Franc-macronie avant la lettre

Par David Gattegno

Il faudrait retracer « l’itinéraire » de Jack Lang, sans censure aucune… Révulsé, révolté, horrifié, depuis toujours, par ce répugnant snob, je ne peux m’empêcher de ruminer deux ou trois choses qu’il traîne avec lui et dont j’ai beaucoup trop eu vent, dans l’temps, tandis que l’on n’en voulait pas trop parler dans le détail…

Outre son parcours scolaire de p’tit bourgeois nantis dans le sillage des vulgaires cochonneries sartriennes pré-soixante-huitardes, outre son début d’carrière z’universitaire, il a commencé dans la culture (« la culture avec un cul ! », disait Roger Blin) en créant et animant le fumeux Festival de théâtre universitaire international de Nancy… Dans le cadre de celui-ci, il a fait ses premières armes ès-escroqueries intellectuelles et petits sous mesquins qui font les grandes fortunes sociales. Ainsi, invitait-il des troupes étrangères, sauf que, sans doute par souci d’économie budgétaire, au lieu de leur rembourser les frais de voyage, il les laissait en plan sur le territoire nancéen, sans un fifrelin pour prendre le premier train. Il en avait fait une telle impeccable règle comptable que, au bout de peu de temps, il en vint à faire dans son pantalon, parce que toute cette jeunesse théâtrale des antipodes et de plus près nourrissait à son égard divers projets, afin de lui casser la figure aussi proprement et radicalement que possible. Il lui a donc fallu payer ses dettes, sous peine de se faire égorger à un coin d’rue. Il paya donc, mais, toujours économe, il a choisi alors de piocher dans les poches des institutions qui avaient été mises à la portée de sa main par ses petits copains socialistes – qui « lui en devait une » et on ne se demande guère « laquelle » était cette « une » dont on lui était redevable… Par exemple, s’il vous plaît : lorsqu’il a subitement pris fantaisie à monsieur Hubert Nyssen – un Belge, s’il vous plaît – de créer une maison d’édition en France, eh bien ! du jour au lendemain, celui-ci a pu bénéficier d’une campagne promotionnelle considérable permettant à Actes-Sud de devenir une officine très considérable en deux coups de cuiller à pot. C’était à la fin des années 1970, et je me rappelle très bien m’être beaucoup étonné de cette croissance extrême et rapide et m’être interrogé sur quel art et sur quelle manière pouvait bien reposer l’exponentialité de cette croissance éditoriale… Et voilà que, une dizaine d’années plus tard, la très excellente Claude Mopomé (réellement excellente) invite le gars Nyssen à palabrer avec elle dans son émission de France Musique « Comment l’entendez-vous ? »… Or, dans le cours de l’entretien, il échappe au Belge naturalisé français vite fait que, je cite : « Jack Lang et moi, nous avons l’habitude de passer nos vacances ensemble ». Allons bon ! que j’me dis alors intérieurement, c’est donc ça qui a pu faire qu’il fut tant fait en faveur de la maison Actes-Sud. Mais, ma foi, je ne cherche pas à savoir si ces « vacances » dont ils étaient ensemble accoutumés, ils les passaient à Marrakech… Je ne le sais pas, du reste. Mais tout de même ! On ne peut que comprendre ensuite par quel chemin Françoise Nyssen, fille de l’Hubert, a pu trouver la voie jusqu’à la tête du ministère de la Culture, poste dont elle a dû démissionner, si on se le rappelle, pour une petite malversation financière de derrière les fagots, dont je ne me rappelle plus exactement le détail : « bon chien chasse de race », dit-on.

