Jour­na­lisme et réseaux sociaux
St Francis de Sales. Stained glass window. Combloux. France.

Jour­na­lisme et réseaux sociaux

Par Gérard Leclerc

Trop tard, pour nous sou­hai­ter notre fête à nous jour­na­listes ! La Saint-Fran­çois-de-Sales c’était hier. Hélas, la tra­di­tion de la messe annuelle qui ras­sem­blait la pro­fes­sion s’est per­due. C’était pour­tant l’occasion de réflé­chir, d’une façon un peu déca­lée, à notre métier. J’ai le sou­ve­nir, à ce pro­pos, d’une homé­lie du car­di­nal Lus­ti­ger, qui réta­blis­sait la hié­rar­chie. Il pré­fé­rait par­ler de chré­tiens jour­na­listes plu­tôt que de jour­na­listes chré­tiens, me semble-t-il. Car l’adjectif n’avait pas la même valeur que le sub­stan­tif, qui seul don­nait son sens à l’expression. On peut évi­dem­ment objec­ter à cela que le fait d’être chré­tien ne dis­pense pas des qua­li­tés de sérieux, de per­ti­nence voire de talent propres à la pro­fes­sion. Mais il est vrai aus­si que l’adjectif ne sau­rait être pure­ment déco­ra­tif et qu’il y a une dif­fé­rence chré­tienne qui peut modi­fier sub­stan­tiel­le­ment l’exercice d’une profession.

Reste que dans la vie quo­ti­dienne, cette pro­fes­sion se trouve bous­cu­lée par les condi­tions nou­velles qui n’existaient pas dans le pas­sé. C’est une bana­li­té de se réfé­rer aux réseaux sociaux qui exercent, désor­mais, un pou­voir que l’on peut trou­ver exces­sif, sou­vent conta­mi­né par une men­ta­li­té com­plo­tiste. Ce n’est plus sup­por­table lorsque c’est au prix de la liber­té d’expression. Ain­si, un cari­ca­tu­riste du Monde, Xavier Gorce, vient-il de démis­sion­ner du quo­ti­dien où il publiait ses des­sins depuis une ving­taine d’années. Il avait pro­vo­qué la colère des réseaux sociaux en ques­tion par une pro­vo­ca­tion déli­bé­rée, ce qui lui avait valu d’être désa­voué par sa direction.

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