Valé­rie Pécresse, ou l’anti-français…

Valé­rie Pécresse, ou l’anti-français…

Par Ilyes Zoua­ri

Nous connais­sons bien Ilyes Zoua­ri, inlas­sable défen­seur de la langue fran­çaise et de la fran­co­pho­nie. Aujourd’hui, il nous révèle une affaire scan­da­leuse et signi­fi­ca­tive de la mon­dia­li­sa­tion des esprits et de la sou­mis­sion cultu­relle de nos « élites » à l’anglomanie. Que repré­sente la France pour ces gens qui ne se consi­dèrent pas comme des élus, mais comme des « mana­gers », en dehors d’une vision étri­quée comme une « start up nation » ? (NDLR)

(…et tout cet achar­ne­ment pour ne pas don­ner un nom en fran­çais à un simple passe)

Chers amis, 

Je vous trans­fère par ce cour­riel le com­mu­ni­qué de l’AFRAV, une des rares asso­cia­tions cou­ra­geuses et véri­ta­ble­ment mili­tantes en matière de défense de la langue fran­çaise, et donc de notre iden­ti­té et des inté­rêts supé­rieurs de notre pays.

Afin d’imposer le déno­mi­na­tion « Navi­go Easy », la région Île-de-France, pré­si­dée par Valé­rie Pécresse, a pré­pa­ré un mémoire de 2,7 kg (!), tout en deman­dant à ce que l’association, certes très active mais au bud­get plus que modeste, soit condam­née à lui ver­ser la somme de 10 000 euros. 

Comme vous le savez déjà si bien, la jus­tice de notre pays est une ins­ti­tu­tion sou­vent « hors la loi », sou­mise non pas aux textes de la loi mais aux pres­sions poli­tiques, et tris­te­ment digne d’une Répu­blique bana­nière. Et ce qui est vrai pour bien des domaines que nous connais­sons déjà fort bien, l’est donc éga­le­ment en matière de défense de la langue fran­çaise, autre pilier de notre socié­té et de notre iden­ti­té. Nous ne sommes pas au Qué­bec, où la loi est la loi…

Les expé­riences vécues ces der­nières années par les asso­cia­tions de défense de la langue fran­çaise, dont l’AFRAV en par­ti­cu­lier, face à une jus­tice qui excelle sou­vent dans l’art de trou­ver des argu­ments far­fe­lus et sau­gre­nus afin d’empêcher l’application de la loi, démontrent bien que le risque de voir cette asso­cia­tion être à la fois débou­tée et condam­née à ver­ser une somme d’argent est bien réel.

Sou­te­nons donc l’AFRAV et relayons mas­si­ve­ment le com­mu­ni­qué de cette asso­cia­tion, dont le seul tort est d’exiger le res­pect et l’application de la loi fran­çaise (pour­tant ô com­bien peu ambi­tieuse, com­pa­rée aux lois qué­bé­coises en la matière…).

Pour finir, rap­pe­lons que Mme Valé­rie Pécresse ne manque pas une occa­sion de s’attaquer à la langue fran­çaise, voire de mener une poli­tique d’éradication. Ain­si, il convient de savoir que Valé­rie Pécresse :

- s’était déjà vu décer­ner le prix de la Car­pette anglaise en 2008 (dont je fais par­tie du jury depuis peu) pour avoir mili­té acti­ve­ment, en tant que ministre de la Recherche et de l’En­sei­gne­ment supé­rieur, en faveur de l’éradication de la langue fran­çaise au sein de nos uni­ver­si­tés, en encou­ra­geant la mise en place de for­ma­tions exclu­si­ve­ment en langue anglaise (notam­ment pour soi-disant atti­rer des étu­diants étran­gers, alors que l’intérêt supé­rieur de notre pays sur le long terme exige de « fabri­quer » des élites fran­co­phones, et non pas uni­que­ment anglo­phones, qui ser­vi­ront tout ou tard et d’un manière ou d’une autre les inté­rêts des pays anglo-saxons). Ce prix lui avait aus­si été décer­né pour son atti­tude favo­rable à l’anglicisation des ins­ti­tu­tions de l’Union européenne. 

- avait décla­ré que « l’an­glais ne devrait plus être une langue étran­gère en France », ou encore que « notre culture rayonne d’autant mieux qu’on s’exprime dans la langue de l’autre » (si seule­ment les Anglo-Saxons avaient rai­son­né ain­si au cours des deux der­niers siècles…).

- avait osé trai­ter les défen­seurs de la langue fran­çaise de « lob­by de la langue fran­çaise », lors d’un pas­sage sur la chaîne de télé­vi­sion du Senat, en 2008.

- a déjà mul­ti­plié les déno­mi­na­tions en anglais d’événements orga­ni­sés par la région Ile-de-France, démon­trant que le cas du Navi­go Easy est loin d’être iso­lé. En novembre der­nier, M. Yves Mon­te­nay, vice-pré­sident de l’association « Ave­nir de la langue fran­çaise », avait déjà écrit à Valé­rie Pécresse au sujet de l’utilisation exclu­sive de la langue anglaise pour la dési­gna­tion de toutes les acti­vi­tés devant avoir lieu lors d’une jour­née consa­crée à la créa­tion d’entreprise (Entre­pre­neur Coa­ching Day, avec au pro­gramme : Key­notes, Mas­ter classes, Coa­ching et Net­wor­king). Tota­le­ment inima­gi­nable au Qué­bec, par exemple.

