Maréchal Juin, brève biographie

Maréchal Juin, brève biographie

Le sort réservé par les «  black blocs  » apatrides au service objectif du capitalisme international, et non les gilets jaunes, à la stèle du Maréchal Juin située place d’Italie aura choqué tous les patriotes français. Il fut un grand chef de guerre au service des armes de la France, même si il se sortit de l’esprit de Vichy avec difficulté. Tous les français ont été insultés par ces profanations inqualifiables. L’Action française appelle solennellement à une action nationale de réparation.

Né à Bône (Algérie), le 16 décembre 1888.

Fils d’un gendarme en poste à Mostaganem, Alphonse Juin fit ses études secondaires en Algérie, aux lycées d’Alger puis de Constantine, avant d’intégrer Saint-Cyr en 1910. Sorti major de sa promotion en 1912, il servit pendant deux ans au Maroc. Quand éclata la Première Guerre mondiale, il fut rappelé en métropole et participa aux combats avec les Tabors marocains. Blessé en 1915, il perdit l’usage de son bras droit. Il repartit alors pour le Maroc où, après quelques mois de convalescence il refuse le poste d’officier d’ordonnance du général Lyautey pour servir à l’état-major de Rabat avant de recevoir, en décembre 1916, le commandement d’une compagnie de mitrailleuses du 1er régiment de tirailleurs marocains. En octobre 1918 enfin, il devait rejoindre l’état-major de la 153e division d’infanterie, puis fut détaché à la mission militaire française près de l’armée américaine.

Après la guerre, il enseigna une année à l’École de guerre avant de regagner l’Afrique, où il se battit dans le Rif. Son action vigoureuse en faveur de la pacification du Maroc au début des années 20 lui valut d’être proposé à titre exceptionnel pour le grade de chef de bataillon.

Étant repassé vers 1930 par l’École de guerre pour y dispenser un cours de tactique générale, il gravit tous les échelons de la hiérarchie militaire, fut promu chef d’état-major des forces armées de l’Afrique du Nord, puis, à la fin de l’année 1938, général de l’armée d’Afrique.

En 1939, au moment de la déclaration de guerre, il fut nommé commandant de la 15e division d’infanterie motorisée. Il couvrit la retraite de Dunkerque en mai 1940, mena un combat désespéré, mais fut fait prisonnier le 19 mai. Libéré à la demande de Vichy en juin 1941, il fut envoyé pour succéder à Weygand comme commandant en chef des forces d’Afrique du Nord.

S’étant rallié aux Américains en novembre 1942, il prit la tête du contingent français qui arrêta la force de l’Axe en Tunisie, et contribua à l’anéantissement de l’Afrikacorps. Appelé par de Gaulle à la tête du corps expéditionnaire français en Italie, il imposa aux Alliés son plan d’offensive et perça en mai 1944 le front allemand sur le Garigliano, ouvrant la route de Rome et de Sienne. Son corps fut ensuite affecté au débarquement de Provence.

Chef d’état-major général de la Défense nationale de 1945 à 1947, il fut (1947-1951) résident général au Maroc. Nommé ensuite inspecteur général des forces armées, il exerça dans le même temps (1951-1956) le commandement interallié des forces terrestres du secteur Centre-Europe de l’OTAN.

Élevé à la dignité de maréchal de France en 1952, Alphonse Juin se montra hostile à la politique algérienne du général de Gaulle, mais refusa néanmoins de soutenir le putsch des généraux.

Le maréchal Juin réunissait toutes les qualités à la fois d’homme de terrain et de stratège. Il était l’un des seuls officiers généraux à tutoyer le général de Gaulle, dont il était camarade de promotion. Leurs rapports étaient néanmoins distants. Comme il avait demandé un jour à ce dernier de lui dédicacer sa photographie, de Gaulle s’exécuta en inscrivant au bas du portrait : « Au maréchal Juin, qui sut saisir la victoire quand elle se présentait. » Il a laissé quelques écrits, notamment un volume de Mémoires.

Membre de l’Académie des Sciences coloniales, il fut élu à l’Académie française le 20 novembre 1952, par 25 voix, au fauteuil de Jean Tharaud.

C’est Maurice Genevoix qui le reçut le 25 juin 1953. Il reçut lui-même Henri Troyat.

Mort le 27 janvier 1967.

Carrière initiale de Juin

Issu d’une famille modeste (fils de gendarme), il sort major de Saint-Cyr en 1912 dans la même promotion que le général de Gaulle.

Pendant la Première Guerre mondiale, Alphonse Juin se bat au Maroc jusqu’en 1914, puis sur le front français à la tête des tabors marocains. Grièvement blessé en Champagne en 1915, il perd définitivement l’usage de son bras droit.

