Camus et le Christ

par Gérard Leclerc

Un immense respect pour la personne et l’enseignement du Christ émane de l’auteur de La Peste, qui disait néanmoins ne pas croire en sa résurrection… tout en le vénérant !

Le nom de Camus s’est inscrit au fronton de la littérature française du XXe siècle. Malgré sa disparition prématurée – à l’âge de 46 ans – son œuvre, surtout littéraire, lui a conféré une survie que Sartre, son contemporain, n’a pu conquérir. La lucidité politique de l’auteur de L’homme révolté face aux totalitarismes n’y est pas pour rien. Mais on retient aussi la qualité du « moraliste », même si le terme n’est pas tout à fait adéquat. Face aux défis de l’existence, il prend résolument position. Et il le fait, précise Véronique Albanel, dans un essai récent, en se nourrissant de l’exemple du Christ.

« Porteur du Salut »

Pourtant, Albert Camus ne se définit pas comme croyant. Lors de la réception de son prix Nobel de littérature à Stockholm en 1957 – à seulement 44 ans –, il déclare : « Je n’ai que vénération et respect devant la personne du Christ et devant son histoire. Je ne crois pas à sa résurrection. » Pourtant, selon saint Paul, « si le Christ n’est pas ressuscité, notre prédication est vide et vide aussi notre foi ». À une telle objection rédhibitoire Véronique Albanel répond : « Le Christ camusien est pourtant étrangement vivant, aimant, agissant, et même porteur du Salut dans l’Histoire. Il a surtout ce qui nous fait le plus défaut aujourd’hui : une résolution à vivre exemplaire. »

Non croyant, il ne se définit pas pour autant comme athée, à l’instar de Sartre qui pense contradictoire existence de Dieu et liberté humaine. Il ne se réclame pas d’un « existentialisme » dont il récuse le contenu idéologique. Son choix le porte plutôt sur la volonté d’aimer, de pardonner, de ne pas désespérer. Et de ce point de vue, l’exemple du Christ est premier, tant il est concret, direct, immédiat. Lors d’un voyage en Toscane, l’écrivain contemple deux tableaux de Piero della Francesca : la Flagellation et la Résurrection. Le premier se rapporte à la chair souffrante de l’humanité. Pour Camus, le second ne suscite pas l’espérance, mais seulement « une résolution à vivre ». Il s’agit, en contraste avec le Christ en gloire, « d’un Christ fraternel, de même taille et avec la même corporéité que ses bourreaux ».

« La vertu des pauvres »

Cela ne signifie pas que la relation de Camus au christianisme, à l’Église institution et à la théologie ait toujours été paisible. Il y a chez lui une « sagesse » méditerranéenne qui lui fait préférer la beauté de la nature aux tourments de l’âme. En rébellion contre le progressisme de type marxiste, il en a contre la dimension historique propre à une certaine eschatologie. De même, la question de la grâce, qu’il a déjà examinée dans son travail universitaire sur saint Augustin et Plotin, le rebute : pour lui, « la croyance en la grâce, toute-puissante et arbitraire, dispense les nantis du besoin de vie fraternelle ; et là encore sa conviction est forte : la vraie générosité est la vertu des pauvres », écrit l’auteur.

« Attente de vérité »

Dans les diverses protestations que l’écrivain adresse au Ciel, aux chrétiens, aux évêques engagés dans la guerre civile espagnole, on peut voir d’abord les débats intérieurs du non-croyant qui ne s’est jamais séparé du témoignage de l’Évangile, de la Bible, non plus de quelques amis proches authentiques chrétiens. C’est pourquoi on ne peut qu’adhérer aux conclusions formulées par Véronique Albanel, au terme de son étude rigoureuse : « Les attentes de Camus sont fortes : attente du respect de l’enseignement du Christ, attente de vérité, de justice et de pardon, attente de solidarité et de “fraternité chrétienne”. » Il regrette, en particulier, que « tant de chrétiens aient découragé les hommes d’aimer le christianisme ». Mais au-delà de toutes les interrogations, il y a une figure christique indépassable, au-delà de tous les doutes. 

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