L’Action fran­çaise est ani­mée par une double pré­oc­cu­pa­tion : elle entend pré­pa­rer la res­tau­ra­tion de la monar­chie et, dans l’attente du retour du roi, œuvrer pour la défense de l’intérêt natio­nal.

La res­tau­ra­tion de la monar­chie

C’est en jugeant les ins­ti­tu­tions selon leur capa­ci­té de faire vivre la nation fran­çaise ou de la conduire à la déca­dence que les fon­da­teurs de l’Action fran­çaise ont conclu à la néces­si­té de res­tau­rer la monar­chie. Le natio­na­lisme conduit logi­que­ment au roya­lisme. La France est le fruit de la poli­tique capé­tienne, pour­sui­vie durant plus de huit siècles. Aujourd’hui, la monar­chie confé­re­rait à l’État des qua­li­tés béné­fiques :

L’unité

Sans celle-ci, il ne sau­rait y avoir d’autorité véri­table et qui est indis­pen­sable pour garan­tir l’indépendance natio­nale. Au contraire, la démo­cra­tie divise les fran­çais et entre­tient un état de guerre civile lar­vée. Les inté­rêts supé­rieurs du pays sont sacri­fiés aux luttes par­ti­sanes.

La conti­nui­té

Les suc­ces­sions pai­sibles, consé­quences de l’hérédité du pou­voir. Ain­si des objec­tifs à long terme peuvent-ils être atteints. La conti­nui­té du pou­voir monar­chique durant huit cents ans contraste avec l’instabilité ins­ti­tu­tion­nelle des deux der­niers siècles.

L’indépendance

Elle est la qua­li­té d’un régime qui ne repose pas sur l’élection, laquelle lie le pou­voir à l’opinion publique, l’obligeant à pra­ti­quer une déma­go­gie éhon­tée pour recueillir des suf­frages. Le régime élec­tif est ain­si obli­gé de cen­tra­li­ser l’administration du pays. Il détruit les liber­tés locales, muni­ci­pales, régio­nales, pro­fes­sion­nelles, toutes ces petites répu­bliques à qui le Roi per­met­tait de vivre et de s’organiser libre­ment. Déga­gé des sou­cis élec­to­raux, il serait en situa­tion d’être un arbitre.

La res­pon­sa­bi­li­té

Les inté­rêts dynas­tiques et per­son­nels du Roi se confondent avec les inté­rêts natio­naux, tan­dis que le pou­voir démo­cra­tique dilue la res­pon­sa­bi­li­té dans des majo­ri­tés et des scru­tins.

La légi­ti­mi­té

C’est-à-dire un pou­voir s’exerçant en vue du seul bien com­mun, indé­pen­dant des groupes d’intérêts et des puis­sances d’argent. L’État royal puise sa légi­ti­mi­té dans l’histoire et les ser­vices qu’il a ren­dus au pays au cours des siècles. Il n’y a pas de légi­ti­mi­té en démo­cra­tie puisque le pou­voir est le fruit des com­pé­ti­tions élec­to­rales et que les par­tis l’exercent selon les caprices de l’opinion.

Ces véri­tés poli­tiques, que la réflexion découvre, sont confir­mées par l’histoire. La monar­chie tra­di­tion­nelle, chré­tienne, héré­di­taire, décen­tra­li­sée et repré­sen­ta­tive a fait la France et l’a conduite à son apo­gée.

Le bilan des régimes démo­cra­tiques, Répu­bliques ou Empires, est autre­ment lourd : nom­breuses inva­sions depuis 1792, insta­bi­li­té consti­tu­tion­nelle, luttes intes­tines et révo­lu­tions, affai­blis­se­ment géné­ral de la France.

L’Action fran­çaise tra­vaille donc à chan­ger les ins­ti­tu­tions poli­tiques. Ayant condam­né le régime répu­bli­cain, elle s’emploie à en débar­ras­ser la nation. Ayant recon­nu dans la monar­chie la véri­té his­to­rique de la France, elle s’efforce de la res­tau­rer en la per­sonne du Chef de la Mai­son de France.

La défense de l’intérêt natio­nal

Roya­listes parce que natio­na­listes, les adhé­rents de l’Action fran­çaise s’appliquent à défendre l’héritage en l’absence de l’héritier. Ils essaient de limi­ter les méfaits répu­bli­cains en les dénon­çant par la pro­pa­gande et en les com­bat­tant par l’action.

Ils pra­tiquent à l’occasion le « com­pro­mis natio­na­liste », c’est-à-dire l’entente avec tous les patriotes pour mener telle ou telle cam­pagne d’intérêt public.

Parce que la nation consti­tue le plus vaste des cercles com­mu­nau­taires qui soit, au tem­po­rel, solide et com­plet, l’Action fran­çaise défend la France et ses pro­lon­ge­ments outre-mer contre toutes les agres­sions inté­rieures et exté­rieures.

En conclu­sion, l’Action fran­çaise convie tous les fran­çais à se ras­sem­bler sur le seul ter­rain poli­tique afin de sau­ve­gar­der la nation fran­çaise et lui rendre les ins­ti­tu­tions qui garan­ti­ront sa péren­ni­té. Seule la monar­chie répond aux besoins d’autorité, de liber­tés et de repré­sen­ta­tion du pays réel et peut per­mettre à la France de faire face aux enjeux du monde moderne.