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2021 : Pou­tine, phase 3

Par Agence russe de réinformation

Voi­là une ana­lyse, certes par­ti­sane, mais qui nous délivre un point de vue dif­fé­rent sur

La poli­tique menée par le pré­sident Pou­tine face aux pré­ten­tions « occi­den­tales » de vou­loir peser, non seule­ment sur la poli­tique étran­gère de la Rus­sie, mais aus­si sur sa poli­tique inté­rieure. Nous assis­tons là à une par­tie d’échec entre les États-Unis (avec l’Europe ser­vile tenue en laisse) et la Rus­sie. Le pré­sident russe qui est non seule­ment judo­ka, fami­lier avec l’art de dés­équi­li­brer l’adversaire en retour­nant sa propre force contre lui, il pra­tique aus­si l’art des d’échecs et sait mesu­rer l’impact du pla­ce­ment d’un pion, aus­si insi­gni­fiant soit-il. (NDLR)

Les Etats-Unis et l’Europe se ridi­cu­lisent une fois de plus avec leurs « sanc­tions », cette fois sous le pré­texte que la Rus­sie n’a pas obtem­pé­ré à leurs exi­gences de « relâ­cher immé­dia­te­ment » l’opposant Naval­ny, envoyé en colo­nie péni­ten­tiaire pour n’avoir pas res­pec­té son contrôle judi­ciaire. Il est vrai qu’il devient dif­fi­cile de trou­ver de nou­veaux ter­rains de « sanc­tions », à force ! Alors cette fois ce sont 5 hauts res­pon­sables des ser­vices de sécu­ri­té qui sont l’objet des « sanctions ».

En pra­tique, ils sont inter­dits de voya­ger en Europe et aux Etats-Unis. La belle affaire, puisque ces per­son­nages ne sortent que très rare­ment de Rus­sie, étant déten­teurs de secrets d’Etat. Leurs avoirs à l’étranger sont éga­le­ment gelés. On rigole encore plus, car il est évident que ces gens n’ont ni compte en banque ni rési­dence à l’étranger, contrai­re­ment à de nom­breux oli­garques repris de jus­tice d’ailleurs réfu­giés en Angle­terre et en France, où leurs for­tunes volées en Rus­sie sont accueillies à bras ouverts !

Cette nou­velle pan­ta­lon­nade sur­vient alors que des évè­ne­ments impor­tants se pré­parent en Rus­sie, avec ce que cer­tains appellent « la phase 3 de Vla­di­mir Poutine ».

La base de la « phase 1 » était le « dis­cours de Munich » de Vla­di­mir Pou­tine en 2007 pen­dant la pré­si­dence de George W. Bush. Le « dis­cours de Munich » de Pou­tine était une « mani­fes­ta­tion de res­sen­ti­ment » : « Nous avons rele­vé la Rus­sie qui était à genoux, réta­bli son pou­voir, et nous sommes tenus sur une chaise laté­rale dans la com­mu­nau­té mon­diale ». La prise de conscience de cette atti­tude occi­den­tale refu­sant de consi­dé­rer la Rus­sie comme un égal est à la source de la remise en état de l’armée et du déve­lop­pe­ment d’armes n’ayant leur pareille nulle part ailleurs, pen­dant que l’économie se rele­vait et que le niveau de vie aug­men­tait à grande vitesse. Sur le plan inté­rieur cette période a été mar­quée par la pré­si­dence de Med­ve­deev, cen­sée « cares­ser les occi­den­taux dans le sens du poil », Med­ve­deev étant consi­dé­ré comme un « libéral ».

En 2014, suite au coup d’état en Ukraine fomen­té par les occi­den­taux dans le but d’isoler un peu plus la Rus­sie, est venue la « phase 2 » : La Rus­sie montre ses crocs. Ce fut alors le sou­tient de la Rus­sie aux indé­pen­dan­tistes de Novo­ros­sya ayant for­mé les Répu­bliques de Donetsk et de Lugansk, puis l’intervention en Cri­mée suite au refe­ren­dum deman­dant le rat­ta­che­ment de cette région à la Rus­sie. Depuis 2014 le Pou­ti­nisme a pris la forme d’un mou­ve­ment fon­ciè­re­ment anti-libé­ral dans l’esprit d’un conflit actif avec les pays occi­den­taux mul­ti­pliant pro­vo­ca­tions et « sanc­tions » en tous genre contre la Rus­sie. Cette « phase 2 » a pu pros­pé­rer en par­ti­cu­lier grâce à la mol­lesse des pays occi­den­taux où aucun pré­sident n’avait ni la volon­té ni la capa­ci­té de s’opposer à la Rus­sie autre­ment que par des mots ou des mesu­rettes éco­no­miques ayant, en fait, per­mis à la Rus­sie de doper son déve­lop­pe­ment : Ni Oba­ma ni Trump ni per­sonne en Europe. Les occi­den­taux, en absence d’union et de réelle volon­té, ont per­mis à la Rus­sie de conti­nuer à affir­mer ses pré­ro­ga­tives, allant jusqu’à ins­crire dans sa Consti­tu­tion l’an der­nier que les lois inter­na­tio­nales passent après les lois natio­nales. Un véri­table pied de nez aux ins­ti­tu­tions supra­na­tio­nales mondiales.

