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ABBÉ GUILLAUME DE TANOÜARN : « TRADITIONIS CUSTODES VISE L’EXTINCTION DU RITE TRADITIONNEL

Avez-vous été sur­pris par la sou­dai­ne­té et la sévé­ri­té des mesures édic­tées dans le motu pro­prio Tra­di­tio­nis Cus­todes ?

Oui, je ne m’attendais pas à ce que le pape Fran­çois tape aus­si fort. Au fond, ce motu pro­prio, pure­ment dis­ci­pli­naire, n’est pas doc­tri­nal. Dis­ci­pli­naire, car il s’agit pour le pape Fran­çois de détruire la fécon­di­té des ins­ti­tuts Eccle­sia Dei, et du mou­ve­ment tra­ver­sant l’Église en ce moment, et qui mène à une com­mu­nion des rites. On s’est aper­çu que le rite ancien pou­vait appor­ter le sacré, la trans­cen­dance et l’adoration, quand le rite nou­veau ame­nait la par­ti­ci­pa­tion et la proxi­mi­té. Depuis 1988 et le motu pro­prio Eccle­sia Dei de Jean Paul II, l’Église a pro­gres­si­ve­ment pris conscience de la com­plé­men­ta­ri­té des rites.

Je pense que beau­coup de jeunes prêtres en paroisse pra­ti­quaient un mélange des deux et appor­taient à leurs fidèles une part de la ver­ti­ca­li­té du rite tra­di­tion­nel. Je m’inscris par­mi ceux qui insistent sur la par­ti­ci­pa­tion au sein du rite tra­di­tion­nel, et je crois qu’il est très impor­tant pour l’avenir du rite tra­di­tion­nel de déve­lop­per cette réalité.

Nous étions dans une situa­tion apai­sée, rien à voir avec les conflits des années 70, 80 voire 90. Et brus­que­ment, le pape Fran­çois décide de déter­rer la hache de guerre. Son motu pro­prio est clai­re­ment écrit pour réa­li­ser l’extinction du rite tra­di­tion­nel. L’exemple le plus frap­pant – outre le fait qu’il refuse toute nou­velle implan­ta­tion – est que les prêtres ordon­nés après ce motu pro­prio, ne pour­ront dire la messe tra­di­tion­nelle qu’en deman­dant l’autorisation à leur évêque, qui lui-même deman­de­ra à Rome si c’est oppor­tun. Autant dire que dans l’esprit du pape, cela ne sera jamais oppor­tun. Il s’agit en fait d’une inter­dic­tion dégui­sée, et pas très bien dégui­sée d’ailleurs.

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