chie et qu’elle sau­ra appli­quer à l’enseignement :

  1. Débar­ras­ser le débat édu­ca­tif des idéo­lo­gies per­ni­cieuses, ce qui sera pos­sible avec un État indé­pen­dant des par­tis.
  2. Rendre à la socié­té la ges­tion des affaires sco­laires abu­si­ve­ment confis­quée par l’État.
  3. Refu­ser de recou­rir aux solu­tions sys­té­ma­tiques, ce que fera la monar­chie fédé­ra­tive dans tous les domaines.

Cela vous paraît peut-être suc­cinct. Mais la monar­chie n’a pas la pré­ten­tion d’apporter des remèdes miracles. Elle est seule­ment la condi­tion sine qua non qui per­met­tra d’avancer là où s’arrête l’État démo­cra­tique blo­quée par sa dimen­sion idéo­lo­gique.

« Je ne crois pas au “sens de l’histoire”, je ne crois pas au pro­grès.
Je crois ce que je vois et qui est un for­mi­dable déve­lop­pe­ment
de la confu­sion en tout par­tout. La ques­tion est de savoir
si nous devons ten­ter d’adopter la monar­chie face à cette confu­sion
où si nous devons ten­ter d’en sor­tir. Et d’en sor­tir
dans tous les domaines. Le prin­cipe royal n’est pas seule­ment
poli­tique et struc­tu­rel, il est esthé­tique et spi­ri­tuel. »
Hen­ri Mon­tai­gu, his­to­rien et roman­cier

25/ Y a‑t-il un art propre à la monar­chie ?

Tout d’abord, on peut rai­son­na­ble­ment pen­ser à un effet sti­mu­lant sur la créa­tion et la conser­va­tion du patri­moine des larges liber­tés lais­sées par l’autorité royale aux forces vives de la nation. Ce n’est pas tout. En effet, l’instauration du prin­cipe monar­chique comme prin­cipe poli­tique va de paire avec l’instauration du « prin­cipe esthé­tique et spi­ri­tuel » (Mon­tai­gu) entre­te­nant et pro­lon­geant ce qu’il y a d’éternel dans notre civi­li­sa­tion. Or, qu’est-ce-qui, mieux que l’art, sym­bo­lise la per­ma­nence de l’homme en par­faite confor­mi­té avec la nature ? On nous dira que tout en matière d’art est par­fai­te­ment sub­jec­tif et que l’art est un exer­cice indi­vi­duel ; mais la notion de goût elle-même, tra­duc­tion d’une har­mo­nie per­çue, héri­tage d’œuvres anté­rieures, résul­tat d’expériences esthé­tiques d’un peuple, prouve que la créa­tion artis­tique révèle une conscience natio­nale, même si les chefs‑d’œuvre n’apparaissent qu’à tra­vers la supé­rio­ri­té natu­relle de quelques-uns. Voi­là pour le carac­tère col­lec­tif de l’art. Enfin, il est faux de croire que l’art s’élève en se confon­dant avec une quel­conque morale ou en se subor­don­nant à un but social, comme l’esprit révo­lu­tion­naire nous en a fait prendre l’habitude. On ne fait pas de bonne lit­té­ra­ture uni­que­ment avec un bon esprit, disait Bain­ville, le don ne rem­place pas les bonnes inten­tions. Voi­là com­ment quelques véri­tés natio­nales redé­cou­vertes par la res­tau­ra­tion monar­chique pour­raient nour­rir l’art fran­çais.

« Per­sonne n’a le droit, quand il a entre­vu une fois la véri­té reli­gieuse ou poli­tique de s’y sous­traire sous le fal­la­cieux pré­texte
qu’il est dif­fi­cile de l’obtenir. »
Léon Dau­det

26/ Quel régime actuel est le plus proche de la monar­chie que vous vou­lez ?

