Pro­mis, juré. Edi­to­rial du n° 17 de Conflits
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Pro­mis, juré. Edi­to­rial du n° 17 de Conflits

C’est pro­mis, juré. Nous ne nous y atten­dions pas du tout. Mais reve­nons au départ.

Nous avons éta­bli un clas­se­ment de la puis­sance glo­bale. Le mérite en revient à toute la rédac­tion de Conflits et tout par­ti­cu­liè­re­ment à Jean-Marc Holz. Son tra­vail méti­cu­leux et ingé­nieux per­met de mesu­rer la puis­sance dans tous ses aspects, géo­gra­phique, démo­gra­phique, éco­no­mique, tech­nique, mili­taire, poli­tique, social… Ce qui jus­ti­fie la for­mule « puis­sance globale ».

Ne soyons pas modestes. Nous avons bâti cet indice en nous démar­quant d’autres clas­se­ments qui nous ont sem­blé insuf­fi­sants. Cer­tains se contentent de com­pa­rer les PIB, ce qui ne per­met d’appréhender que l’économie, et encore. Le Com­po­site Index of Natio­nal Capa­bi­li­ty construit en 1963 part de six don­nées, dont la pro­duc­tion d’acier, un pro­duit qui était l’un des fon­de­ments de la puis­sance au XIXe siècle et qui ne l’est plus aujourd’hui. Le moins que l’on puisse dire est que le CINC date ! Le Power Index du Glo­bal Fire Power prend essen­tiel­le­ment en compte la dimen­sion mili­taire (de façon pré­cise et réa­liste) à laquelle il ajoute quelques élé­ments (ter­ri­toire, res­sources, main‑d’œuvre) ; il n’en sous-estime pas moins les dimen­sions éco­no­miques, tech­niques et sociales. Il n’est pas éton­nant qu’il place en tête les États-Unis devant la Rus­sie, la Chine et l’Inde : les fai­blesses éco­no­miques de la Rus­sie ou de l’Inde ne sont pas prises en compte. Ori­gi­naire de Chine, le Com­pre­hen­sive Natio­nal Power Index déve­lop­pé par plu­sieurs ins­ti­tuts de ce pays paraît le plus com­plet. Il inclut dif­fé­rents types de res­sources (humaines, géo­gra­phiques, éco­no­miques, tech­no­lo­giques, mili­taires, inter­na­tio­nales) ; l’index de l’Académie des Sciences Sociales chi­noise intègre même la sta­bi­li­té poli­tique. Mais il sous-estime le soft power et pri­vi­lé­gie l’économie. Après les États-Unis et la Chine en rat­tra­page rapide, il place donc le Japon mal­gré ses manques mili­taires, la Rus­sie arri­vant cinquième.

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