Et si la contre-culture n’était pas une menace pour le système… mais le système lui-même ?

Et si la contre-culture n’était pas une menace pour le système… mais le système lui-même ?

Les éditions L’échappée ont décidé de rééditer “Révolte consommée. Le mythe de la contre-culture”, des Canadiens Andrew Potter et Joseph Heath, paru en France en 2005 et épuisé depuis, avec une préface inédite des auteurs. Un ouvrage qui déboulonne les préjugés issus de la contre-culture dont la gauche “alternative” est pétrie.

Et si, contrairement aux idées reçues, la contre-culture ne s’oppose pas au capitalisme, mais en est un moteur ? C’est ce qu’affirment Joseph Heath et Andrew Potter, les deux auteurs de Révolte consommée. Le mythe de la contre-culture (L’échappée), qui estiment que “la rébellion culturelle […] ne constitue pas une menace pour le système… mais […] est le système“. Rencontre avec les deux Canadiens.

Marianne : Seize ans après la sortie de votre livre aux États-Unis, quelle place tient encore cette attitude rebelle, cool et anticonformiste que vous analysiez alors ?

Andrew Potter et Joseph Heath : Il y a eu un certain déclin de l’idée “le consumérisme est un conformisme” et même la posture rebelle nous semble avoir perdu de son attrait ou, du moins, l’illusion de son caractère sérieux politiquement. Les jeunes semblent beaucoup plus cyniques à ce sujet à présent que les précédentes générations. Des termes comme “edgy” ou “edgelord”[Termes péjoratifs désignant une personne adoptant une attitude ou un look délibérément excentrique – Ndlr] sont utilisés de façon sarcastique pour décrédibiliser des gens adoptant la posture “rebelle” classique. Je ne suis donc pas sûr que les gens soient aujourd’hui aussi aveugles aux réalités du capitalisme qu’autrefois.

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