Com­pa­rer la France contem­po­raine à des pays étran­gers est tout à fait inop­por­tun. Notre réflexion porte sur notre pays, ses spé­ci­fi­ci­tés et ses pro­blèmes en cette fin de XXe siècle. Cer­tains aime­raient que nous dres­sions des com­pa­rai­sons avec l’Angleterre, l’Espagne ou la Bel­gique par exemple. Ce serait inutile tant leurs réa­li­tés sont dif­fé­rentes de la nôtre. Le seul rap­pro­che­ment qu’il nous semble pos­sible de faire c’est avec le régime qui, en mille ans, fit la France et la pla­ça à la tête de la civi­li­sa­tion : la monar­chie tra­di­tion­nelle fran­çaise dont les struc­tures ont dis­pa­ru mais dont l’esprit demeure.

27/ Com­ment pour­ra-t-on res­tau­rer la monar­chie ?

« Il peut se trou­ver qu’une crise grave débou­chant sur une para­ly­sie des pou­voirs se retourne à l’avantage de la France et pro­voque sou­dain un moment de sagesse et de réflexion. Le Roi pour­rait alors repré­sen­ter une solu­tion. » Hen­ri, Comte de Paris.

Notre tra­vail n’a d’autre but que de pré­pa­rer le Pays réel par l’action d’une mino­ri­té éner­gique et de lui faire com­prendre la néces­si­té du recours au Prince.

« Les came­lots du Roi, en 1910, étaient la pre­mière bande révo­lu­tion­naire d’Europe. C’étaient des gar­çons “de tous les milieux”, comme on dit, qui s’étaient habi­tués à la pri­son et consi­dé­raient la répu­blique comme un grand désordre géné­ral ; ils vou­laient l’accentuer, pour en gué­rir la France, par mille désordres par­ti­cu­liers. »
Roger Nimier « Le Grand d’Espagne »

28/ L’instauration de la monar­chie implique-t-elle un retour inté­gral à l’avant 89 ?

« S’accommoder de la Révo­lu­tion-fait, se dépê­trer de la Révo­lu­tion-idée. » Cette for­mule de Maur­ras devrait éclai­rer ceux qui s’interrogent sur le deve­nir du dra­peau tri­co­lore, du Pan­théon, des ave­nues de la répu­blique et autres sym­boles répu­bli­cains. Le but de la res­tau­ra­tion, c’est de retrou­ver des prin­cipes et non pas de faire revivre un XVIIIe siècle oublié. Il n’y aura donc pas de “retour inté­gral” mais une redé­cou­verte des prin­cipes éter­nels et un roi héré­di­taire qui sera à même de faire un tri “dési­déo­lo­gi­sé” de l’héritage révo­lu­tion­naire qu’on ne peut effa­cer.

« La jour­née du 10 août 1792, l’invasion des Tui­le­ries et l’arrestation de Louis XVI marquent une date funeste dans notre His­toire. Sans cette hor­rible jour­née, la France aurait pour­sui­vi, comme l’Angleterre, son déve­lop­pe­ment nor­mal sous le pal­la­dium des ins­ti­tu­tions monar­chiques, avec toutes les fortes dis­ci­plines qu’une tra­di­tion plu­sieurs fois sécu­laire enseigne à un peuple, et dont nous avons tant besoin. Le 10 août 1792 a rom­pu la chaîne des temps : ce fut un grand mal­heur (…) Main­te­nant que j’ai, hélas, le temps de médi­ter je me demande si l’erreur ini­tiale de la France ne date pas de l’exécution de Louis XVI. »
Ray­mond Poin­ca­ré, pré­sident de la Répu­blique

29/ Quel est votre pré­ten­dant au trône de France ?

Nous n’avons pas “notre” pré­ten­dant. Depuis le XVe siècle, la Cou­ronne est une réa­li­té consti­tu­tion­nelle à l’abri de toute volon­té indi­vi­duelle. Nous devons donc en res­pec­ter les règles de dévo­lu­tion. Celles-ci (héré­di­té, pri­mo­gé­ni­ture mâle, col­la­té­ra­li­té, légi­ti­mi­té, prin­cipes de catho­li­ci­té et natio­na­li­té) font de Mgr le Comte de Cler­mont l’aîné actuel de la mai­son de France. On peut ne pas être d’accord avec cer­taines de ses posi­tions ponc­tuelles qui pour­raient, sans doute, être dif­fé­rentes dans l’exercice de la fonc­tion royale, cela ne per­met pas de se tour­ner vers tel ou tel reje­ton de l’arbre capé­tien. On ne choi­sit pas son Roi.

