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Mal­adresse ou jouis­sance malsaine ?

Par Anne-Sophie Cha­zaud 

Je vou­drais reve­nir quelques ins­tants sur cette vidéo stu­pé­fiante de Macron arbo­rant la pho­to des bouf­fons Mac­Fly et Car­li­to pour célé­brer la ren­trée des classes, tout en évo­quant dans la même séquence, inci­dem­ment et sans por­trait, en le nive­lant par le gro­tesque, la mémoire de Samuel Paty.

Il importe de com­prendre que rien dans tout ceci ne relève de l’erreur ni même sim­ple­ment de la stra­té­gie de com­mu­ni­ca­tion. Il s’agit en réa­li­té d’une jouis­sance per­ma­nente de la trans­gres­sion, d’une jouis­sance mal­saine, à mêler le tra­gique d’un homme qui a été assas­si­né pour por­ter les valeurs de la France avec le gro­tesque d’un exé­cu­tif qui rabaisse et salit tout ce qu’il touche mais qui, sur­tout, y prend du plaisir. 

Je le dis clai­re­ment et vous m’enverrez des oranges si je dois en répondre où que ce soit mais je n’ai peur de rien : cette jouis­sance est de nature psy­cho­pa­thique et mal­saine. Et j’ajoute que nos si légi­times indi­gna­tions, nos bles­sures, les souf­frances que ce com­por­te­ment pro­voque, contri­buent de manière évi­dente à cette jouis­sance malsaine

Au-delà des ana­lyses poli­to­lo­giques mille fois recuites sur le«en même temps », sur la com, sur ceci, sur cela, il y a un puits inson­dable dont per­sonne n’ose jamais vrai­ment par­ler, qui est celui d’une per­ver­si­té mal­saine et c’est cela-même qui fait que ce per­son­nage est haï comme per­sonne ne l’a été à la tête de ce pays depuis si longtemps.

En poli­tique, on par­donne les erreurs, on par­donne même quelques men­songes, on par­donne quelques erre­ments, mais cette per­ver­si­té mal­saine ne peut que pro­vo­quer de la haine, de la répul­sion, et, en face, du côté de ceux qui y prennent du plai­sir par pro­cu­ra­tion, une sorte d’adhésion fana­ti­sée tout aus­si mal­saine : quel pied d’être enfin du côté du vice, de la trans­gres­sion décom­plexée en mêlant les mocas­sins à glands et les sur­vê­te­ment racailles. 

J’ajoute qu’en pleine crise sani­taire au cours de laquelle on n’a ces­sé de seri­ner que les Fran­çais réfrac­taires au passe de la honte étaient des anal­pha­bètes reje­tant la science, il n’est pas ano­din de choi­sir deux semi-débiles pour fixer aux jeunes ce que l’on attend d’eux en termes de tra­vail intel­lec­tuel et d’élévation (il est vrai qu’on n’ose plus par­ler d’ « élèves » mais d’ « appre­nants ») vers les lumières de l’esprit.

Je n’ai que dégoût, mépris et rejet géné­ra­li­sé de tout ce qu’incarne ce per­son­nage et ses sui­veurs. On ne mesu­re­ra jamais assez le mal qu’ils auront fait à ce pays.

Voi­là qui est dit.