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Xavier Bertrand - Le president Emmanuel Macron preside la commemoration des combats de Montcornet et de la Bataille de France, au Memorial du char ÔSampiere corso Ô, a La Ville-aux-Bois-les-Dizy, le 17 mai 2020. French president Emmanuel Macron during the commemoration of the fighting of Montcornet and the Battle of France, at the Memorial of the tank ÔSampiere corsoÔ, in La Ville-aux-Bois-les-Dizy//04SIPA_pool4597/2005172305/Credit:Stephane Lemouton -POOL/SIPA/2005172307

Élec­tions et légitimité

Par Hilaire de Crémiers

Un cer­tain désar­roi s’empare de la classe poli­tique qui n’en conti­nue pas moins dans sa course éper­due vers le pou­voir et les places.

Les élec­tions dépar­te­men­tales et régio­nales ont donc eu lieu fin juin, alors que Macron, on s’en sou­vient, eût pré­fé­ré les repor­ter après les pré­si­den­tielles. Et, en effet, un tel cal­cul était com­pré­hen­sible ; les résul­tats du scru­tin en ont confir­mé la per­ti­nence : une déroute dont les consé­quences sont loin d’être négli­geables tant dans l’immédiat de son action pré­si­den­tielle que pour l’avenir même de son pou­voir. Son audace n’a pu aller en cette cir­cons­tance jusqu’au bout de son cynisme et de sa désin­vol­ture qui carac­té­risent sa car­rière tant per­son­nelle que poli­tique ; il a recu­lé devant le risque énorme d’un sou­lè­ve­ment de toutes les oppo­si­tions qui auraient crié au détour­ne­ment démo­cra­tique et à la cap­ta­tion auto­cra­tique, ce qui est sa méthode depuis le début de sa vie poli­tique. Lui res­tait pour satis­faire l’électorat à déci­der sou­ve­rai­ne­ment, lui et lui seul, de rendre au peuple fran­çais qui étouf­fait sous le car­can sani­taire, quelque liber­té de res­pi­rer, de se dépla­cer, de se ras­sem­bler, de se diver­tir, en espé­rant en retour un mou­ve­ment de recon­nais­sance des citoyens. Le sou­ci élec­to­ral opère des retour­ne­ments singuliers.

Nombre de ministres étaient char­gés de por­ter la bonne nou­velle d’une macro­nie non plus puni­tive mais bien­veillante. Ces petites ruses tac­tiques, qui entraient dans la miri­fique stra­té­gie des Solère et des Séjour­né, n’ont guère pro­duit d’effet. Au contraire. Sauf en Paca où Thier­ry Maria­ni n’a pu résis­ter à la conjonc­tion de tous les appa­reils poli­ti­ciens, jusqu’au retrait for­cé du pitoyable éco­lo­giste, tous ligués pour empê­cher son acces­sion au pou­voir régio­nal qui eût signi­fié une vraie nou­veau­té dans le pay­sage poli­tique fran­çais. En véri­té, la seule ! Tout le reste demeu­rant en l’état, sans chan­ge­ment, sauf à la Réunion, et pour bien peu, mal­gré tous les beaux dis­cours de réno­va­tion et mal­gré toutes les pré­ten­tions macro­niennes. Marion Maré­chal, aux élec­tions pré­cé­dentes de 2015, avait déjà été vic­time de la même coa­li­tion hai­neuse, alors qu’elle était très lar­ge­ment majo­ri­taire ; le front répu­bli­cain des mino­ri­taires devait l’emporter. Il faut y voir, sans doute, la fine pointe de l’esprit démocratique.

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