L’in­dus­tria­li­sa­tion du bio : un piège mor­tel pour l’a­gri­cul­ture bio­lo­gique.
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L’in­dus­tria­li­sa­tion du bio : un piège mor­tel pour l’a­gri­cul­ture bio­lo­gique.

Le Salon de l’Agriculture bat son plein, avec son lot de pro­me­nades élec­to­rales et de cris d’enfants devant les ani­maux expo­sés, et il accueille­ra sans doute plus de 650.000 visi­teurs, heu­reux pour cer­tains de retrou­ver des odeurs d’avant, de celles du temps où cha­cun avait un parent pay­san, un temps de plus en plus loin­tain pour une nos­tal­gie de plus en plus ima­gi­naire… Pour­tant, la France pos­sède encore plus de 27 mil­lions d’hectares de Sur­face agri­cole utile (SAU), dont 2 mil­lions d’agriculture bio­lo­gique, ce qui n’est pas si mal mais encore insuf­fi­sant et bien moins qu’il y a un siècle quand l’agriculture n’était pas encore chi­mique et pétro­lière. Mais la conver­sion de nom­breux culti­va­teurs et éle­veurs au bio est frei­née par les retards de l’administration pour finan­cer les aides pro­mises, ce qui fra­gi­lise cer­tains de ces nou­veaux conver­tis et pro­voque la colère (émi­nem­ment légi­time) de nombre de ceux-ci. D’autre part, une autre menace pèse sur les pro­duc­teurs en agri­cul­ture bio­lo­gique, c’est l’industrialisation qui risque bien de chan­ger la nature même de cette forme d’agriculture répu­tée (et espé­rée) plus res­pec­tueuse de la nature comme des pro­duc­tions elles-mêmes.

Les grandes mul­ti­na­tio­nales et les adeptes du capi­ta­lisme libé­ral, sou­vent fana­tiques du Tout-Mar­ché, ont sai­si tout l’intérêt, pour leurs reve­nus de demain, du bio, et l’offensive pour impo­ser leur modèle et mettre la main sur cette agri­cul­ture est lar­ge­ment com­men­cée, au grand dam de ceux qui, comme les éco­lo­gistes inté­graux (1), pré­co­nisent une agri­cul­ture à taille humaine, vivante et « natu­relle », une agri­cul­ture qui suit le rythme des sai­sons et laisse du temps au temps, une agri­cul­ture fon­dée sur le local et les cir­cuits courts.

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