Une « culture du viol » chez les chiens ? La gauche iden­ti­taire au piège de ses propres obsessions

Une « culture du viol » chez les chiens ? La gauche iden­ti­taire au piège de ses propres obsessions

Helen Plu­ckrose, James Lind­say et Peter Poghos­sian ont fait publier sept articles fan­tasques dans des revues scien­ti­fiques amé­ri­caines, avant de révé­ler publi­que­ment leur canu­lar. Rob­fo­to sous licence CC – Pixabay

Des voix de plus en plus nom­breuses à gauche vou­draient faire de la défense des mino­ri­tés oppri­mées le nou­vel hori­zon indé­pas­sable de notre temps. Dans le cadre d’un tel pro­jet d’hé­gé­mo­nie cultu­relle, il n’est pas com­pli­qué de voir en quoi la gauche iden­ti­taire a besoin de l’u­ni­ver­si­té pour sur­vivre et se déve­lop­per. À une époque où l’ac­cès aux classes supé­rieures est de plus en plus étroi­te­ment condi­tion­né par l’ob­ten­tion d’un diplôme uni­ver­si­taire, l’in­fluence de cette ins­ti­tu­tion sur les esprits qui nous gou­vernent n’a cer­tai­ne­ment jamais été aus­si grande. Et, si cela ne suf­fi­sait pas, la durée des études supé­rieures aug­mente elle aus­si, et avec elle notre expo­si­tion aux dis­cours et aux modes qui pré­valent dans ce milieu. Or, nous n’a­vons presque que des rai­sons de nous en inquié­ter. L’i­dée édi­fiante selon laquelle l’u­ni­ver­si­té serait un lieu, et même le lieu par excel­lence, d’ap­pren­tis­sage de l’es­prit cri­tique souffre en effet de bien des démen­tis à l’ère de l’é­du­ca­tion de masse et des clas­se­ments inter­na­tio­naux. Et c’est la rigueur même des savoirs qu’elle trans­met qui est aujourd’­hui remise en cause par des expé­riences telles que celle effec­tuée par Helen Plu­ckrose, James Lind­say et Peter Poghossian.

Une mise en cause de la rigueur uni­ver­si­taire des études victimaires 

Lind­say et Boghos­sian s’é­taient déjà ren­dus célèbres il y a un an en fai­sant publier un pre­mier canu­lar : Le pénis concep­tuel comme une construc­tion sociale dans la revue Cogent Social Science. Un cer­tain nombre de cri­tiques avaient alors consi­dé­ré que la por­tée de la démons­tra­tion demeu­rait limi­tée du fait que la revue n’é­tait pas de pre­mier ordre et qu’il était dif­fi­cile de diag­nos­ti­quer l’é­tat de tout un champ de recherche sur la base d’une seule bévue édi­to­riale. C’est donc avec l’aide d’He­len Plu­ckrose qu’ils ont cette fois-ci sou­mis 20 articles à l’ap­pro­ba­tion d’une plu­ra­li­té de revues recon­nues. Comme on le sait, 7 de ces articles furent accep­tés, et 7 autres avaient une pos­si­bi­li­té de l’être éga­le­ment au moment où les trois uni­ver­si­taires ont été obli­gés d’in­ter­rompre leur expé­rience du fait de l’emballement média­tique engen­dré par l’une de leurs publications.

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