Il y a de ces coups d’pouce dans la carrière des uns et des autres dont on est en droit de se demander ce qui a bien pu les leur valoir… Pour le Black Djaque à la langue pendante, il vient tout bêtement de ses père, grand-père et autres – « ah ses aïeux ! » – francs-maçons d’antécédents, qui le firent entrer dans la carrière en question aussi tôt que possible, afin que ce lui fût profitable. Et, profitable ce lui a bel et bien été… Aussi rapidement qu’un Belge d’Hubert Nyssen, il a pu se retrouver à la tête du plus considérable complexe théâtral français, le Palais de Chaillot, Palais de Chaillot phagocyté par la franc-maquerie du haut au bas de l’échelle des salaires, à commencer par un quidam que j’ai un peu connu, André-Louis Périnetti, à continuer par son administrateur – que, quant à lui j’ai beaucoup connu, pour le coup – Rémi Azzolini (très excellent homme, je le dis), à continuer par le comité de lecture, présidé par un pseudo-dramaturge, spécialiste universitaire d’Alfred Jarry et des avant-garde, mais, surtout « haut gradé » du Grand Orient, je veux parler d’Henri Béhar, qui fut l’âme damnée de Chaillot pendant certainement plus longtemps que je ne l’imagine. Bref, le gaillard cadavérisé par l’avant-garde esthétique dont on parle en ce moment a bénéficié des rouages maçonniques pour son ascension socio-culturelle dans des proportions que l’on ne saurait mesurer complètement, et ce en « échange » de certains services, au sujet desquels je suis fondé à pouvoir envisager qu’ils l’ont apparenté à un Epstein avant la lettre, disposant d’une île qui ne valait pas celle détenue par Epstein dans les Caraïbes, également lieu de la société « hofshore » des deux sales loustics qui a imposé l’exfiltration in extremis de sa progéniture et l’enquête du PNF – ce qui n’est que broutille, au fond, par rapport au reste. Pas d’une île « vierge » quelque part non loin des Sargasses pour le président de la Maison du monde arabe, mais quelque pied à terre à Marrakech, non loin, sans doute, de ceux des Strauss-Kahn et autres buses de même farine à traçabilité française…

On sait que la mitterrandouillerie croulait sous la pesante maçonnerie du plexiglas moderniste (Pyramide du Louvre, Grande Bibliothèque, je ne sais plus trop quoi d’aussi architectement bête et « universel » dans le coin des Invalides, etc.). Et c’est ainsi que le Langue bien pendue est allé lécher le train de tout ce qui passait à portée, et il a léché, baisé le train du bouc, avec une telle application qu’il a institutionnalisé les viles pratiques magiques de la lubricité élémentaire des pissotières, et ce de manière quasi indéboulonnable, par manière de « gay-pride » et autres commémorations libidineuses mondialisées, qui ont conduit à ce qu’un président en arrive à se godelurer publiquement au milieu d’une bande de racisés organisée sous l’étendard des bas résille pour tous, produits machiniques des multiples PMA auto-sodomites dont le ministre de la Culture a fait les expériences.

On sait, par un autre Mitterand (dans le nom duquel les r ou les t diffèrent en nombre, sauf erreur), on sait par celui-là – encore un ministre de la Cul-ture à l’appel, i’n’y manque p’us, dans la pelletée, que l’Con-Bandit –, on sait donc un certain nombre de choses indiquées dans des espèces de « Mémoires » ou de « Journal » que l’on se rendait au Maroc pour y consommer des gamins plus ou moins pubères… Mais enfin, que diable ! ce n’était que de la consommation « festive » – très peu de trafic, sinon pour consommation personnelle autofinancée et, donc, parfaitement tolérable pour les autorités judiciaires, sans doute. On en a même fait des pétitions – comme quoi rigoureusement personne ne pouvait rien ignorer, que diable !, encore une fois –, pétitions dont on peut documenter précisément qui furent les signataires, les instigateurs (jusqu’à une pédopsychiatre célébrissime et adulée), pétitions destinées à « libérer » sexuellement les enfants, et ce sous la gouverne (pédopsychologique, pour sûr) d’adultes, triés sur le volet par les autorités scientifiques compétentes, adultes vérifiés en tant que sûrs partisans du progrès et connaissant parfaitement ce qui devait leur faire du bien et les amener ainsi à évoluer harmonieusement dans le sens du bonheur universel maçonnico-communiste.

Pour en finir avec toute cette cochonnerie, rappelons le commentaire public du grand maître des cérémonies – ou délinquant sénile, selon que les points de vue soient progressistes ou réactionnaires –, commentaire relatif à la mésaventure vécu par le petit copain Strauss-Kahn pris l’engin dans l’sac à Nouillorque ; le président de l’Institut du monde arabe s’est alors fendu la poire en déclarant, hilare : « Rien de plus qu’une affaire de boniche qui s’est faite troussée dans un coin ».

Pour moins que cela, j’en connais, dont moi, qui envisage(nt) très sérieusement de mettre en œuvre le propos d’Antonin Artaud : « le mettre une nouvelle fois, mais la dernière, sur la table d’autopsie, pour lui refaire son anatomie ».

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