Menu contextuel

Liens complémentaires

Informations

Lettre d'info

Recevez la lettre électronique du CRAF :


Accueil > Presse > Editoriaux

Banlieues, transports, universités

Intérêt national d'abord !

Par Michel Fromentoux

Une banlieue qui commence à brûler, une grande grève des transports dont on ne sait si elle est “suspendue” ou réellement terminée, des facultés encore bloquées par des syndicats étudiants... et, pour gérer tout cela, un président de la République parti parler “gros sous” avec les Chinois et se préparant à signer, probablement le 13 décembre, le fameux “mini-traité” européen de Lisbonne qui réduira la souveraineté de la France et donc les possibilités pour celle-ci de résoudre elle-même et selon son génie propre les crises qu'elle traverse.

L'heure n'est pas à l'euphorie en cette fin 2007, et la prétendue miraculeuse “méthode Sarkozy” a du plomb dans l'aile.

De nouveau les banlieues...

Nous espérons encore en ce mardi matin que  l'embrasement soudain de Villiers-le-Bel ne provoquera pas une montée de la violence dans les banlieues comme on en connut il y a juste deux ans. Il faut toutefois réfléchir sur le fait qu'il ait suffi que deux jeunes imprudents roulant trop vite et sans casque en mini-motocross  se télescopent  malencontreusement avec une voiture de police et qu'ils y trouvent la mort, pour qu'aussitôt les “jeunes” de la cité et des cités environnantes accusent les policiers de meurtre et déclenchent une émeute sanguinaire. Beaucoup croyaient que ces horreurs ne se reproduiraient plus parce que depuis deux ans les gouvernements avaient versé beaucoup d'argent aux banlieues difficiles. Comme si des moyens matériels pouvaient, à eux seuls, offrir à des populations déracinées le sentiment d'appartenir à une patrie.... On le sait aujourd'hui : l'intégration n'est pas partout pour demain.

Bien sûr M. Sarkozy, au pouvoir depuis seulement six mois, ne peut avoir résolu un  problème aussi profond. Mais en a-t-il pris au moins le chemin ? Se rend-il seulement compte de la grande réforme intellectuelle, morale, éducative qui s'impose d'urgence ?

Le malheur dépasse de beaucoup les questions de police ou d'équipement : ces populations, par l'école,  par les médias, par le spectacle même de la rue, voient le plus souvent la France comme un pays apostat, qui ne montre nulle fierté de son passé, qui même se repent d'avoir été l'un des flambeaux de la civilisation, un pays, en somme, qui n'a rien de grand à transmettre. C'est ainsi que la France se prive elle-même des moyens de se faire respecter et aimer de populations auxquelles nos élites politiques, intellectuelles, et même souvent, hélas, religieuses, sont incapables de faire comprendre qu'être Français, cela se mérite  comme un honneur.

Le fait qu'à Villers-le-Bel,  les “jeunes” se soient acharnés à incendier, outre les voitures, une école et une bibliothèque toute neuve donne toute la mesure de cette haine à l'égard d'une France qui ne sait pas faire goûter sa culture parce qu'elle semble ne plus y croire elle-même.

Qui plus est, ceux qui gouvernent cette France semblent n'avoir de cesse d'abandonner le destin national à une Europe apatride et désincarnée qui ne représente absolument rien à leurs yeux.... Comment, dès lors, avoir envie de s'intégrer à un pays qui lui-même se désintègre et se liquéfie ?

N'oublions pas que, quelques jours avant, la  Marseillaise avait été sifflée au stade de France lors d'un match France-Maroc et cela, dit Ivan Rioufol dans Le Figaro du 23 novembre, « dans l'indifférence générale », le public ne soutenant « que les footballeurs musulmans ». C'est dire combien il est grave que le pouvoir lui-même pousse à la déliquescence du sentiment national.

Les “égoïsmes catégoriels”

Ivan Rioufol, dans le même article, rapproche cette Marseillaise sifflée du « comportement insurrectionnel » d'une extrême gauche qui, n'hésitant pas à saboter les voies ferrées, s'est obstinée à entretenir  dans le pays un « égoïsme catégoriel » poussant jusqu'au dernier moment les grévistes de la SNCF et de la RATP à durcir leurs positions.

