Uni­té natio­nale éphé­mère ?

Uni­té natio­nale éphé­mère ?

Hom­mage natio­nal aux treize sol­dats tués (le 25 novembre) au Mali dans la cour des Inva­lides, 2 décembre.© Elysee.fr

Par Gérard Leclerc

L’émouvante céré­mo­nie qui a eu lieu, hier après-midi, dans la cour de l’hôtel des Inva­lides, a ras­sem­blé toute la nation en un rare moment d’unanimité natio­nale. Com­ment pour­rait-il en être autre­ment ? Qui pour­rait ne pas par­ti­ci­per à ce sen­ti­ment de gra­ti­tude col­lec­tive à l’égard de treize jeunes hommes qui ont fait le sacri­fice de leur vie pour la nation. Pour­tant, nous assis­te­rons bien­tôt à une grève natio­nale qui s’annonce de très grande ampleur et risque de rompre très vite cette impres­sion d’unité du pays, d’autant que le mou­ve­ment pour­rait se pro­lon­ger sans qu’on sache ce qui pour­rait mettre fin à un mécon­ten­te­ment très par­ta­gé.

Il semble, par ailleurs, que les désac­cords actuels mettent en cause la socio­lo­gie pro­fonde du pays. L’excellent ana­lyste qu’est Jérôme Sainte-Marie parle même de « bloc contre bloc » [1], pour carac­té­ri­ser le jeu poli­tique dont Emma­nuel Macron est le prin­ci­pal acteur. Il y a le bloc ras­sem­blé autour du pré­sident de la Répu­blique qui réunit la part la plus aisée du pays, et en face de lui un bloc d’opposition qui se consti­tue face aux inté­rêts et à la domi­na­tion de l’élite. Sainte-Marie parle aus­si de l’opposition fron­tale entre une France qui réus­sit et croit aux ver­tus de la mon­dia­li­sa­tion et une France péri­phé­rique en déshé­rence. En gros, celle qui s’est recon­nue dans la révolte des Gilets jaunes

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