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Tchad : les clés de com­pré­hen­sion passent par la recon­nais­sance des fondamentaux…

Par Ber­nard Lugan

Dans l’incertitude actuelle, en dépit des rumeurs, des jeux poli­tiques, des décla­ra­tions des-uns et des autres, des ques­tions sur l’avenir du G5 Sahel, du jeu de plus en plus « clair » de la Tur­quie, de celui la Rus­sie, de la Chine et de la navi­ga­tion à vue de la France, l’essentiel est de voir que la ques­tion du Tchad est d’abord eth­no-cla­nique.
Les Zagha­wa, les Tou­bou du Tibes­ti (les Teda), les Tou­bou de l’Ennedi-Oum Cha­lou­ba (les Daza-Gorane) et les Arabes du Oua­daï sont divi­sés en une mul­ti­tude de sous-groupes. Tous addi­tion­nés, ils tota­lisent moins d’un quart de la popu­la­tion du Tchad. Démo­cra­ti­que­ment, c’est à dire « occi­den­ta­le­ment » par­lant, ils ne comptent donc pas puisque, toute élec­tion « loyale » les écar­te­rait mathé­ma­ti­que­ment du pou­voir. Or, ils consti­tuent la frac­tion domi­nante de ce qui est deve­nu le Tchad. C’est autour de leurs rap­ports internes de longue durée, de leurs alliances, de leurs rup­tures et de leurs récon­ci­lia­tions plus ou moins éphé­mères que s’est écrite l’histoire du pays depuis l’indépendance. C’est autour d’eux que se sont faites toutes les guerres du Tchad depuis 1963. C’est de leurs rela­tions que dépend le futur du pays, la majo­ri­té de la popu­la­tion n’étant que la spec­ta­trice-vic­time de leurs déchi­re­ments et de leurs ambi­tions. Voi­là qui est dif­fi­cile à faire com­prendre aux uni­ver­sa­listes démo­crates du monde occidental.

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