1938, nommé général de brigade, il reçoit à la mobilisation le commandement de la 15e division d’infanterie motorisée : Couvrant la retraite sur Dunkerque, cette unité est encerclée à Lille et combat jusqu’à l’épuisement de ses munitions. Juin est fait prisonnier et interné à la forteresse de Königstein.

Juin au service de Vichy

Libéré le 15 juin 1941, sur la demande du gouvernement de Vichy, en application des accords de Paris (Accords de collaboration militaire) passés par Darlan avec l’Allemagne, il est nommé commandant en chef des forces d’Afrique du Nord.

Il se rend alors en Allemagne, le 20 décembre 1941, avec le ministre de Brinon, pour y rencontrer le maréchal Goering, qui lui demande d’accueillir en Tunisie les troupes germano-italiennes de Rommel, en cas de repli de ces dernières. Brinon, qui accompagnait Juin, a soutenu que ce général aurait alors répondu très favorablement à Goering. Juin, au contraire, affirme dans ses mémoires qu’il aurait opposé à Goering son refus le plus formel. Ce qui est certain c’est que, dans la pratique, lors de l’entrée des Germano-italiens en Tunisie, le 9 novembre 1942, les subordonnés de Juin allaient leur livrer ce protectorat sans un seul coup de feu, dans le même temps qu’ils tiraient sur les alliés à Oran et au Maroc.

Le 8 novembre 1942, Juin, destinataire d’une lettre de Roosevelt lui demandant d’accueillir les troupes alliées en amies, rejeta cette demande qui fut présentée par le consul Murphy, puis, libéré au matin par la garde mobile, il organisa la reconquête de la ville contre les résistants. À 17 heures 30, alors que la résistance tenait encore son principal point stratégique, le Commissariat central, et que les alliés pénètraient enfin dans la ville, Juin capitula, mais pour Alger seulement.

Juin donna enfin, le 14 novembre, l’ordre à l’armée de Tunisie repliée sur la frontière algérienne, de faire face aux Allemands, mais son chef le général Barré attendra jusqu’au 18 novembre pour reprendre le combat. L’armée de Tunisie renforcée par des éléments alliés allait alors se battre très courageusement, mais le coût humain des 6 mois de guerre nécessités ensuite pour reconquérir les places non défendues allait être très élevé.

Juin en guerre contre l’Allemagne

Juin, sous l’autorité de Darlan, proclamé Haut Commissaire de France en Afrique et du général Giraud (Voir Régime de Vichy en Afrique libérée (1942-43)), se rallia enfin aux Anglo-Américains et reçût le commandement des forces françaises engagées en Tunisie. Celles-ci, qui ne demandaient qu’à se battre, contribuèrent, au prix de lourdes pertes à l’anéantissement des forces d’occupation de l’Axe et de l’Afrika Korps de Rommel.

  • 1943 Nommé par de Gaulle à la tête du Corps expéditionnaire français en Italie, qui comprenait quatre divisions, Alphonse Juin se couvrit de gloire en prenant le Belvédère de Cassino.
  • 1944 Juin fit adopter par les Alliés un plan de manoeuvre audacieux. En mai 1944, par sa victoire du Garigliano, il ouvrit aux alliés la route de Rome et de Sienne.

Ses troupes participeront ensuite, mais sans lui, au débarquement de Provence, sous les ordres du général de Tassigny, qui, à sa différence, avait tenté de résister, lorsque le 11 novembre 1942 les troupes allemandes avaient envahi la zone libre.

  • 1944 – 1947, chef d’état-major de la défense nationale.

Juin dans l’Après-guerre

  • 1947 – 1951, résident général au Maroc il s’oppose au sultan Mohammed V ben Youssef et au parti nationaliste, en s’appuyant sur le Glaoui, pacha de Marrakech.
  • 1951 – 1956, commandant en chef du secteur Centre-Europe de l’Organisation atlantique (dont le commandant suprême est le général Eisenhower).
  • 14 juillet 1952, élevé à la dignité de maréchal de France.
  • 1954 – 1955, cautionne la politique libérale de Mendès France en Tunisie,
  • 1955, s’oppose à l’indépendance du Maroc, ainsi qu’à l’abandon en Algérie.

Comme pied-noir et comme soldat, il s’oppose à la politique d’autodétermination menée par de Gaulle, sans soutenir toutefois le putsch des généraux en 1961. Il fut écarté de ce fait de toute fonction à partir de 1962

Distinctions de Juin

Académies

Le maréchal Juin fut élu à l’Académie française, le 20 novembre 1952, au fauteuil 4, succédant à Jean Tharaud, mort le 8 avril 1952. Sa réception officielle sous la Coupole eut lieu le 25 juin 1953. Après sa disparition, survenue le 27 janvier 1967, il fut remplacé, le 25 avril 1968, par Pierre Emmanuel.

Membre de l’Académie des sciences coloniales

Décorations

  • Grand’Croix de la Légion d’honneur
  • Médaille militaire
  • Croix de guerre 1914-1918