- enfin, et venons-en main­te­nant au meilleur et plus révé­la­teur : si lors du dévoi­le­ment du slo­gan choi­si par la France pour les jeux olym­piques de 2024, beau­coup s’étaient offus­qués du choix ridi­cule de l’anglais, un autre évé­ne­ment sans doute plus cho­quant encore était pas­sé lar­ge­ment inaper­çu, à savoir le compte à rebours qui avait pré­cé­dé l’af­fi­chage du slo­gan… un compte à rebours lui aus­si en anglais !! Incroyable mais vrai. Là encore, une volon­té claire et nette d’éradiquer, de faire dis­pa­raître tota­le­ment la langue fran­çaise, de la part de res­pon­sables poli­tiques incom­pé­tents, médiocres et qui ont, qu’on le veuille ou non, « quelque chose d’anti-français ».

www.youtube.com/watch?v=mwBssikovZY

Obser­vez bien cette vidéo, et gar­dez-la en mémoire. Bien que trop courte hélas, cette vidéo de Valé­rie Pécresse et de ses « com­pa­gnons de la col­la­bo­ra­tion » résume à elle seule toute la médio­cri­té de la classe poli­tique qui gou­verne notre pays depuis de trop nom­breuses années.

Bien à vous

Ilyes Zoua­ri

Pré­sident du CERMF (Centre d’é­tude et de réflexion sur le monde francophone)

www.cermf.org

info@cermf.org

COMMUNIQUÉ DE PRESSE DE L’A.FR.AV

Asso­cia­tion Fran­co­pho­nie Ave­nir : https://www.francophonie-avenir.com

Objet : Un pro­cès pour réta­blir la langue française !

Madame, Mon­sieur,

Jeu­di 22 avril 2021, sera jugée au tri­bu­nal admi­nis­tra­tif de Paris l’af­faire qui oppose notre asso­cia­tion à l’é­ta­blis­se­ment public « Île-de-France Mobi­li­tés » dont le Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion est pré­si­dé par la pré­si­dente du Conseil régio­nal d’Île-de-France et ancienne ministre, Mme Valé­rie Pécresse.

Pour nous, il s’a­git d’un com­bat pour venir au secours de la langue fran­çaise afin d’exi­ger que cet éta­blis­se­ment public fran­cise l’ap­pel­la­tion « Navi­go Easy », une appel­la­tion que cet éta­blis­se­ment a don­née au nou­veau passe de trans­port francilien.

Force a été de consta­ter, cepen­dant, qu’au lieu de s’ex­cu­ser d’a­voir eu recours à un terme anglais, et donc de ne pas avoir res­pec­té la langue de la Répu­blique – comme le pré­cise notre Consti­tu­tion -, et, ce fai­sant, éga­le­ment la loi qui régit l’emploi de la langue fran­çaise en France, la pré­si­dente du Conseil d’ad­mi­nis­tra­tion « Île-de-France Mobi­li­tés », Mme Valé­rie Pécresse – et nous le répé­tons pré­si­dente du Conseil régio­nal d’Île-de-France et ancienne ministre -, nous a envoyé par le biais de son cabi­net d’a­vo­cats, un mémoire de 2,7 kg pour jus­ti­fier l’an­glais de la marque « Navi­go Easy ».

Que voi­là un beau spé­ci­men des poli­ti­ciens qui désor­mais sont aux com­mandes de la France !

Notons que si per­sonne ne réagit contre cette folie qu’est l’an­glo­ma­nie, une folie qui est en train de tou­cher l’en­semble de nos déci­deurs, nous per­drons défi­ni­ti­ve­ment au bout de 3 ou 4 géné­ra­tions la langue fran­çaise comme jadis nos aïeux ont per­du leur langue (régio­nale), et nous sommes bien pla­cés dans le Gard, en Occi­ta­nie, pour savoir qu’une langue peut disparaître.

Déjà, au minis­tère de l’In­té­rieur, n’a-t-on pas déci­dé que la nou­velle carte natio­nale d’i­den­ti­té des Fran­çais serait écrite en bilingue fran­çais-anglais, comme pour indi­quer qu’il y aurait déjà aujourd’­hui deux langues offi­cielles en France ?

Enfin, au cas où nous per­drions ce pro­cès, « Île-de-France Mobi­li­tés » demande que l’as­so­cia­tion soit condam­née à lui ver­ser 10 000 euros au titre de l’ar­ticle L761‑1 du code de jus­tice administrative.

Autre­ment dit à la vic­toire de l’an­glo­ma­nie, à la mise hors cir­cuit de la loi Tou­bon, Mme Pécresse ver­rait d’un bon œil qu’on y ajou­tât la mort d’une asso­cia­tion qui s’op­pose à l’an­gli­ci­sa­tion de notre pays.

Il ne nous reste plus qu’à espé­rer, pour l’hon­neur de notre langue et pour l’hon­neur tout court, que les juges vou­dront bien faire appli­quer la loi Tou­bon dans l’es­prit et dans le texte.

Haut les cœurs !

Régis Ravat, Pré­sident de l’A­frav – president@francophonie-avenir.com

Thier­ry Sala­din, Secré­taire de l’A­frav – thierry_saladin@yahoo.fr

Nico­las Bacaër, Repré­sen­tant de l’A­frav à Paris, afrav-paris@francophonie-avenir.com

Note : l’af­faire est ins­crite au rôle de l’au­dience publique du 22/04/2021 qui se tien­dra à 9h30 dans la salle n°1 bis, 7 rue de Jouy à Paris (75181).

Tél. : 01 44 59 44 00 – cour­riel : greffe.ta-paris@juradm.fr

Affaire « Navi­go Easy » : Recours gra­cieuxRequêteMémoire en réplique de l’A­frav Audience de jugement