L’abstention comme grand vainqueur !

L’abstention comme grand vainqueur !

La courte victoire du RN aux élections européennes (11,34 % des inscrits) n’acte pas seulement l’incapacité des souverainistes et patriotes à oublier leurs querelles d’égo pour ne penser qu’à l’intérêt général, elle confirme la bonne résistance du clan macronien (10,8 % des inscrits) autour de son chef. Ces quelques 11 % de Français boboïsés et dénationalisés, profiteurs du mondialisme, représentent le socle incompressible du macronisme. Comme en 2009, les écologistes ont, quant à eux, servi de déversoir (6,5 % des inscrits) à un électorat désireux de montrer sa méfiance à l’égard des partis installés, La REM comprise. Enfin, la claque reçue par Les Républicains confirme qu’en dépit, ou qu’en raison même, d’une tête de liste apparaissant comme un homme de conviction, ce syndicat d’intérêts désormais en faillite a perdu tout espace politique entre un centre phagocyté par Macron et une droite de conviction attirée par le FN, Debout la France, ou l’abstention.

Car le grand vainqueur est de nouveau l’abstention, même si elle a diminué par rapport à 2014. Les élections européennes, en l’absence d’un peuple européen, sont des élections artificielles, dont le seul enjeu perceptible est un enjeu national. Or, désormais, même aux législatives, l’abstention atteint des records : 57,6 % à celles de 2017, plus qu’aux européennes (49,9 %). Quelles leçons en tirer ? Que ceux qui ont fait l’effort d’aller voter l’ont fait pour signifier leur défiance à un pays légal qui ne les représente plus.

Ceux qui fondaient quelque espoir sur ce scrutin pour construire une autre Europe auront été déçus. Seule une claque magistrale assénée à Macron aurait permis, du moins en France, d’ouvrir de nouveaux horizons français et européens. Le seul espoir appartient dans la prise de conscience du pays réel de sa force : désormais seule une minorité de Français apportent leurs voix aux représentants d’un pays légal dépourvu de toute légitimité.