Le 18 février der­nier, Joe Biden, pré­sident élu suite à une extra­or­di­naire tri­che­rie a décla­ré que les Etats-Unis étaient en train de consul­ter les euro­péens sur de nou­velles sanc­tions anti­russes et que la déci­sion ne serait pas annon­cée lors de la réunion des chefs d’État de la Union euro­péenne les 25 et 26 mars, mais plus tôt, dans la pre­mière quin­zaine de mars. Il a éga­le­ment infor­mé que des attaques contre la Rus­sie allaient être lan­cées, suite aux pré­ten­dues (selon lui) attaques infor­ma­tiques Russes contre les Etats-Unis. Quelques jours plus tard, bom­bar­de­ments amé­ri­cains en Syrie, dont le Pré­sident Assad est fer­me­ment sou­te­nu mili­tai­re­ment, éco­no­mi­que­ment et poli­ti­que­ment, par la Rus­sie. Dans le même temps, les forces ukrai­niennes mul­ti­plient leurs escar­mouches en Novo­ros­sya et se pré­parent, selon les infor­ma­tions sur place, à y lan­cer des attaques mili­taires directes. Ceci bien enten­du avec l’assistance de l’OTAN, c’est à dire des Etats-Unis et de l’Union Européenne.

Biden se fixe une tâche ambi­tieuse : Bous­cu­ler l’équilibre actuel de la poli­tique mon­diale en for­mant un nou­vel « axe des démo­cra­ties » au-des­sus des ins­ti­tu­tions inter­na­tio­nales, une nou­velle alliance d’États qui défendent la démo­cra­tie libé­rale, y voyant une mis­sion his­to­rique. Vu que ces « démo­cra­ties » sont, dans l’opinion de Biden et des diri­geants euro­péens, fon­da­men­ta­le­ment oppo­sées à la Rus­sie, il est évident qu’une nou­velle étape, que cer­tains nomment la « phase 3 », va com­men­cer en Rus­sie où la poli­tique inter­na­tio­nale a des consé­quences sur la poli­tique inté­rieure. Par exemple les « sanc­tions » et l’interdiction d’importer des pro­duits étran­gers ont per­mis à la Rus­sie de relan­cer avec suc­cès sa pro­duc­tion inté­rieure dans de nom­breux domaines, et donc de créer des emplois.

Le len­de­main des décla­ra­tions de Biden, pure coïn­ci­dence, Vla­di­mir Pou­tine s’adressait à huis clos aux hauts diri­geants du FSB, les ser­vices secrets Russes. Selon une source interne, le Pré­sident a lan­cé un véri­table appel de mobi­li­sa­tion accrue face à l’agressivité de l’Occident. Mais per­sonne n’a été pris de cours puisque depuis plu­sieurs mois de nom­breux chan­ge­ments au gou­ver­ne­ment et dans les agences fédé­rales ont per­mis de mettre de nom­breux « libé­raux » sur la touche alors que le pré­sident a lui-même repris la main sur le plan inté­rieur face à, il faut le noter, une hausse du mécon­ten­te­ment dû aux consé­quences de la crise mon­diale du « covid ».

Il n’est bien enten­du pas ques­tion de par­ler d’un nou­veau « rideau de fer » entre la Rus­sie et l’Europe, mais plu­tôt d’un « rideau idéo­lo­gique » qui sera déployé non pas pour empê­cher les Russes de sor­tir, mais bien pour empê­cher les occi­den­taux et leur idéo­lo­gie nau­séa­bonde, de venir pol­luer la Rus­sie. Il est cer­tain que la Rus­sie ne cède­ra dans aucun domaine allant contre ses inté­rêts natio­naux, quelques soient les « sanc­tions », voire les menaces et les agres­sions directes des occidentaux.

On se sou­vient que Vla­di­mir Pou­tine décla­rait dans un col­loque inter­na­tio­nal que, dans son enfance à Saint Péters­bourg il avait appris que lorsqu’il devient évident qu’un enne­mi s’apprête à le frap­per, mieux vaut frap­per le pre­mier. Ceci s’est tra­duit ces der­niers jours dans de nom­breux ser­vices fédé­raux par une « feuille de route » très claire : Se pré­pa­rer à por­ter des coups aux occi­den­taux pour, si besoin est, être prêt à frap­per les premiers.