par Serge Fontalar
Le 18 décembre, Bruxelles a promis. Encore. Quatre-vingt-dix milliards pour l’Ukraine, à taux zéro, remboursables quand la Russie paiera. Autant dire jamais. Mais Bruxelles adore. Ça permet de signer sans payer, de parler sans agir, de se croire puissance sans en avoir les moyens. L’Europe quoi !
Derrière la façade morale, chacun joue sa partition. Berlin surtout. Berlin ne croit ni à l’Europe politique ni à la solidarité : Berlin croit au commerce et à l’équilibre de ses comptes. Quand il faut des armes, elle achète américain. Quand il faut des principes, elle les délègue. La guerre ? Aux autres. La morale ? Partagée. Les bénéfices ? Nationaux.
La France, elle, essaie encore d’exister. Si l’argent part, qu’il revienne. Qu’il fasse tourner les usines, qu’il serve l’industrie nationale. Pas par idéalisme : par survie. Bruxelles appelle ça du protectionnisme. Berlin appelle ça une gêne. Washington appelle ça un détail.
L’Ukraine veut des armes, maintenant. L’Europe n’en a pas. Trop lente, trop molle, trop réglementée. Alors on achète ailleurs. Les Pays-Bas l’assument. L’Allemagne orchestre. Bruxelles bénit. La soi-disant puissance européenne se règle en dollars.
Berlin impose sa loi : pas de limites aux achats extérieurs, priorité aux gros contributeurs. Traduction : l’Allemagne d’abord, la France après, les autres suivent. L’Europe comme toujours : un habillage pour la domination allemande, un marché pour l’Amérique.
Alors la France parle seule.
Berlin calcule.
Bruxelles bavarde.
Washington fournit.
À ce stade, il n’y a plus d’Europe. Il y a des nations, des intérêts et une évidence : soit la France produit, décide pour elle-même, soit elle continue de financer une machine qui la dilue pendant que d’autres dirigent. L’intérêt français est évident : la France seule !




