Les déserts médicaux

Par Lucie Guilliot-Meresse

Ce matin, une grande inquiétude me traverse l’esprit. En effet, l’un des derniers médecins de mon canton vient de prendre sa retraite laissant de nombreux patients « orphelins » et sans solution.

Malgré l’installation de maisons médicales censées régler le problème des patients sans médecin, il est à ce jour impossible dans certaines d’entre elles de consulter un médecin généraliste.

Par ailleurs, le problème est le même concernant d’autres spécialités comme celle des dentistes. Est-il concevable à l’époque actuelle de devoir faire une heure de route et changer de département pour consulter un dentiste ?

Le monde rural n’attire pas ou même repousse les étudiants en médecine qui, pourtant, jouiraient de nombreux avantages en s’installant dans nos campagnes. En effet, certaines petites communes font le choix de ne pas faire payer de loyer quand d’autres vont même jusqu’à promettre une voiture de fonction. Malheureusement, tout cela ne suffit pas, ces derniers préférant l’attractivité des grandes villes.

Beaucoup de nos concitoyens, souvent des personnes âgées sans moyen de locomotion, ont fait le choix de renoncer aux soins, même si cela engendre de l’inconfort dans leur vie quotidienne et peut même mettre en danger leur existence.

Devant le problème majeur du département de l’Aisne, mais également de tout département rural, qu’est le problème des déserts médicaux, les partis de notre « chère » République cherchent des solutions à proposer à une population déjà très préoccupée et anxieuse à l’idée d’un avenir sans accès à des soins essentiels à leur survie ?

C’est dans ce contexte qu’une proposition de texte de loi sur la régularisation de l’installation des médecins a vu le jour en début d’année. Bien que largement votée par les députés, notamment de gauche et ayant visiblement un soutien indirect de la part de notre ancien Premier ministre, le ministre de la Santé s’est opposé à ce dispositif.

Le gouvernement proposait de son côté en juin dernier la suppression du « numerus apertus » qui conditionne le nombre d’étudiants admis en deuxième année de médecine. Ces réformes sont nécessaires devant la croissance de la population âgée et en besoin de soins médicaux. Mais est-ce la bonne solution ? Non, car même avec un nombre accru de nouveaux médecins, il faut pouvoir pousser ces derniers à s’installer en campagne et, comme évoqué, malgré les avantages offerts par les élus ruraux c’est toujours une mission délicate, voire impossible, pour eux d’attirer les médecins vers leur commune.

Si une partie du problème est résolue, la question cruciale de l’attractivité de nos campagnes, elle, reste entière et le gouvernement demeure sourd à ce problème. La question que l’on peut dès lors poser, telle une bouteille lancée à la mer, vise à savoir quelles stratégies mettre en œuvre pour que cesse la désertification médicale en milieu rural…

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