Après l’abandon de la souveraineté du ciel français en Arctique, à Saint-Pierre et Miquelon, voici que la République commence à céder l’espace maritime dans le Pacifique, près du Vanuatu.
Le contact européen avec le Vanuatu a lieu sous Louis XVI en 1768, lorsque Louis-Antoine de Bougainville découvre l’archipel en le baptisant « les Grandes Cyclades ». Devenu les Nouvelles Hébrides, c’est le premier territoire à rejoindre la France libre gaulliste en juillet 1940. Tout un symbole… Anglais et Français se le partagent jusqu’en 1980 quand Giscard d’Estaing, sous pression anglaise, abandonne les Nouvelles Hébrides et donne l‘indépendance au Vanuatu. C’est-à-dire trois cent mille habitants, éparpillés sur des îles perdues au milieu du Pacifique. Et, aujourd’hui, la Chine s’y installe… Dernière démonstration : un palais présidentiel tout neuf, clinquant, beaucoup trop grand pour un pays si petit et pour un président qui n’a presque aucun pouvoir. Un cadeau chinois, avec en prime un ministère des Finances rutilant. Le décor est pharaonique, le contraste est criant. Mais Pékin s’en moque. Ce qui compte, c’est de laisser une trace visible, durable, indiscutable. Et le symbole est parfait : le palais trône exactement là où se trouvait l’ancienne résidence du représentant français.
Un remplacement presque parfait mais voilà, la France possède toujours deux îles perdues dans le Pacifique :Matthew et Huntert. Pas bien grosses, les îles dressées, à l’est de la Nouvelle-Calédonie, sous le Vanuatu. Deux rocs abrupts, moins d’un kilomètre carré chacun, impossible d’y aborder sans se casser les os. Des îles pour les oiseaux, pour le vent, pour les plantes qui s’accrochent comme elles peuvent. Et aujourd’hui, comme par hasard; le Vanuatu les réclame. Ces deux îlots, dit-il, prolongent naturellement son archipel. C’est la continuité, la géographie, la logique des eaux limpides. Les palabres avec les technocrates républicains ont commencé mi-décembre. Cela ne sent pas bon pour l’Outre–mer français…Pas question ici d’auto-détermination — il n’y a personne pour voter — mais les autorités insistent : ces rochers comptaient. Lieux de rituels. Espaces sacrés pour les peuples autochtones. Tu parles, puisque nos bâtiments de surface de la « Royale », le Batral Jacques Quartier, la Frégate de surveillance Vendémiaire et nos deux P400 le Glorieuse et la Moqueuse ne pouvaient même pas y aborder…
La réalité c’est la mer. Trois cent cinquante mille kilomètres carrés d’eau, de poissons, de licences. Ces deux îlots minuscules ouvrent une ZEE immense. La région chauffe. Les influences s’y battent à coups feutrés. La Chine rôde, insiste, s’infiltre. D’autant que les indépendantistes kanak sont venus soutenir la revendication vanuataise… Et Macron parle d’ingérence ruskof mais la Chine ? Céder ces deux îles serait un symbole. Un précédent car d’autres îles attendent leur tour : les Éparses, dans l’océan Indien, que réclament déjà les Comores… la République abandonne la France à l’Étranger. La République c’est le règne de l’Étranger disait Maurras !