Bien sûr l'immense majorité des Français qui en avaient assez de “marcher” (dans les deux sens du mot : mettre un pied devant l'autre et se laisser duper), ou d'aller à bicyclette ou de poireauter sur un quai de gare, se sont  réjouis de la fin (?) des grèves de novembre. Les commentateurs, pour leur part, ne cessent de louer la “méthode Sarkozy”. À bien observer les choses, il semble qu'une fois encore, l'esbroufe ait tenu lieu de règle de conduite : M. Sarkozy devait absolument avoir le dernier mot pour ne pas perdre la face devant l'opinion, mais le tissu national n'en sort nullement renforcé.

Car il se flatte de n'avoir pas cédé tout en se vantant d'en être arrivé à ce que dans ce conflit il n'y ait « ni vainqueurs ni vaincus ». En fait le président n'est pas un adepte du principe est est no no : pour lui une chose peut cohabiter avec son contraire, ce qui est vrai avec ce qui est faux, des affirmations justes et nécessaires avec la négation de ces affirmations. Ainsi a-t-on, au plus fort des grèves, réclamé non pas la reprise du travail, mais demandé une « dynamique de reprise du travail » (sic).... Ainsi M. Sarkozy a-t-il pu soutenir que la réforme des “régimes  spéciaux”  était indispensable  sans donner tort à ceux qui la refusaient mordicus. C'est pourquoi il fait procéder durant ces deux semaines  à une foule de négociations en vue de “compensations”, “accommodements” “adaptations”, “aménagements” (compte-épargne, accompagnement des fins de carrière, compléments de retraite) dont certains sont  légitimes mais qui, envisagés dans un climat de surenchère, finiront par coûter cher au budget français et par substituer  des “privilèges” à d'autres “privilèges”. Avec cela quid du “service minimum” qui avait été annoncé comme déjà une victoire du quinquennat ?

Il ressort aussi de ces journées de grève que les syndicats officiels, soudain convertis au réformisme, ne représentent et donc ne contrôlent plus leur “base “, nettement révolutionnaire. Dans un pays qui, au nom de principes guidés par un individualisme foncier ne disposent pas de vraies organisations professionnelles, l'évolution vers toujours plus de lutte des classes peut-elle être empêchée ?

Non à la mondialisation des intelligences

Autre domaine où la méthode Sarkozy révèle sa nullité : celui de la réforme universitaire . Des gauchistes irresponsables  et tout à fait minoritaires “bloquent” certaines facultés, exerçant  une sorte de terrorisme sur les étudiants qui veulent aller en cours. Ils prétendent s'opposer à la loi Pécresse sur l'autonomie des universités qu'ils n'ont pour la plupart même pas lue. Les agitateurs patentés savent que depuis vingt ans tous les gouvernements ont cédé devant l'agitation étudiante. M. Sarkozy fera-t-il exception ? D'ores et déjà l'homme “qui ne recule pas”, a cédé au moins pour un point, celui de la sélection à l'entrée de l'université. L'idéologie est toujours là : entrer en fac ne se mérite pas, c'est un droit.

Le système d'autonomie établi par la loi Pécresse met tout simplement les universités sous la coupe  des puissances d'argent, les féodalités anarcho syndicales ont ainsi toute latitude pout y imposer leur loi et pour formater les esprits dans le sens de la mondialisation , ce que les jeunes d'Action française dénonceront vigoureusement ce samedi 1er décembre dans une réunion publique en définissant ce que devrait être la véritable autonomie  : la possibilité hors de la tutelle de l'État, de retrouver un esprit de corps, qui permette à chaque  université, par le libre choix des programmes et des recrutements, de s'élever à l'excellence. Il est temps d'en finir avec les idéologies égalitaristes.

Crise des banlieues, crise sociale, crise universitaire...  Toute crise est destinée à sombrer dans des compromis jamais satisfaisants tant qu'aucune instance, aucune force, aucune autorité  indépendante vis-à-vis  des clans, des groupes de pression et des humeurs de l'opinion n'est là pour placer les négociations  sous le seul  terrain du bien commun national. M. Sarkozy peut bien bomber le torse, ni la république ni son gadget de “mini traité européen” ne lui donneront la possibilité de faire beaucoup mieux. La vraie crise est d'abord celle du régime.



Centre royaliste d'Action française

10 rue Croix-des-Petits-Champs - 75001 Paris

Mentions légales