Nous pré­ci­sons cepen­dant que, tra­vaillant pour l’avenir, notre espé­rance repose par­ti­cu­liè­re­ment sur le fils du Comte de Cler­mont, S.A.R. le Prince Jean de France, duc de Ven­dôme, qui se pré­pare acti­ve­ment au recours du Pays réel.

30/ Quel sera le pre­mier acte du Roi une fois la monar­chie res­tau­rée ?

Une nou­velle fois nous pour­rions être ten­tés de par­tir dans une longue démons­tra­tion. Pour­tant seul le Prince lui-même choi­si­ra ce qu’il fera. Et une fois sur le trône, il n’aura que faire des pré­vi­sions et des pro­grammes qu’auront éta­blis de zélés défen­seurs. La monar­chie n’est pas un prêt-à-por­ter. C’est peut-être dif­fi­cile pour nous de le dire, pour­tant il est pos­sible que le pre­mier acte du Roi de France soit de déchi­rer ces Trente réponses et de nous ren­voyer à nos affaires. Alors, il pour­ra régner, comme Charles VII après la guerre de Cent Ans, comme Hen­ri IV après les guerres de reli­gion, en Roi de France.

« En ce qui me concerne, Mon­sei­gneur, le terme est venu.
Vous, Mon­sei­gneur, demeu­rez intact, clair­voyant
et per­ma­nent comme l’est, et doit le res­ter pour la France
ce que Vous repré­sen­tez de suprême dans son des­tin. »
Charles de Gaulle, Lettre au Comte de Paris, 27 Décembre 1969

CAHIERS ROYALISTES

Les docu­ments d’Action Fran­çaise

Col­lec­tion Com­bat des idées :

  • Dic­ta­teur et roi par Charles Maur­ras
  • Idées roya­listes par Charles Maur­ras
  • Libé­ra­lisme et liber­tés par Charles Maur­ras
  • Maur­ras et la pen­sée d’Action Fran­çaise par Mau­rice Tor­rel­li
  • Médi­ta­tion sur la poli­tique de Jeanne d’Arc par Charles Maur­ras
  • La poli­tique natu­relle par Charles Maur­ras
  • Cahier de cercles de niveau I
  • Nos maîtres, C. Maur­ras et P. Bou­tang par A. Cla­pas et F. Mar­cil­hac
  • Les faux Maur­ras par Roger Joseph et Fran­çois Mar­cil­hac
  • Si le coup de force est pos­sible par Hen­ri Dutrait-Cro­zon et Charles Maur­ras

Col­lec­tion Actua­li­té :

  • Pour­quoi s’engager à l’Action Fran­çaise ?
  • Immi­gra­tion : ren­dons les Fran­çais à la France par le Bureau Poli­tique
  • Dix axes de salut natio­nal par le Bureau Poli­tique
  • Trente réponses à un lycéen sur la monar­chie par Sébas­tien Lapaque
  • L’Europe contre la nation fran­çaise par Antoine Cla­pas
  • Glo­ba­li­sa­tion et amé­ri­ca­ni­sa­tion par Charles Saint-Prot
  • La dés­in­for­ma­tion par Fran­çois Lamy
  • La décen­tra­li­sa­tion, le para­dis per­du par Louise Bobillard

Col­lec­tion Socié­té et éco­no­mie :

  • Hen­ri Lagrange et le Cercle Prou­dhon par Jérôme Bes­nard
  • ABC du roya­lisme social par Fir­min Bac­con­nier
  • La Répu­blique ouvrière par Charles Maur­ras
  • Face à l’offensive néo-libé­rale par Antoine Cla­pas
  • Guide juri­dique par Camille Berth

Col­lec­tion His­toire :

  • Jacques Bain­ville ou « L’intelligence de l’Histoire » par Charles-Hen­ri Hubert
  • His­toire de l’enseignement en France par Antoine Cla­pas
  • His­toire des Came­lots du Roi par Guy Stein­bach
  • Car­net de chants roya­listes