Colloque Mai 68 et le Bien Commun

Ce samedi 12 mai à Paris, rue de la Croix-Nivert, se sont réunies plus de 400 personnes, en majorité des jeunes professionnels, étudiants et des lycéens, pour un colloque dont le thème, Mai 68 et le Bien commun cherchait à faire le bilan des événements dont nous commémorons le cinquantenaire cette année pour mieux dessiner les perspectives à venir en matière de Bien commun. Mai 68 a en effet participé, sinon comme événement fondateur, du moins comme événement amplificateur, du triomphe d’une modernité dont l’individualisme et l’hédonisme semblent aux antipodes de la notion même de Bien commun.

 

Non que celui-ci doive être synonyme de dolorisme ! Après l’introduction de François Marcilhac, qui a tenté d’établir les lignes de fracture, au plan politique, engendrées par Mai 68, un Mai qui fut d’ailleurs aussi multiple que contradictoire, une première table ronde a tenté de « Redéfinir le Bien commun : 50 ans à revisiter. » Elle fut animée par Philippe Mesnard, qui usa de sa verve habituelle, aussi enjouée que provocatrice, pour tirer la substantifique moelle de ce que nos invités avaient à dire. Stéphane Blanchonnet, le président du Comité directeur de l’Action française tenta de définir la notion de Bien commun à l’aune du nationalisme intégral, avant qu’Hilaire de Crémiers, directeur de Politique Magazine ne la resitue dans la perspective longue de notre philosophie politique, nourrie aux sources toujours vives de la philosophie grecque et de la théologie chrétienne. Thibault Isabel, rédacteur en chef de la revue Krisis, a quant à lui appelé toute la complexité de Mai 68, partagé non seulement entre mouvement étudiant et mouvement ouvrier, mais au sein même des diverses tendances (situationnistes, gauchistes, anarchistes, institutionnelles) qui tentaient d’exploiter les événements et de les inspirer, montrant que le Mai 68 le plus audacieux, le plus révolutionnaire, avait échoué. Quant au professeur Frédéric Rouvillois, il traduisit le mouvement dans une perspective plus politique, axée sur la recherche de l’articulation entre institutions et Bien commun.

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Première table ronde
 

Le grand entretien nous a permis d’écouter un grand témoin des événements de l’époque, Gérard Leclerc qui, en mai 68, était un grand espoir de la Restauration nationale. C’est donc du côté maurrassien et monarchiste que Gérard Leclerc vécut les événements, en véritable acteur car il n’hésita pas à aller porter la polémique dans les Assemblées générales, pour donner une autre signification à des événements dont il percevait, également sous l’influence de Maurice Clavel, la portée symbolique dans la crise du Père qu’ils révélaient. Une méditation que son livre, qui vient de paraître aux éditions Salvator, et au titre clavélien, Sous les pavés l’Esprit, permet d’approfondir.

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Gérard Leclerc s'entretient avec Philippe Mesnard
 

Ce fut ensuite le moment d’écouter de jeunes cadres d’Action française livrer au public les fruits de six chantiers primordiaux pour dessiner l’avenir du Bien commun. Six chantiers urgents pour repenser le territoire, sa survie ou son aménagement. La bioéthique, par Luc Compain, l’écologie, par Antoine Berth, l’éducation, par Madeleine Horen, l’immigration, par Louis Orso Trémolet, l’industrie, par Ronan Besset et la justice, par Charles Laroche : tels sont en effet les grands sujets sur lesquels il convient à des nationalistes français même intégraux, surtout intégraux, de plancher pour ne pas les laisser à l’Union européenne et à l’oligarchie internationale. Les pistes sont prometteuses, car audacieuses : il convient en effet de rompre avec le fatalisme d’un tout-Européen qui ne laisse au pays réel que ses yeux pour pleurer les effets de politiques décidées sans lui. Nous devons recouvrer notre pouvoir de décision en toutes ces matières où se joue notre existence.

 

Une seconde table ronde, toujours animée par Philippe Mesnard, a réuni Jean-Philippe Chauvin, royaliste indépendant et spécialiste de l’écologie, Jacques de Guillebon, rédacteur en chef du mensuel L’Incorrect, Gabriel Robin, juriste et membre, aussi, de l’équipe de L’Incorrect et le professeur Charles Saint-Prot, directeur de l’Observatoire d’études géopolitiques, islamologue, autour des grands thèmes  à réinvestir pour redéfinir les fondements même de la notion de Bien commun : l’écologie intégrale, dont seul le Roi pourrait être le garant indépendant (Jean-Philippe Chauvin), la culture, qu’il convient de débarrasser définitivement de l’héritage soixante-huitard (Jacques de Guillebon), la perspective à long terme d’un Bien commun dépassant les fragmentations communautaristes tout en sauvant les communautés réelles (Gabriel Robin) et, bien sûr, la nation, qui doit recouvrer sa prééminence, la patrie étant au temporel, le bien le plus précieux (Charles Saint-Prot).

Colloque du 12 mai 2018 : Mai 68 et le Bien Commun - Seconde table ronde
 

C’est alors que notre Secrétaire général, François Bel-Ker put, dans une intervention particulièrement brillante où il replaça Mai 68, ses conséquences et notre combat pour le Bien commun dans une perspective anthropologique — intervention à laquelle nous renvoyons —, donner à ce colloque sa conclusion, non sans inviter les participants, notamment les plus jeunes d’entre eux, à poursuivre la lutte en s’inscrivant d’ores et déjà au prochain camp Maxime Réal del Sarte, qui aura lieu, au Château d’Ailly, des 19 au 26 août prochain. Le thème ? 150 nuances de Maurras !

 

Mais ils se retrouvaient déjà, à plus de 600, le lendemain pour le traditionnel défilé à la mémoire de Jeanne d’Arc.

Cortège d'hommage à Jeanne d'Arc par l'Action française, le 13 mai 2018 à Paris