CMRDS 2018

CMRDS 2018

Cette année le camp a fait le plein, avec près de 250 par­ti­ci­pants pré­sents entre le 19 et le 26 août, dans le cadre magni­fique du Châ­teau d’Ailly. Ce nombre de cam­peurs ne fait que confir­mer le retour de l’Action Fran­çaise en tant qu’école de pen­sée, force mili­tante et bien enten­du force poli­tique. Ce retour de l’AF dans le débat public s’est aus­si tra­duit par l’ouverture de nou­velles sec­tions en pro­vince mais aus­si par l’augmentation du nombre d’adhérents et de mili­tants.

Action et rai­son res­tent les bases de notre mou­ve­ment plus que cen­te­naire, et furent les maîtres mots de cette semaine de for­ma­tion et de cama­ra­de­rie. Une for­ma­tion qui est indis­pen­sable pour faire un bon mili­tant, car pour mar­cher droit, il faut tout d’abord pen­ser clair comme le disent les paroles de la Royale…

Cette for­ma­tion pas­sait par deux confé­rences le matin, des cercles de niveau, ain­si que des ate­liers per­met­tant de mettre ses talents au ser­vice du mou­ve­ment. Bien enten­du le phy­sique ne fut pas mis de côté avec deux heures de sport quo­ti­diennes.

Les confé­ren­ciers et leurs inter­ven­tions

Lun­di matin, les cam­peurs ont été sou­mis à un ques­tion­naire sur l’histoire du mou­ve­ment, ses fon­da­teurs, sa doc­trine… Puis le cycle de confé­rences se met en branle ; Charles Saint-Prot (direc­teur de l’Observatoire d’Études Géo­po­li­tiques) nous explique quelle est « la rai­son des nations » dans l’Union Euro­péenne, ain­si que dans notre monde glo­ba­li­sé, mais aus­si com­ment retrou­ver notre liber­té et com­ment ne pas tom­ber dans le piège des dif­fé­rents par­tis de l’étranger… Lui suc­cède Sté­phane Blan­chon­net (pré­sident du Comi­té direc­teur de l’AF) sur le thème « Maur­ras : polé­miques et actua­li­tés », sujet de cir­cons­tance au vu du cent-cin­quan­tième anni­ver­saire de la nais­sance du mar­té­gal, mais aus­si de la polé­mique autour du retrait de son nom du livre des com­mé­mo­ra­tions natio­nales. Son pro­pos s’est arti­cu­lé autour de trois points : la défense rai­son­née de Maur­ras, le fait qu’il soit une figure cen­trale du roya­lisme, ain­si que l’exigence d’éviter la muséo­gra­phie.

Le len­de­main, Fran­çois Bel-Ker, le secré­taire géné­ral, nous a par­lé de la stra­té­gie de l’Action Fran­çaise ain­si que des efforts à four­nir afin de pla­cer le sys­tème monar­chique comme une alter­na­tive cré­dible au sys­tème poli­tique actuel. Il a lais­sé la place à Pas­cal Cau­chy qui nous a pré­sen­té l’enjeu poli­tique repré­sen­té par l’Histoire et son ensei­gne­ment, ain­si que la révo­lu­tion sou­ter­raine enga­gée par cer­tain péda­gogues, mais sur­tout idéo­logues, sur la façon dont les élèves doivent – ou non – s’approprier l’histoire de France.

Mer­cre­di, Paul-Fran­çois Pao­li (chro­ni­queur au Figa­ro lit­té­raire et essayiste) est inter­ve­nu sur les cin­quante der­nières années de vie intel­lec­tuelle en France, sur la fécon­di­té appor­tée par cette période, mais aus­si sur son che­min intel­lec­tuel, par­tant du mar­xisme pour arri­ver aux milieux conser­va­teurs par la lec­ture d’Alain de Benoist. Il a insis­té sur le fait que la grande confron­ta­tion intel­lec­tuelle serait le trans­hu­ma­nisme. Puis Pierre de Meuse s’est expri­mé sur les droits de l’homme, la mytho­lo­gie de leur nais­sance, leur place dans l’arsenal juri­dique et la cri­tique que l’on peut en effec­tuer, cri­tique qui n’est pas seule­ment euro­péenne, mais belle et bien mon­diale.

Jeu­di, Pierre-Yves Rou­gey­ron (assis­tant par­le­men­taire et fon­da­teur du cercle Aris­tote) nous a énon­cé, dans une confé­rence qui répon­dait à celle de Charles Saint-Prot, les rai­sons pour les­quelles il faut être sou­ve­rai­niste en France, face à l’Union Euro­péenne et ses mythes fon­da­teurs (repré­sen­ta­ti­vi­té, droit-de‑l’hommisme à tous les étages…), mais aus­si les grands enjeux pour l’Europe et la France, l’avenir de la parole occi­den­tale envers les pays asia­tiques, afri­cains et amé­ri­cains. Ber­nard Lugan nous a ensuite racon­té son expé­rience de Mai 68 et la façon dont l’Action fran­çaise avait vécu ces jours, et aus­si l’influence qu’ils ont pu avoir sur les équipes mili­tantes.

Ven­dre­di matin ce fut au tour d’Antoine de Cré­miers de prendre la parole sur un sujet dont on ne soup­çonne pas tou­jours les contours et la fina­li­té : le trans­hu­ma­nisme. Le trans­hu­ma­nisme est la tran­si­tion de l’humanité vers quelque chose d’autre qui, on peut en être cer­tain, n’est pas l’humanité. Syl­vain Rous­sillon, ancien res­pon­sable du mou­ve­ment dans les années 1980 – 1990, inter­vint lui sur la notion de “bol­che­vi­sa­tion” d’un appa­reil poli­tique, c’est à dire sa pro­fes­sion­na­li­sa­tion qui passe néces­sai­re­ment par la sau­ve­garde de l’unité du groupe mili­tant (il faut mar­cher sur deux jambes : action et réflexion).

Les cercles et les ate­liers

L’après-midi les cercles de niveau étaient ani­més par des cadres, des mili­tants confir­més ou par cer­tains des confé­ren­ciers que nous avions enten­du le matin. Ils por­taient sur des sujets divers comme la doc­trine du mou­ve­ment et son his­toire, ou sur des sujets très actuels comme l’antispécisme (par Ben­ja­min Demes­lay), l’utilité des grandes écoles (par Pas­cal Cau­chy), ou alors des réflexions sur des auteurs et sujets phi­lo­so­phiques : Pierre Debray (par Gérard Leclerc), la notion d’Utopie (par Luc Com­pain).

Pour que notre com­bat ne soit pas vain, il doit être vu, enten­du, connu, intel­li­gible… C’est la rai­son d’être des ate­liers qui étaient éga­le­ment pro­po­sés aux par­ti­ci­pants pour aider le mou­ve­ment : jour­na­lisme, prise de parole en public, gra­phisme per­met­taient aux mili­tants de se for­mer.

Bien enten­du, parce qu’il man­que­rait quelque chose s’il n’y en avait pas, avaient lieu les repas chan­tés qui per­mettent à la cama­ra­de­rie de s’épanouir, aux liens de se faire, aux ami­tiés de se créer…

L’année mili­tante fut com­plexe, mais, à n’en pas dou­ter, celle qui vient sera grande ! Et si elle sera celle notre retour dans le débat natio­nal en tant que véri­table force poli­tique, elle mar­que­ra éga­le­ment par les élec­tions euro­péennes de mai 2019.

Ren­dez-vous est d’ores et déjà pris pour l’an pro­chain !

Guillaume de Sal­van­dy